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La vente d’animaux sur Le Bon Coin est un sujet encadré par des réglementations strictes qui ont considérablement évolué ces dernières années. Nous vous proposons un tour d’horizon complet des règles en vigueur et des pratiques à connaître avant de vous lancer dans l’achat ou la vente d’un animal sur cette plateforme populaire.

Réglementation et interdictions sur Le Bon Coin

Depuis septembre 2023, la vente d’animaux sauvages et de nouveaux animaux de compagnie est totalement interdite sur Le Bon Coin. Cette mesure concerne notamment les furets, lézards, hamsters, serpents, perroquets, lapins et même les poissons rouges. Pour les particuliers, la vente de chiens et de chats est également proscrite sur la plateforme. Seuls les dons, échanges et propositions de saillies gratuites restent autorisés.

Qui peut donc vendre des animaux sur Le Bon Coin? Uniquement les professionnels disposant des autorisations nécessaires : éleveurs déclarés, refuges et animaleries. Ces restrictions s’inscrivent dans une tendance plus large de protection animale, comme en témoigne l’interdiction depuis janvier 2024 de la vente de chiens et chats dans les animaleries.

Pour un particulier, la législation est très encadrée : vous ne pouvez vendre un animal que de manière occasionnelle, uniquement s’il s’agit d’un animal adulte vous appartenant déjà, et jamais en ligne. Cette limitation vise à lutter contre les trafics et à garantir le bien-être animal.

Voici les restrictions principales concernant la vente d’animaux :

  • Interdiction totale pour les NAC et animaux sauvages
  • Vente de chiens et chats réservée aux professionnels
  • Obligation de transparence sur l’origine de l’animal
  • Contrôle de l’identification des animaux proposés
  • Respect des conditions d’âge minimum pour la cession

Fraudes et faux dons sur la plateforme

Malgré ces interdictions, nous constatons une multiplication des contournements de la loi sur Le Bon Coin. De nombreux particuliers publient des annonces de « dons gratuits » qui dissimulent en réalité des ventes déguisées. Une fois le contact établi, ces vendeurs dévoilent leurs véritables intentions en demandant une compensation financière.

Selon le Syndicat national des professions du chien et du chat, plus de la moitié des annonces concernant la cession d’animaux sur Le Bon Coin ne respectent pas la législation. Les infractions sont variées : 16% sont des ventes masquées en dons, 28% ne comportent pas les mentions légalement obligatoires, et 27% utilisent de faux numéros SIRET pour se faire passer pour des professionnels.

Certaines races font l’objet d’un trafic particulièrement intense. Les chats persans et les border collies sont respectivement concernés par 97% et 93% d’annonces frauduleuses. Cette situation met en danger à la fois les animaux et les acheteurs potentiels.

Type de fraude Pourcentage d’annonces concernées
Ventes déguisées en dons 16%
Absence de mentions obligatoires 28%
Utilisation de faux numéros SIRET 27%

Obligations légales et responsabilités des vendeurs

Si vous êtes éleveur professionnel et souhaitez vendre légalement des animaux sur Le Bon Coin, vous devez respecter plusieurs obligations administratives et sanitaires. Tout d’abord, l’inscription à la chambre d’agriculture avec l’obtention d’un numéro SIREN est indispensable. Vous devez également être déclaré auprès de la DDPP (Direction Départementale de la Protection des Populations).

La formation est obligatoire : l’obtention de l’ACACED (Attestation de Connaissances pour les Animaux de Compagnie d’Espèces Domestiques) est un prérequis incontournable. Sur le plan fiscal, vous devez déclarer vos ventes et vous acquitter de la TVA à 20% ainsi que de l’impôt sur le revenu. Vos installations doivent respecter les normes sanitaires en vigueur.

Pour qu’une annonce soit conforme, elle doit obligatoirement mentionner :

  1. Le nom de l’espèce et de la race
  2. Le sexe de l’animal
  3. Son lieu de naissance et son âge
  4. Son numéro d’identification
  5. L’inscription ou non au LOF (Livre des Origines Français)
  6. Le prix de vente
  7. Le numéro SIREN de l’éleveur

Lors de la cession effective, l’animal doit être identifié par puce électronique ou tatouage et enregistré à l’ICAD (Identification des Carnivores Domestiques). Un certificat vétérinaire de moins de trois mois attestant de la bonne santé de l’animal doit être fourni. L’acquéreur doit signer un certificat d’engagement au moins sept jours avant la transaction.

Vers une interdiction totale de la vente en ligne?

Face aux nombreuses fraudes, des associations de protection animale militent pour une extension de l’interdiction à tous les animaux. La loi du 30 novembre 2021 impose déjà aux plateformes comme Le Bon Coin de vérifier la validité de l’enregistrement des animaux et de mettre en place un système de contrôle préalable.

La plateforme prévoit de déployer en 2024 une API permettant d’identifier les animaux via l’accès aux numéros d’identification ICAD. Cette initiative vise à limiter les fraudes, mais des associations comme la Fondation 30 millions d’amis estiment que ces mesures restent insuffisantes.

Ces réglementations poursuivent plusieurs objectifs : lutter contre la maltraitance, réduire les achats impulsifs souvent suivis d’abandons, limiter les trafics, améliorer la traçabilité et protéger à la fois les animaux et les acheteurs. Les sanctions prévues sont dissuasives : jusqu’à 30 000€ d’amende pour un éleveur non déclaré et 750€ pour un animal non identifié.

Pierre