Revue de presse quotidienne 27 janvier 2012
Parlement européen
Mission d'observation électorale au Sénégal
L'UE a envoyé 90 observateurs au Sénégal pour surveiller l'élection présidentielle de février, dans un climat pour l'heure assez tendu, qui suscite des craintes de violences. La mission d'observation électorale est arrivée à Dakar hier, à un mois de l'élection présidentielle. Le Conseil constitutionnel doit se prononcer sur la possibilité pour Abdoulaye Wade de se représenter à la présidentielle. Interrogé par France Info, le chef de la mission Thijs Bergman affirme que cette mission est "totalement indépendante et impartiale". "Nous allons analyser l'ensemble du processus électoral et vérifier si la loi est respectée, si les candidats ont suffisamment accès aux médias, si les droits des citoyens sont respectés et si le Sénégal répond à ses observations et engagements vis-à-vis des chartes de l'ONU et de l'Union africaine qu'elle a signées", explique M. Bergman. Il ajoute qu'il a eu un premier contact positif avec les autorités sénégalaises.
Union européenne
Prochain sommet
Les journaux français publient plusieurs articles sur le prochain sommet de l'UE, indiquant que deux traités doivent être signés sur le pacte budgétaire et la création du MSE. Un sujet de débat concerne la place des pays qui ne font pas encore partie de l'eurozone dans les sommets, indique Les Echos. La Pologne a menacé, jeudi, de ne pas signe le pacte budgétaire si cette place n'était pas assurée. La Croix revient sur le fait que seuls 26 pays sur les 27 signent ce traité, posant un problème pour les institutions comme la Commission. L'Humanité commente l'insuffisance des fonds accordés au MSE. Il publie également un papier sur la grève générale prévue le jour du sommet afin de le paralyser, afin de contester les mesures d'austérité.
Présidence danoise: réchauffement climatique
La commissaire au climat, Connie Hedegaard, misait sur la présidence danoise de l'UE au 1er semestre 2012 pour accentuer l'effort européen dans la lutte contre le changement climatique. L'ancienne ministre danoise du climat estime que le passage d'un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 20% actuellement à 30% d'ici à 2020 coûte désormais « beaucoup moins cher » qu'initialement prévu. Outre Copenhague, seuls le Royaume-Uni et la Suède se sont déclarés en faveur de cet objectif plus ambitieux. Mais le ministre danois du climat et de l'énergie, Martin Lidegaard, prévient que si le Danemark « ne reçoit pas plus de soutien » pour atteindre l'objectif de 30%, « la présidence danoise n'essaiera pas de mettre cette question à l'ordre du jour ». Le Monde ajoute que Chypre, qui succèdera au Danemark au 2nd semestre, ne semble guère encline à s'activer sur ce dossier. (La Tribune)
Espace Schengen Les espoirs de la Roumanie et de la Bulgarie de rejoindre rapidement l'espace Schengen de libre circulation risquent d'être une nouvelle fois douchés par la publication début février d'un rapport défavorable à leur adhésion, selon des sources diplomatiques à Copenhague. Bucarest et Sofia se heurtent à l'opposition des Pays-Bas qui réclament des progrès effectifs dans la lutte contre la corruption et la démonstration par ces deux pays d'assurer le contrôle de leurs frontières avec des pays tiers. La Commission européenne doit publier début février un rapport sur les progrès réalisés par les deux candidats, et selon les premières informations il serait défavorable à la Bulgarie. (lefigaro.fr)
M.Barnier
Interviewé par BFM Business, le commissaire au marché intérieur Michel Barnier affirme que la négociation sur la dette grecque est "très difficile", mais il est confiant. "C'est une situation exceptionnelle qui demande des mesures exceptionnelles" explique-t-il. A propos des banques, M. Barnier affirme vouloir créer "un modèle bancaire européen", sans pour autant casser le modèle de banque universelle. En termes de régulation, "nous n'aurons pas la mémoire courte", annonce-t-il, rappelant que "cette crise est venue du secteur bancaire, à cause d'un manque de supervision et d'un problème de liquidité". M. Barnier dément avoir reçu une demande franco-allemande pour un délai d'application des normes de Bâle III. Concernant les agences de notation, la priorité est à la régulation plutôt qu'à la création d'une agence européenne, même si "la porte n'est pas fermée" sur la seconde idée, selon lui. Il aborde aussi la question de la réduction des bonus des banquiers.
