mardi 29 novembre 2011

Revue de presse quotidienne 29 novembre 2011

Union européenne

Préparation du Sommet européen des 8-9 décembre
La France et l'Allemagne présenteront sous peu à leurs partenaires une note sur leur plan d'union budgétaire. Ce plan pourrait être conclu dès le sommet européen du 8-9 décembre afin d'être prêt avant janvier. Le but est de renforcer la discipline budgétaire, préalable à un changement des traités qui s'effectuerait un peu plus tard. Selon Le Figaro, il s'agit de lier dans une même dynamique deux positions souvent jugées inconciliables. D'un côté, l'exigence allemande d'un engagement ferme et de longue haleine des Dix Sept à une discipline budgétaire de fer, qui inclurait des pouvoirs de sanction renforcés pour la Commission européenne (Les Echos, L'Humanité). De l'autre, le souci français de se doter des moyens de casser la spéculation en urgence, grâce à l'artillerie lourde de la BCE, pour aider des États menacés par les marchés tels que l'Italie et l'Espagne.

Croissance dans la zone euro
Les pays de la zone euro sont entrés dans une récession, selon l'OCDE qui appelle les dirigeants politiques à prendre des décisions rapides et énergiques. Une déstabilisation européenne pourrait avoir des conséquences mondiales. Selon l'OCDE, la BCE doit agir car elle est le dernier rempart contre la crise. Selon Le Monde, plusieurs hauts dirigeants (Christine Lagarde), financiers (George Soros) ou analystes comparent la crise de la zone euro à la situation qu'a connue le Japon au début des années 90 : surendettement public, « crédit crunch », croissance molle, inefficacité des politiques, etc. Si, contrairement au Japon, la crise en Europe risque de contaminer le reste du monde, la seule solution consiste d'abord à résoudre le « problème aigu » des dettes souveraines. Dans un second temps, l'Europe devra également « changer de modèle ». Les prévisions de l'OCDE prévoient en effet une période de récession de six mois dans la zone euro, suivie d'une reprise très lente.

Notation
Dans une note publiée depuis les États-Unis, à la teneur catastrophiste, Moody's menace l'ensemble des pays européens, Allemagne comprise, d'une dégradation, en rafale, de leur notation financière. L'agence s'inquiète de l'impéritie des gouvernements européens face à la crise de la dette, qui aura pour conséquence de renchérir le coût d'emprunt des États et donc d'aggraver un peu plus encore la situation. Par ailleurs, S&P's a annoncé qu'il pourrait placer le AAA français sous perspective négative. (Le Monde)

FESF
Le fonds de sauvetage de la zone euro FESF n'aura vraisemblablement pas la taille escomptée, a déclaré lundi son président Klaus Regling à des députés allemands, selon des propos rapportés par un participant à la réunion. M. Regling "a dit que la situation avait nettement empiré" depuis fin octobre à cause de l'aversion croissante des marchés pour la dette de la zone euro, a indiqué un député à l'AFP. Le ministre des Finances polonais Jacek Rostowski a estimé dans un entretien à la presse allemande lundi qu'il fallait un fonds de 3.000 milliards d'euros pour endiguer la crise. (lefigaro.fr)

Emprunt commun
Berlin, jusqu'ici très opposé à tout projet d'euros-obligations - envisagerait désormais de lancer des emprunts pour le compte des six pays de la zone euro notés triple A. Outre l'Allemagne, seraient concernés la France, la Finlande, les Pays-Bas, le Luxembourg et l'Autriche. C'est ce qu'affirme, lundi 28 novembre, le site Internet du quotidien Die Welt. Ces « obligations d'élite » permettraient à ces pays de se financer mais aussi de financer les pays en difficultés, comme l'Espagne ou l'Italie, en échange d'un programme d'assainissement. Le ministère des finances allemand a démenti dans la matinée cette information. (Le Monde)

