Revue de presse quotidienne 20 janvier 2012
Parlement européen
Martin Schulz
Sur LCI, Hughes Beaudoin dresse le portrait du nouveau président du Parlement européen Martin Shulz, un personnage « haut en couleur », qui ne laisse personne indifférent, et un « provocateur hors pair » qui va animer les sommets européens « souvent moroses ». M. Schulz n'aura quasiment aucun pouvoir durant son mandat, si ce n'est de pouvoir interpeler les dirigeants européens, fort de sa légitimité de représentant des peuples. Il dénonce régulièrement le directoire franco-allemand et les « diktats » des technocrates. Par ailleurs, M. Beaudoin souligne que la venue du premier ministre hongrois Viktor Orbàn au Parlement européen pour s'expliquer durant 4h sur sa politique intérieure - une première - montre que le Parlement est peut-être en train d'acquérir une plus grande influence. C'est un progrès pour l'Europe politique.
V.Orban
L'audition de Viktor Orban mercredi devant le Parlement européen a divisé la droite et la gauche. Le premier ministre hongrois, qui s'est « gardé de toute provocation tout en cultivant la fibre nationaliste », a reçu le soutien du Parti populaire européen et de l'extrême droite, mais s'est attiré les critiques de la gauche. (Le Monde, La Croix, lemonde.fr)
Union européenne
Agences de notation
La presse française continue à publier des commentaires sur les agences de notation suite à dégradation de la note française par S&P, la semaine dernière. Le Figaro Economie indique qu'une enquête a été lancée par les autorités italiennes contre S&P, ce jeudi, suite au dépôt de plusieurs plaintes. Pendant ce temps, le cabinet de consultant Roland Berger poursuit son travail sur la création d'une agence de notation indépendante et a déjà obtenu le soutien d'une quinzaine d'institutions européennes. Dans sa chronique pour Le Monde, Alain Frachon part d'une phrase d'un haut fonctionnaire français sur le fait que la réputation de ces agences aurait dû être ruinée suite à la crise de 2008 pour analyser ensuite pourquoi ces agences sont si puissantes. Une raison réside dans leur inclusion dans la régulation financière, qui leur donne un rôle quasi-public, explique le Financial Times.
Espace Schengen
Le président roumain Traian Basescu a regretté aujourd'hui que l'adhésion de son pays à l'espace Schengen soit toujours bloquée, par les Pays-Bas notamment. "Nous sommes surpris que, après avoir soulevé cette question lors de deux Conseils européens consécutifs, en octobre et décembre, la décision quant à l'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l'espace Schengen continue à être bloquée" et ce, "malgré le fait que la situation est claire: toutes les conditions pour une décision favorable du Conseil ont été remplies", a déclaré Traian Basescu. Le chef de l'Etat a également qualifié d'"entièrement injustifiées" les décisions de neuf pays de l'UE de continuer à restreindre l'accès des Roumains sur leur marché du travail "alors que des évaluations périodiques ont noté l'absence de tout impact négatif de la libre circulation des travailleurs roumains dans les pays ayant levé ces restrictions." (lefigaro.fr)
Situation en Hongrie
En position « d'arbitre », la Commission s'est montrée « très claire » après son « long silence » l'an dernier, souligne Le Monde. « Des préoccupations existent au sujet de la qualité de la démocratie en Hongrie », a déclaré Jose Manuel Barroso. Outre le délai de trois mois imposé à Budapest pour modifier trois lois incompatibles avec les règles européennes, Viviane Redding veut aller plus loin : la vice-présidente de la Commission souhaite travailler avec le Conseil européen sur d'autres sujets, comme la loi électorale, la liberté religieuse ou le pluralisme des médias. Viviane Redding réfléchirait également au lancement d'une procédure d'infraction supplémentaire concernant l'indépendance de la justice.
Croissance
La Tribune s'intéresse au retour de la croissance dans les préoccupations des dirigeants européens. Depuis le début de la crise de la dette, c'est le thème politique de la rigueur qui a dominé. Mais avec le risque de récession, la nécessité de prendre des mesures favorisant la croissance est en train de s'imposer dans le débat. Un plan en six points devrait être transmis par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy à Herman van Rompuy pour renforcer la croissance, l'emploi et la compétitivité des pays membres. Ce plan devra être examiné lors du prochain sommet. Il s'agit de faire baisser le coût du travail, de faciliter l'accès au crédit pour les PME. "Problème, seule l'Allemagne est à même d'engager une politique de relance" écrit La Tribune.