Agence de notation européenne
Le serpent de mer d'une agence de notation européenne refait surface avec la proposition de François Hollande, dévoilée dimanche au Bourget, et reprise dans les "60 engagements" du candidat présentés ce jeudi. Elle intervient à un moment de débat intense au Parlement européen qui doit définir sa position sur le sujet dans les semaines à venir, et pourrait bien obliger la Commission, qui ne veut plus en entendre parler, à ré-examiner le projet d'une agence européenne indépendante. Cette idée avait déjà été défendue en 2010 par Juncker, Merkel et Barnier. Mais le lobbying agressif des trois agences de notation (Moody's, S&P, Fitch) a décrédibilisé l'idée d'une agence européenne qui fait donc de moins en moins l'unanimité à Bruxelles. Pour Médiapart, "François Hollande semble avoir un train européen de retard". (Médiapart.fr)
Droit à l'oubli sur Internet
LCI revient sur la réforme "ambitieuse" de Bruxelles sur le "droit à l'oubli" sur internet, présentée mercredi. LCI explique que la réforme - qui comprend des mesures sans précédent dans le monde - est même considérée comme "trop ambitieuse" par certains. Interrogée par quelques journalistes français, la vice-présidente de l'UE Viviane Reding détaille certaines propositions. "Tout part du principe selon lequel les données personnelles appartiennent à la personne" explique-t-elle. elle donne l'exemple d'un étudiant autrichien qui voulait effacer ses données sur Facebook mais ne pouvait pas. Bruxelles va devoir maintenant convaincre certains gouvernements qui estiment que l'exécutif européen va décidément trop loin. Dans une interview au monde.fr, la présidente de la CNIL Isabelle Falque-Pierrotin affirme que la réforme de Bruxelles est indéniablement une avancée, mais elle critique le principe dit de "l'établissement principal".
Aide aux PME-PMI
Dans une interview donnée à La Tribune, le Commissaire européen à la politique régionale, Johannes Hahn déclare que "les fonds européens peuvent d'une manière générale, inciter à des politiques vertueuses. Le soutien aux PME-PMI est ainsi essentiel". Selon lui, il suffirait que chaque PME-PMI recrute un chômeur et le problème du chômage serait résolu. Pour Hahn, "la crise économique de l'Espagne n'a toutefois rien à voir avec les fonds structurels européens". S'il admet que l'Italie connaît des difficultés pour utiliser les fonds régionaux européens dans le sud du pays, il souligne que "Mario Monti, avait lui-même proposé dans son rapport à Michel Barnier, d'utiliser les fonds régionaux pour justement relancer le marché unique européen". Enfin, si en France beaucoup craignent que les propositions pour la politique de cohésion de 2014 à 2020 se fassent aux dépens des dépenses pour la Politique Agricole Commune (PAC), Hahn se montre catégorique : "opposer la politique régionale à celle de la PAC ne mène à rien."
Poules pondeuses
La Commission européenne a donné deux mois à 13 États, dont la France (une centaine d'élevages concernés), pour agrandir les cages des poules élevées en batterie, sous peine de poursuites. (Europe 1)
International RELEX
Dialogue palestino-israélien
Catherine Ashton a rencontré hier à Amman le président palestinien Mahmoud Abbas. "Je ne crois pas qu'il y ait une impasse (dans les pourparlers palestino-israéliens). Je sais que le président Mahmoud Abbas réfléchit soigneusement aux moyens d'avancer et, pour lui la réunion au Caire du comité arabe de suivi est très importante", a dit La chef de la diplomatie de l'Union européenne à la presse. Mahmoud Abbas "espère qu'Israël admette que les gestes peuvent faire une différence", a ajouté Ashton. "Après ma rencontre avec lui et mes rencontres avec les Israéliens, je garde l'espoir qu'avec de la bonne volonté ils poursuivront les pourparlers", a-t-elle ajouté. Mercredi, Catherine Ashton a jugé que ces "rencontres exploratoires" offraient des "opportunités importantes" pour revenir aux négociations de paix, avant d'être reçue mercredi soir à Jérusalem par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. (Le Monde)
Syrie
Le Monde revient sur l'offensive syrienne lancée contre la ville de Hama, mardi. L'offensive intervient à la suite des sanctions européennes décidées lundi. Pendant ce temps, l'ONU devrait se décider sur le dernier projet de résolution visant à une transition en Syrie, ce lundi ou mardi. Le chef de la diplomatie russe Serguei Lavrov a déclaré que la Russie était ouverte à toute proposition constructive. La Russie et la Chine ont imposé leur veto à un précédent projet de résolution en octobre 2011, mais la Russie a changé sa position depuis.
