Nous assistons à un véritable séisme dans l’audiovisuel public avec la révélation du salaire de Léa Salamé pour la présentation du journal de 20 heures de France 2. Cette transparence inédite soulève des questions importantes sur les rémunérations dans le service public et l’évolution de la carrière de la journaliste. Passons en revue ensemble les détails de cette rémunération exceptionnelle et son contexte.
Les révélations sur la rémunération de Léa Salamé au JT de France 2
Léa Salamé percevra 25 000 euros bruts mensuels pour présenter le journal télévisé de 20 heures sur France 2, une information qu’elle a elle-même dévoilée dans Libération. Cette transparence brise l’omerta habituelle qui entoure les salaires dans l’audiovisuel public français.
Cette rémunération s’accompagne d’une condition sine qua non : la conservation de son émission « Quelle époque ! » diffusée le samedi soir sur France 2. Pour cette émission, elle perçoit des revenus qualifiés de « très conséquents » sans que le montant exact soit précisé. La journaliste a également refusé une offre de BFMTV proposant 50 000 euros mensuels pour animer un talk-show en soirée, privilégiant ainsi sa mission de service public.
| Poste | Chaîne | Salaire mensuel (en euros bruts) |
|---|---|---|
| Léa Salamé – JT 20h | France 2 | 25 000 |
| Anne-Sophie Lapix (ex-JT 20h) | France 2 | 30 000 |
| Anne-Claire Coudray – JT | TF1 | 30 000 – 50 000 |
| Gilles Bouleau – JT 20h | TF1 | 15 000 |
L’évolution salariale de la journaliste à travers les époques
Le parcours professionnel de Léa Salamé révèle une progression significative de ses rémunérations. En 2015, elle percevait 1 500 euros par émission dans « On n’est pas couché », soit environ 6 000 euros mensuels. Elle avait alors demandé une augmentation après avoir découvert des inégalités salariales dont elle était victime.
Débutant sa carrière en 2006 sur des chaînes d’information comme France 24 et I-Télé, la journaliste s’est progressivement imposée comme une figure incontournable. Son passage par différentes émissions lui a permis d’acquérir une notoriété grandissante :
- Chroniqueuse dans « On n’est pas couché » (2014)
- Co-présentatrice de « L’émission politique » avec David Pujadas puis Thomas Sotto
- Animatrice de « Vous avez la parole » et « On est en direct » avec Laurent Ruquier
- Présentatrice de « Quelle époque ! » sur France 2
Son salaire exact sur France Inter n’a jamais été dévoilé, mais cette progression témoigne d’une ascension constante dans l’univers médiatique. Contrairement à certains de ses confrères qui privilégient parfois les opportunités lucratives du privé, elle fait le choix assumé de rester dans l’audiovisuel public, même si cela implique des rémunérations inférieures aux offres concurrentes.
Le service public face aux défis du marché concurrentiel
Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, assume cette rémunération comme le prix à payer pour maintenir un journal télévisé de qualité face à la concurrence de TF1. Cette stratégie s’inscrit dans un contexte où l’audience du 20 heures de France 2 était en déclin sous la précédente présentation d’Anne-Sophie Lapix.
Cette situation révèle les contradictions du service public audiovisuel français. Tandis qu’un journaliste débutant commence à 2 100 euros bruts mensuels et que le salaire moyen plafonne à 2 769 euros chez France Télévisions, certaines figures comme Nathalie Saint-Cricq ne dépassent guère 6 000 euros nets. Cette disparité crée un écart considérable avec la rémunération de Salamé.
Les réactions politiques ne se sont pas fait attendre. Le député RN Julien Odoul a dénoncé cette rémunération comme une « spoliation » du contribuable, relançant l’idée d’une privatisation. La CGT a également critiqué le traitement de l’information par la journaliste. Malgré ces polémiques, Léa Salamé explique son choix par sa volonté de défendre l’audiovisuel public « au moment où il est attaqué », le considérant comme « un trésor national ». Cette déclaration illustre bien les enjeux actuels du service public face aux pressions économiques et aux contraintes du travail de nuit inhérentes à la présentation d’un journal télévisé.