Règle d'or
Les Echos mentionnent une clause de la dernière version du pacte budgétaire (datant de jeudi soir), selon laquelle les Etats qui n'ont pas mis en place la règle d'or ne peuvent pas avoir recours à l'aide financière du mécanisme de stabilité.
Couple franco-allemand
Dans une interview à La Tribune, le Vice-Chancelier Autrichien Michael Spindelegger affirme qu'il a toujours été critique du rôle trop important joué par le couple franco-allemand au sein de l'UE. "Il n'est pas bon pour l'Europe que deux pays prévalent et fixent seuls le cap juste avant un sommet européen" affirme-t-il, ajoutant que "cela affaiblit le rôle de l'Europe". "Je n'ai rien contre ceux faisant des propositions constructives en amont mais cela ne doit pas donner l'impression que deux pays décident d'un sommet" poursuit-il, exprimant un point de vue partagé par un "groupe de petits et moyens États membres". M. Spindelegger dit que dans le futur, le rôle du commissaire européen aux Affaires monétaires doit être renforcé. Il se dit "surpris" par la dégradation du triple A autrichien par S&P, mais avance des projets de plans de rigueur en Autriche. Il dit aussi vouloir aider la Hongrie à se sortir de la situation actuelle. "La Hongrie doit réagir rapidement aux normes européennes violées : la Hongrie n'a pas intérêt à une condamnation", conclut-il.
International RELEX
FMI
La Croix revient sur l'appel du FMI à ses pays membres afin de lever des fonds supplémentaires pour assurer sa capacité à aider la zone euro dans les années à venir. L'institution de Washington a déclaré mercredi avoir besoin de 1000 milliards de dollars afin de faire face à la dette de la crise souveraine en Europe, ajoutant qu'elle aurait besoin de 500 milliards de dollars supplémentaires pour atteindre son but. La zone euro ayant déjà promis 150 milliards de dollars, le reste de cette somme devra être apportée par le reste de l'Europe, le Japon et les BRIC, étant donné que les Etats-Unis ont refusé d'augmenter leur participation.
Asie
L'Asie est la première à se dire prête à voler au secours de la zone euro, après l'appel du Fonds monétaire international (FMI) à trouver 500 milliards de dollars supplémentaires, mais elle n'entend pas le faire sans contreparties. Le Japon veut bien "apporter son soutien pour stabiliser les marchés, y compris via un prêt au FMI", mais il souhaite voir les "efforts qui seront fournis par l'Europe pour juguler la crise de sa dette". La Chine, de son côté, réaffirme que "c'est surtout à l'Europe de régler le problème de sa dette", mais elle craint que la crise de la zone euro ne se transforme en crise mondiale et n'a pas exclu d'intervenir. Pékin voit dans l'appel du FMI un bon moyen de renforcer son image sur la scène internationale et de peser davantage sur l'économie mondiale, en échange d'une augmentation de son droit de vote au sein du FMI. La Chine et le Japon dépendent très largement de leurs exportations -qui faiblissent- vers l'Europe. (Figaro Eco)
Elargissement
La presse française publie une série d'articles sur le referendum qui se tiendra an Croatie, ce dimanche, ainsi que des papiers d'analyses sur le processus d'élargissement en Europe. Les commentateurs s'accordent pour dire que le référendum devrait être approuvé par 55% de la population, tout en notant le manque d'enthousiasme. Si les Croates comprennent la volonté de Bruxelles de pousser à combattre la corruption, ils n'acceptent pas la poursuite des « criminels de guerre » comme condition à l'adhésion, explique Libération. Les exigences de Bruxelles et la crise de l'euro expliquent aussi ce manque d'enthousiasme, écrit Les Echos. Ainsi, le gouvernement a accéléré sa campagne d'information sur l'adhésion depuis trois semaines, indique la Croix. Les mêmes journaux publient des analyses sur le processus d'élargissement européen. Libération et La Croix reviennent sur le cas turc. Si la Turquie commence à regarder ailleurs, les Européens ont un regain d'intérêt pour ce pays, note La Croix. Le journal publie un autre article sur le scindement de l'Europe en plusieurs cercles, avec les aînés d'un côté et les cadets de l'autre.