Iran
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad s'est déclaré prêt à négocier avec les grandes puissances. Pendant ce temps, le commissaire européen Günther Oettinger a admis, jeudi, que l'embargo puisse mener à un puisement dans les réserves stratégiques. Dans une tribune parue dans Le Figaro, Pierre Rousselin évoque l'année décisive qui se profile pour l'Iran, puisque l'intervention militaire d'Israël n'est qu'une question de temps.
Nouvelles nationales liées à l'Union - France
F.Hollande/BCE
La chancelière allemande Angela Merkel a insisté pendant des mois sur le fait que la BCE ne pouvait pas résoudre la crise de la zone euro de la dette. Toutefois, cette idée arrive toujours en tête de la liste des "60 engagements pour la France" du candidat socialiste François Hollande. Ce dernier souhaite transformer le statut de la BCE pour lui permettre d'acheter d'énormes quantités de dette publique pour mettre fin à la crise. (Libération)
Aides au cinéma
Une plainte a été déposée à Bruxelles. Les taxes versées par les opérateurs télécoms pour financer le Centre national du cinéma (CNC) sont visées. Avant d'être instaurées, toutes ces taxes doivent être notifiées pour approbation à Bruxelles, qui a toujours donné son feu vert. Or, selon les plaignants, une fois ces feux verts obtenus, certaines taxes ont été profondément modifiées sans que Paris demande la permission à la Commission européenne. Les plaintes jugent qu'un nouveau feu vert aurait dû être demandé, et que ces taxes sont désormais sans base légale. D'un côté, une plainte a été déposée devant la Commission européenne. De l'autre, M6 et Bouygues Telecom ont écrit au CNC pour engager des recours gracieux, première étape avant des recours contentieux devant les tribunaux administratifs.
Nouvelles nationales liées à l'Union - Autres Etats membres
Cameron à Davos
Dans son discours à Davos hier, David Cameron a critiqué la zone euro. "Un certain nombre de caractéristiques sont nécessaires, a-t-il averti. Or la zone euro n'en possède pas une seule". Selon lui, il manque à la zone euro une banque centrale qui "se tienne solidement derrière le système financier et monétaire", "la flexibilité nécessaire pour aborder les chocs économiques", et "un système de transferts budgétaires pour faire face aux tensions et aux déséquilibres entre les différents pays composant l'Union". "David Cameron s'est lancé hier dans une attaque au vitriol contre l'euro" écrit Le Figaro. "David Cameron a fait entendre sa voix haut et fort et s'est permis de donner une implacable leçon aux Européens" commente Les Echos. Le premier ministre britannique a expliqué que la crise européenne n'est pas seulement un problème de dette, mais également de déficit extérieur. Il a aussi appelé les leaders européens à plus d'audace ("c'est un temps pour l'audace, pas la prudence"). Il a présenté ses solutions pour la zone euro à court et long terme. "Côté européen, on ne voit pas bien qui pourra lui répondre" conclu Les Echos. Cependant, Le Figaro rapporte que Bruxelles à répliquer à M. Cameron sur sa seconde attaque, celle concernant la taxe sur les transactions financières, qualifié de "folie". La Commission a déclaré que l'étude mentionnée par David Cameron avait été "complètement sortie de son contexte", le Premier ministre britannique affirmant que la taxe Tobin va entraîner la perte de 500 000 emplois en Europe et une réduction de 200 milliards d'euros de son PIB.