Crise de la zone euro
Dans un article d'opinion du journal Le Monde, Martin Wolf écrit que la leçon la plus importante à retenir des récents événements est que les investisseurs sont de plus en plus réticents à faire confiance à la dette de la plupart des pays de la zone euro. Et ceci augmente les inquiétudes sur les marchés de la dette publique des pays de la zone, dont l'Irlande est le seul à avoir réduit significativement ses spreads. Le journaliste Martin Wolf ajoute que depuis que l'heure est à l'austérité budgétaire, la BCE devrait développer une politique expansionniste plutôt que celle très restrictive menée par les grandes banques centrales de tous les pays avancés.
La Maison Blanche a appelé l'UE à agir rapidement pour résoudre sa crise de la dette. Au même moment, Barack Obama recevait les dirigeants de l'UE en sommet, dont Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso. « Notre position est et a toujours été d'agir avec force été détermination pour maîtriser cette crise », a déclaré Jay Carney, porte-parole de M. Obama. Cette rencontre intervient alors que l'OCDE a prévenu lundi que la zone euro semblée être entrée en légère récession, et mis en garde sur ses possibles conséquences dévastatrices sur l'économie mondiale. (LCI)
D'après l'écrivain Guy Sorman, la démission simultanée des gouvernements grec et italien est le signe d'une menace pour les économies, la démocratie et l'Europe. Selon lui, la récession s'aggrave en raison des remèdes disproportionnés qui ont été appliqués depuis 2008. Or, il suffirait de modifier quelques règles du jeu démocratique pour restaurer la démocratie. Il faudrait établir des règles communes de bonne gestion, via l'instauration d'une véritable autorité judiciaire : une Cour économique européenne. Celle-ci pourrait sanctionner fortement les contrevenants et serait donc acceptée par les opinions publiques. (Figaro)

Rôle de la BCE
Dans sa chronique pour L'Humanité, Pierre Ivora ironise ce matin sur le fait que "des dirigeants européens et nombre d'éminents commentateurs des médias, nous assurent aujourd'hui qu'avec l'aggravation de la crise de l'euro, il n'y a point de salut si la Banque centrale européenne (BCE) n'intervient pas", à l'opposé de la doctrine classique en la matière. Pour le chroniqueur, la position actuelle de Nicolas Sarkozy sur ce sujet, "crédibilise la proposition portée en France par les communistes, le Front de gauche et des économistes alternatifs qui demandent notamment que la BCE utilise sa puissance de feu pour créer de la monnaie et apporter ainsi des ressources à un Fonds de développement social et écologique qui, à son tour, soutiendrait l'activité des services publics des pays européens."

Taxation financière
Alors que Berlin et Londres s'écharpent sur la taxe Tobin, David Harding, patron de Winton Capital, un "hedge fund" londonien, a affirmé qu'il était "favorable" à la taxe sur la transaction financière "si une partie de ses recettes étaient destinées au financement de la réglementation supranationale". "Michel Barnier a au moins un ami à la City", commente Les Echos.

Quotas de sucre
La Commission européenne a annoncé plusieurs mesures afin de doper l'approvisionnement du marché en sucre. Bruxelles a autorisé la mise sur le marché de 400 000 tonnes de sucre hors quotas. « C'est une bonne première étape », se félicite Florence Pradier, directrice générale de l'alliance 7, qui représente 300 industriels de l'alimentaire parmi les plus gros utilisateurs de sucre. Par ailleurs, les volumes d'exportations seront accrus de 700 000 tonnes. Le niveau d'importations supplémentaires n'a pas encore été précisé. Le sucre est la dernière matière première en Europe dont les échanges restent encadrés. La réforme de la PAC prévoit la suppression des quotas à horizon 2015. (Figaro Eco)

Robotique
Le robot doit permettre de mener des opérations plus précises, sous le contrôle d'un chirurgien. Des chercheurs allemands, italiens, israéliens et britanniques financés par un programme de l'Union européenne ont mis au point un robot permettant d'améliorer la performance des neurochirurgiens, a annoncé, lundi, la Commission européenne. Il n'a pour l'instant été utilisé que sur des mannequins pour de la chirurgie endoscopique. « Une fois prêt pour des interventions sur l'homme, il pourrait atténuer les souffrances de millions d'Européens atteints de tumeurs ou de troubles tels que l'épilepsie, la maladie de Parkinson et la maladie de Gilles de la Tourette », souligne la Commission. L'annonce de la Commission européenne intervient au moment où démarre la Semaine européenne de la robotique, du 28 novembre au 4 décembre, qui vise à améliorer la coopération entre l'industrie et le secteur de la recherche en la matière. (lepoint.fr)

Facebook
Selon le Telegraph, la Commission européenne pourrait obliger Facebook à revoir sa politique de collecte de données et la manière dont il les commercialise auprès des annonceurs, ainsi que bannir certaines méthodes de ciblage utilisées par les annonceurs. (La Tribune)