Kurdes
Dans l'Humanité, le journaliste et écrivain Ahmet Dehre dénonce les persécutions de l'Etat turc contre les Kurdes qui continuent, comme le prouve le bombardement d'un village kurde par l'aviation turque le 28 décembre dernier qui a fait 35 morts. Pour l'auteur, "il est temps pour les dirigeants européens de ne plus être complices d'Ankara et de prendre des décisions fermes contre les violations des droits de l'homme commises en Turquie et au Kurdistan". Selon lui, l'UE encourage les dirigeants turcs en continuant à négocier l'adhésion turque. Depuis 2009, plus de 7700 personnes ont été mises en garde à vue au motif qu'elles auraient été membres du KCK (Union des Communautés du Kurdistan).
Iran
Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne devraient instaurer lundi un embargo pétrolier et des sanctions financières visant la banque centrale d'Iran. Les derniers détails devant être réglés ce week-end concernent les modalités des sanctions contre la Banque centrale d'Iran et la date d'application de l'embargo pétrolier. Un compromis semble se dessiner autour de la date du 1er juillet, ce qui laisserait le temps aux pays importateurs de pétrole iranien (Grèce, Italie) de s'adapter. L'UE importe 450 000 barils par jour d'Iran. De plus, ce délai permettrait de ne pas perturber le marché afin de ne pas provoquer une flambée du cours de l'or noir. Cet embargo se trouve néanmoins affaibli par le fait que les principaux clients de l'Iran (Chine, Inde et Japon) se sont désolidarisés de cette mesure. (Les Echos)
Biélorussie
Le Monde revient sur la présence controversée du ministre de l'intérieur biélorusse en France jusqu'à ce vendredi, malgré les sanctions européennes contre la répression dans le pays. Le ministre Anatoli Koulechov a utilisé le passeport Interpol afin de venir discuter des attentats de Minsk d'avril 2011. Ainsi, de tels cas sont tolérés en qualité d'exceptions, puisque le ministre est dans le pays afin de coopérer avec une organisation internationale contre le crime.
Nouvelles nationales liées à l'Union - France
Marseille
L'association Marseille-Provence 2013 présentait hier les grandes lignes de sa mutation en Capitale européenne de la Culture, qui doit démarrer au milieu de mois de janvier 2013. L'évènement suscite à la fois envie et craintes dans la cité phocéenne. L'article présente les objectifs de l'évènement "Capitale européenne de la Culture", et détaille les tensions locales qui entourent le projet à Marseille. Quelques grandes expositions annoncées hier sont très alléchantes, commente Libération.
Aviculture
La Commission va lancer « dans les prochains jours » des procédures d'infraction contre la France et plusieurs autres pays européens coupables de mauvais traitements envers leurs poules pondeuses, a annoncé hier le commissaire en charge de la Santé John Dalli. Une loi européenne adoptée en 1999 interdit les cages de batterie conventionnelles pour les poules pondeuses. La France et treize autres pays (Belgique, Bulgarie, Chypre, Espagne, Grèce, Hongrie, Italie, Lettonie, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal et Roumanie) ont eu treize ans pour se mettre en règle et le délai expirait le 1er janvier 2012. (France Inter)
Don du sang
Des homosexuels lyonnais attaquent l'Etat pour discrimination liée au don du sang. La loi française, qui interdit le don du sang pour les homosexuels, est en contradiction avec la directive européenne de 2009, rapporte France 3.
