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Le Parlement européen dispose d’un statut particulier au sein des institutions de l’Union européenne. Contrairement aux autres organes qui fonctionnent principalement depuis une ville unique, cette institution parlementaire européenne partage ses activités entre trois villes distinctes. Strasbourg accueille les sessions plénières mensuelles, Bruxelles héberge les travaux des commissions et des groupes politiques, tandis que Luxembourg abrite le Secrétariat général. Cette organisation tripartite, inscrite dans les traités européens depuis 1997, trouve ses racines dans l’histoire de la construction européenne et continue d’alimenter un débat récurrent sur son efficacité et sa pertinence.

Strasbourg, capitale parlementaire de l’Europe

Nous constatons que le siège officiel du Parlement européen se trouve à Strasbourg, où se déroulent les douze sessions plénières annuelles. Cette décision, prise lors du Conseil européen d’Édimbourg le 12 décembre 1992, puis inscrite dans un protocole annexé au traité d’Amsterdam en 1997, confère à la ville alsacienne un rôle central dans le fonctionnement démocratique de l’Union.

Le choix de Strasbourg revêt une dimension hautement symbolique. En 1958, l’Assemblée parlementaire européenne y tint sa première session, témoignant de la réconciliation franco-allemande au lendemain des deux guerres mondiales. Pierre Pflimlin, alors ministre des Finances et maire de Strasbourg, avait œuvré pour cette répartition géographique des institutions européennes. Depuis 1999, les députés siègent dans le bâtiment Louise-Weiss, structure contemporaine inaugurée sur les bords du Rhin.

Les avantages de cette localisation strasbourgeoise s’articulent autour de plusieurs axes :

  • La dimension symbolique de réconciliation entre nations européennes
  • L’évitement d’une concentration excessive dans la capitale belge
  • La préservation d’une diversité géographique au sein des institutions
  • Le maintien d’un lien fort avec les citoyens européens

L’État français s’est fortement engagé pour conforter cette vocation européenne. Un protocole d’accord garantit le financement des infrastructures, avec une participation de 66% de l’État, accompagnée d’investissements substantiels dans les liaisons TGV et les infrastructures routières.

Les déplacements mensuels entre Strasbourg et Bruxelles

Nous observons que les activités du Parlement européen se répartissent géographiquement selon une organisation précise. Les 705 eurodéputés actuels, qui seront 720 après les élections de juin 2024, effectuent régulièrement des trajets entre ces deux villes pour accomplir leurs missions parlementaires.

Ville Activités principales Fréquence
Strasbourg Sessions plénières mensuelles 12 fois par an
Bruxelles Commissions, groupes politiques, mini-plénières Hebdomadaire
Luxembourg Secrétariat général et services administratifs Permanent

Cette organisation suscite des critiques récurrentes. Les adversaires de cette répartition invoquent notamment les coûts de fonctionnement élevés, estimés à 113,8 millions d’euros annuels selon un rapport de la Cour des comptes européennes de 2014. Ils mettent également en avant l’empreinte carbone générée par ces déménagements mensuels et les difficultés d’accessibilité de Strasbourg.

La crise du Covid-19 a particulièrement mis en lumière cette problématique. Entre février 2020 et juin 2021, soit durant 480 jours, aucune session plénière ne s’est tenue à Strasbourg. Cette situation inédite a relancé les discussions sur un siège unique à Bruxelles, une option favorisée par une majorité d’eurodéputés. Toutefois, tout changement nécessiterait l’unanimité des 27 États membres, ce à quoi la France s’oppose fermement pour préserver ce symbole de la construction européenne et l’impact économique considérable pour l’agglomération strasbourgeoise.

Pierre