International RELEX

Conférence de Durban
La 17ème conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, qui vient de s'ouvrir à Durban, devrait voir l'UE, « seule force motrice de cette négociation », réclamer aux Etats-Unis et aux pays émergents des engagements supplémentaires en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique. La commissaire européenne au climat, Connie Hedegaard, propose l'adoption « d'une feuille de route claire, avec un calendrier qui nous conduise vers un traité solide avec la participation de tous les grands pays émetteurs ». Mais selon Le Monde, l'allant de la commissaire risque d'être freiné par les divisions entre Européens sur le principe d'un traité global et contraignant. Dans un encadré, la commissaire Hedegaard est présentée parmi les "cinq acteurs incontournables" des négociations de Durban. Dans une tribune dans Le Monde, Nicholas Stern et Laurence Tubiana affirment que le sommet de Durban est l'occasion pour l'Europe de mettre ses divisions internes de côté pour se saisir du leadership international en offrant une alternative à l'hégémonie américaine. "Les divisions étaient et restent la première cause de l'impuissance de l'UE sur la scène internationale" écrivent-ils. Selon eux, le sommet de Durban est l'occasion de "ranimer la flamme européenne" en proposant un projet fort, pour peu que les Européens parlent d'une seule voix.

RDC
Avec 253 millions d'aides reçues en 2010, la République démocratique du Congo (RDC) s'impose comme le principal bénéficiaire des fonds européens apportés aux pays de la zone Afrique-Caraïbes-Pacifique (ACP). L'UE a en outre soutenu l'organisation des élections présidentielles à hauteur de 45 millions d'euros. Selon Le Monde, l'utilisation de ces aides et l'efficacité des missions Eupol (6,5 millions de budget) et Eusec (12,5 millions d'euros) sont aujourd'hui « des sujets de polémique », même si le Service européen d'action extérieure s'est montré « discret » sur les élections en RDC, en dépit du risque d'explosion de violence. Mais l'Europe, « plus vraiment désirée à Kinshasa, se tait pour ne pas compliquer davantage ses relations avec le régime du président Joseph Kabila ». Les responsables les plus « réalistes » soulignent qu'un retrait européen de RDC laisserait définitivement le champ libre à la Chine qui, après avoir gagné la bataille de l'influence, gagnerait celle de l'économie. C'est pourquoi de grandes compagnies font le siège de la Commission à Bruxelles pour l'inciter à la prudence dans son apparente volonté de moraliser les pratiques des entreprises européennes dans le pays. Reste que ces aides pourraient être remises en cause par les nouvelles priorités de la diplomatie européenne et par le manque d'efficacité du soutien apporté jusqu'ici. (Le Monde)

Moldavie
Le Monde publie un reportage sur la Moldavie, qui fait figure de "modèle de transition" pour l'UE. Les dirigeants européens érigent la Moldavie au rang de rare succès dans l'espace post-soviétique, suite à la "révolution Twitter" du pays il y a deux ans. La coalition au pouvoir rêve d'intégration européenne, mais elle ne parvient même pas à désigner un chef d'Etat depuis deux ans.  Les discussions se poursuivent avec Bruxelles sur un accord d'association et un autre portant sur le libre-échange. Surtout, le pays aimerait être prêt dès la fin 2012 pour une levée des visas. Selon un sondage récent, 47% des Moldaves sont en faveur d'une intégration dans l'UE.

Syrie
L'UE a décidé de durcir ses mesures de rétorsion à l'encontre du régime syrien. Les finances, le gaz et le pétrole seraient les secteurs visés par ces mesures. L'UE suit ainsi la Ligue arabe qui avait décidé de sévères sanctions économiques contre Damas. (France Info)

Nouvelles nationales liées à l'Union - France

Déficit public
L'OCDE prévoit une croissance de 0,3% l'an prochain en France, loin du 1% attendu par le gouvernement. C'est pourquoi l'OCDE appelle à un troisième plan de rigueur de 8 milliards d'euros pour tenir l'objectif de déficit en 2012. Le président PS de la commission des Finances, Jérôme Cahuzac, a estimé lundi que "la crédibilité de la parole de la France est mise en cause par l'attitude du gouvernement" après la révision en baisse par l'OCDE. Le président français Nicolas Sarkozy prépare son discours de Toulon sur la crise, qu'il prononcera jeudi (Le Figaro). Le chef de l'État n'a pas abandonné l'idée de faire voter la règle d'or budgétaire avant la fin du quinquennat, selon le journal. Pour le porte-parole du PS Benoît Hamon, le chef de l'Etat est un "partenaire docile" d'Angela Merkel et ne défend pas assez les intérêts de la France.
Nicolas Baverez revient sur la situation de la France dans le contexte de crise. La France a été dégradée par les marchés avant même la sanction des agences de notation. Comme à l'image des pays du sud de l'Europe, la France va devoir choisir entre une réforme drastique de son modèle économique et social ou son départ de la zone euro. Cette situation critique résulte de l'impuissance du politique et du manque de leadership. Le pays n'a en effet plus les moyens de sauver la zone euro et peut faire imploser l'Union monétaire si elle ne parvient pas à se redresser. Or, toute réforme structurelle et budgétaire serait vaine sans la mutation de la BCE en prêteur de dernier ressort. (Le Monde Eco)