Nouvelles nationales liées à l'Union - Autres Etats membres
Hongrie
Un porte-parole de la Commission européenne a déclaré que la pression que le gouvernement d'Orban exerce sur les médias va au-delà du non-renouvellement de la licence de la radio d'opposition Klubradi
« Nous suivons de très près la situation de Klubradio », dont la fréquence a été retirée par le puissant Conseil des médias hongrois à compter de mars 2012, a déclaré lors d'un point de presse Ryan Heath, porte-parole de la commissaire chargée des Nouvelles technologies, Neelie Kroes. « Nous avons appris ces derniers jours qu'il pourrait y avoir jusqu'à huit retraits de licences », a-t-il indiqué, soulignant que cela ne signifie pas en soi qu'il y a infraction à la législation européenne, et en particulier la directive autorisation, datant de 2002 et qui couvre les autorisations des réseaux et services de communications électroniques. (20 Minutes)
Arte s'intéresse au nombre de sans domicile fixe qui a augmenté de 25% en Grèce depuis deux ans, suite à la crise économique. Issue de la classe moyenne, une nouvelle génération de SDF fait son apparition dans le pays, alors que le chômage touche 22% de la population active et 50% des moins de 25 ans.
Allemagne: taxe Tobin
Malgré l'opposition de ses partenaires libéraux, Angela Merkel serait pour imposer une taxe sur les transactions financières dans la zone euro. La limitation aux 17 Etats de la zone euro a pour but de contourner l'inévitable opposition britannique, mais aussi celles annoncées de la Suède et de la République Tchèque. Mais le FDP Libéral y voit un cadeau fait à la place financière londonienne au détriment de celle de Francfort. (La Croix)
Grèce
Les discussions entre la Grèce et ses créanciers privés sur un échange de dette n'ont guère progressé alors même que le délai pour parvenir à un accord qui évite un défaut désordonné s'épuise rapidement (Challenges.fr). Cependant, quelques signaux laissent espérer une issue positive des négociations entre Athènes et les banques. En effet, selon Les Echos, le FMI aurait donné son accord pour que les représentants du Fonds entament des négociations avec la Grèce pour un nouveau programme de financements. L'information a été indirectement confirmée par Amadeu Altafaj, le porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn, qui a annoncé que le FMI participerait à la réunion de l'Eurogroupe de lundi au cours de laquelle sera discuté le nouveau plan d'aide à la Grèce. (France Info)
Italie
Deux mois après son installation, le gouvernement Monti doit présenter aujourd'hui un projet de loi ouvrant toutes les professions réglementées à la concurrence. Il espère en tirer deux points de PIB pour enrayer la récession. Les secteurs d'activité touchés sont essentiellement les taxis, les pharmacies, les notaires et avocats, les stations essence, l'assurance-auto, l'énergie, la presse et la création d'entreprise. (Les Echos)
Irlande
Les bailleurs internationaux de fonds à l'Irlande ont achevé leur dernière mission trimestrielle à Dublin sur un constat globalement positif. Les conditions posées à l'Irlande par les Européens et le FMI en échange d'un plan de sauvetage de 85 milliards d'euros continuent d'être remplies, souligne la troïka. « Le déficit budgétaire 2011 se situe nettement en dessous des objectifs fixés par le programme », affirment les experts internationaux. Et ce alors que Dublin continue de réformer le secteur financier malade. Pour autant, la bataille n'est pas gagnée, tempère la troïka. « Les défis persistent et la clef de la réussite reste la poursuite indéfectible de la politique » entreprise. (Les Echos)
Finlande
Les deux principaux partis de la majorité gouvernementale se disputent sur l'adhésion de la Finlande au Traité européen de convergence budgétaire. Si le Premier ministre Jyrki Katainen tente de rassurer les Européens sur les engagements pris par Helsinki, le ministre des Finances Jutta Urpilainen et le ministre des Affaires étrangères Erkki Tuomioja, déclarent que la Finlande ne devrait pas signer le Traité établissant des règles communes de discipline budgétaire. Le Parti social-démocrate concentre ses critiques sur le mécanisme de prise de décision à la majorité qualifiée qui en constitue le pilier, et exige du gouvernement qu'il négocie une option de retrait pour la Finlande. Ces profondes divergences, qui affaiblissent la coalition au pouvoir, interviennent en pleine campagne présidentielle. La Finlande s'apprête en effet à élire un président europhile : le candidat conservateur Sauli Niinistö est largement favori du scrutin de ce dimanche. (Les Echos)
contact : dominique.robert@europarl.europa.eu (+33) 01 40 63 40 07

