Grèce
La BCE subit une pression grandissante afin d'effacer la part de la dette grecque qu'elle détient, tandis que les négociations ont repris jeudi autour de la décote. La présidente du FMI Christine Lagarde a évoqué la nécessité pour les créditeurs publics d'intervenir si la décote s'avère insuffisante. Le FMI a toutefois nié faire pression sur la BCE pour effacer la dette grecque. Le vice président de la Commission Olli Rehn a également évoqué le fait que le partage de la dette dépend des décisions prises par les institutions européennes, dans ce qui est interprété comme une allusion au rôle de la BCE, au cours d'une interview donnée à Reuters. Mr Rehn a également indiqué que plus de fonds publics seront nécessaires pour pallier aux insuffisances du second plan d'aide. Dans une interview accordée au Figaro Economie, le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker explique qu'il ne serait pas sage pour lui de demander à la BCE de changer sa politique, mais admet que la BCE est l'un des principaux créditeurs. Juncker ajoute que l'on ne peut pas demander à l'Allemagne de tout faire dans cette crise. Pendant ce temps, les négociateurs disent avoir fait des progrès depuis la reprise des pourparlers, jeudi. Mais Le Monde et La Tribune demeurent pessimistes quant à la situation dans le pays, qui serait proche de la faillite.
Portugal
Aux prises avec la pire récession économique depuis l'avènement de la démocratie en 1974, le Portugal apparaît de plus en plus comme le prochain maillon faible de la crise de la dette européenne. Sous l'effet des mesures d'austérité appliquées pour réduire les dépenses, le pays, à l'instar de la Grèce, pourrait être pris dans le cercle vicieux d'une austérité alimentant une récession qui appelle en retour à de nouvelles mesures pour atteindre les objectifs fixés par Bruxelles. Le Portugal bénéficie d'une aide conjointe de l'Europe et du FMI d'un montant de 78 milliards d'euros. Le gouvernement a obtenu cette semaine un satisfecit des experts de la "Troïka", lui ouvrant droit au versement d'une tranche de l'aide. (La Tribune)
Suède
Sacré meilleur argentier européen en 2011 par le Financial Times, Anders Borg, le ministre suédois des Finances, livre aux Echos la recette du succès de son pays contre la crise. Selon lui, "c'est beaucoup plus facile de combattre la crise avec une société unifiée que si elle est divisée. Les réformes doivent être faites au moyen d'un contrat social inclusif". Concernant l'avenir de l'euro, Borg se montre optimiste : "L'euro est un bon projet et la Suède pourrait éventuellement le rejoindre. Mais la crise a déprécié la monnaie unique aux yeux des Suédois." Le ministre suédois juge la convergence budgétaire comme nécessaire à l'Europe et réaffirme le soutien de son pays au traité de stabilité financière de l'Union. Enfin, à la question d'une taxe Tobin, Borg met en avant le précédent suédois des années 80 : "quand nous avions introduit ce type d'impôt, de 90% à 95% des échanges d'obligations et de 60 à 65% des transactions sur les actions ont migré à Londres", c'est pourquoi une taxation trop élevée endommagerait la compétitivité de l'UE selon lui.
Poids de l'Allemagne
Trois médias français affirment que le duo "Merkozy" a disparu et qu'Angela Merkel a pris le dessus sur son partenaire français. Elle apparaît désormais seule aux commandes de l'Europe. La perte du triple A français a poussé Nicolas Sarkozy à se retirer quelque peu de la scène européenne (lepoint.fr). Pendant ce temps, Angela Merkel reçoit les dirigeants européens un à un à Berlin, qui est devenu "the place to be" pour résoudre la crise de la zone euro (ARTE). Les derniers sommets européens ont montré que les autres États membres n'ont pas les moyens de s'opposer à l'Allemagne, poursuit ARTE. Sur LCI, Hughes Beaudoin explique que l'équilibre France-Allemagne a volé en éclat. il ajoute que le premier ministre italien a déclaré que l'Allemagne avait gagné le débat sur la politique économique en Europe. Cependant, les Allemands ne veulent pas apparaître comme les dirigeants uniques de l'Europe.
contact : dominique.robert@europarl.europa.eu (+33) 01 40 63 40 07

