Achat d'obligations
Selon un sondage réalisé par Harris Interactive, deux Français sur trois ne sont pas disposés à acheter des obligations françaises pour voler au secours des finances publiques nationales via un grand emprunt. Les Français sont en revanche majoritairement ouverts à l'idée d'un contrôle de la Commission européenne sur les budgets nationaux. (La Tribune)

Captage de CO 2
Le candidat du Parti socialiste français à l'élection présidentielle de 2012, François Hollande, rencontrera mercredi à Bruxelles José Manuel Barroso pour plaider la réalisation à Florange (Moselle) du projet européen de captage-stockage de CO2 Ulcos, jugé "vital" pour la sidérurgie lorraine. M. Hollande rendra ensuite compte de son entretien aux syndicats d'ArcelorMittal-Florange. (lefigaro.fr)

PEAD
Les Restos du Coeur ont lancé leur 27ème campagne d'hiver pour venir en aide aux Français les plus démunis (TF1, France 2 et Canal Plus). Les trois chaînes de télévision rappellent que Bruxelles a finalement maintenu son aide aux associations, mais que le programme d'aide alimentaire de l'UE pourrait disparaître dans deux ans. C'est pourquoi les inquiétudes des membres de l'association persistent

OGM Monsanto
Le Conseil d'État a annulé hier les deux arrêtés qui, depuis quatre ans, interdisent la culture en France du maïs OGM de Monsanto. Reprenant sans surprise les conclusions de la Cour de justice européenne du 8 septembre, la plus haute juridiction administrative française a estimé que "le ministre de l'Agriculture n'a pu justifier de sa compétence" pour prendre cette "mesure d'urgence" en février 2008, "faute d'avoir apporté la preuve de l'existence d'un niveau de risque particulièrement élevé pour la santé ou l'environnement". En effet, comme l'ont rappelé les magistrats de la place du Palais-Royal, les Etats membres de l'Union européenne ne peuvent prendre de telles mesures "que s'ils établissent, non seulement l'urgence, mais aussi l'existence d'une situation susceptible de présenter un risque important mettant en péril de façon manifeste la santé humaine, la santé animale ou l'environnement". Le gouvernement avait annoncé en septembre, après la décision de la CEJ, qu'il prendrait "une nouvelle clause de sauvegarde" si la suspension était annulée. (La Croix)

Nouvelles nationales liées à L'Union - Autres Etats membres

Grèce
Christian Jimenez, professeur d'économie, énumère toutes les mesures prises pour aider la Grèce qui se sont révélées contre-productives : 1) Accorder une décote sur la dette grecque 2) Ne pas comprendre qu'un prêt nouveau de 50 à la Grèce diminue sa dette globale de 50. 3) Ne pas comprendre que faire acheter sa propre dette par un émetteur fait monter le prix de cette dette et apporte de la confiance 4) Faire saigner les banques et accélérer Bâle III 5) Décréter que la contagion est interdite 6) Croire que la BCE sera le prêteur en dernier ressort 7) Avoir conçu le FESF comme une « tontine à l'envers ». (La Tribune)
La Commission européenne ne cesse de répéter que pour donner confiance aux investisseurs, les dirigeants européens doivent réaliser ce qu'ils ont promis. L'Eurogroupe se réunit donc ce soir pour donner son feu vert au versement de la nouvelle tranche de 8 milliards d'euros d'aide à la Grèce. Aussi, Olli Rehn fera part aux ministres de ses discussion avec Mario Monti sur l'analyse de ses services et Klaus Regling fera part des réactions des investisseurs qu'il a rencontrés ces derniers jours. Enfin, les ministres devraient confirmer la nomination prochaine de Benoît Coeuré au Conseil des gouverneurs de la BCE. Un débat doit également avoir lieu sur le remplacement de Philippe Maystadt. (Les Echos)

contact : dominique.robert@europarl.europa.eu (+33) 01 40 63 40 07