Revue de presse quotidienne 25 juillet 2011
Plan d'aide à la Grèce: les créanciers privés "s'en sortent bien", puisqu'ils auront "une facture moins lourde que prévu" (Le Figaro économie). Les banques ne supporteront en fait que des pertes très limitées (La Tribune) et ne subiront pas les effets de la dégradation de la note grecque (Les Echos) -
Attentats en Norvège: Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a lui déclaré: "Je condamne dans les termes les plus forts ces actes de lâcheté". La chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, a exprimé son «horreur», tandis que les dirigeants européens apportaient leur soutien au gouvernement norvégien.
Union européenne
Plan d'aide à la Grèce
Le second plan d'aide à la Grèce continue d'alimenter les journaux français. Aujourd'hui, ces derniers affirment notamment que les créanciers privés "s'en sortent bien", puisqu'ils auront "une facture moins lourde que prévu" (Le Figaro économie). Les banques ne supporteront en ait que des pertes très limitées (La Tribune) et ne subiront pas les effets de la dégradation de la note grecque (Les Echos). Plusieurs journaux présentent les points, chiffres et acteurs clés du plan d'aide décidé jeudi dernier (La Croix, La Tribune). "Les décisions des dirigeants européens sont une réponse à ceux qui contestent l'euro, une réponse qui semble être convaincante et peut contenir la contagion de la crise" a déclaré Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie (Libération). Selon Les Echos, Angela Merkel a justifié avec succès les mesures décidées jeudi dernier devant les députés allemands, assurant que l'Allemagne en serait largement payée en retour. Par ailleurs, le journal affirme que le sommet européen n'a pas dissipé les craintes de contagion sur les marchés. Les Echos affirme que le sauvetage de la Grèce va accroître la dette de la France de près de 32 milliards d'euros. Dans La Tribune, l'ancien trader Julien Penasse écrit que l'Union européenne pourrait intervenir sur le marché des CDS pour "casser la spéculation", avec les mêmes effets qu'en créant d'une euro-obligation mais pour moins cher.
Les médias français ont très largement commenté les résultats du sommet de l'eurozone ce weekend. Alors que le ton est plutôt optimiste et tous les médias notent que les marchés ont salué le nouveau deal, les JT des principales chaînes de télévision posent la question des conséquences directes pour la France. Tous les médias notent l'euphorie qui s'est emparée des marchés vendredi matin, les investisseurs étant agréablement surpris par l'étendue du plan grec et les avancées apportées au fond de stabilité. TF1 et France 2 notent que la participation de la France à hauteur de 15 milliards d'euros signifie plus de dette qui vit à crédit depuis 30 ans. Pendant ce temps, l'agence de notation Fitch a abaissé la note grecque à l'état de « défaut partiel » en conséquence de la participation des investisseurs dans le deuxième plan de sauvetage grec. Samedi, les commentaires dans Le Monde étaient bien moins optimistes. Dans son article principal, le journal cite plusieurs analystes qui expliquent que l'UE a fait d'importantes avancées et surpris tout le monde sur les marchés. Cependant, tout n'est pas résolu et la plupart des opérateurs craignent une possible rechute.
Dans son éditorial consacré au sommet du 21 juillet sur la Grèce, Le Monde estime que cet accord « à l'arraché », obtenu à l'issue « d'un jeu de concessions compliqué », porte surtout « la marque de l'Allemagne ». La « superpuissance européenne » a en effet obtenu la participation du secteur privé au refinancement de la Grèce, une option rejetée au départ par la BCE et la France. Ce véritable « saut dans l'inconnu » est peut être « le prix à payer afin que s'organise cette gouvernance commune que réclame la zone euro pour fonctionner autrement que par une succession de crises ». Le Monde attend maintenant la réaction des marchés et de « leurs petits chiens de garde », les agences de notation.
Dans un entretien au Monde, l'ancien chef économiste du FMI, Kenneth Rogoff, estime que l'accord européen sur la Grèce n'est « qu'une étape » permettant de « gagner du temps face aux marchés ». « Finalement, la seule avancée, c'est d'avoir fait accepter à la BCE d'évoquer un défaut du bout des lèvres. » Il regrette en effet que depuis le début, « les Européens ne voulaient pas entendre parler d'un défaut », alors qu'il aurait fallu « envisager une restructuration de la dette grecque ». Trouvant « étrange que l'euro se maintienne à un tel niveau », Kenneth Rogoff juge que la crise ne sera pas résolue « tant qu'on ne réduira pas drastiquement la dette de la Grèce, probablement de 70% ». Il appelle à la mise en œuvre « d'une véritable union fiscale », faute de quoi une union monétaire ne serait « pas viable ». Il déclare néanmoins qu'une faillite d'Etat « est finalement assez banale ».
Dans une interview accordée au Monde, le ministre de l'économie François Baroin commente l'accord « historique » obtenu au cours du sommet de Bruxelles. L'accord grec donne du temps à la Grèce pour redresser ses comptes, se moderniser et retrouver le chemin de la croissance, tandis que la fonds européen de stabilité financière est réformé en véritable « fond monétaire européen ». Concernant le prochain sommet sur la gouvernance économique, le ministre explique que le but est de renforcer la gouvernance économique de l'UE : « réduire la dépendance vis-à-vis des agences de notation, réfléchir à la création d'une agence européenne indépendante, renforcer la convergence des politiques économiques ». Le ministre assure que la participation française dans le deuxième plan de sauvetage grec n'implique « aucun coût budgétaire ». « La France n'a pas besoin d'emprunter davantage et notre déficit n'est pas impacté », explique-t-il. Enfin, il assure que le gouvernement est sur le bon chemin afin de réduire le déficit, qui devrait tourner autour de 5,7% à la fin de cette année.
Par ailleurs, le président Sarkozy a déclaré: "L'implication du secteur privé, nous le faisons pour la Grèce, et pour aucun autre pays". Le Monde
JC Trichet
Jeudi, Jean-Claude Trichet s'est dit "optimiste" après son dîner avec Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Il a déclaré être ravi et rassuré que «les gouvernements aient pris la pleine mesure du problème", selon des sources proches du président de la BCE, et a ajouté que l'accord dépassait même ce qu'il espérait pouvoir obtenir. M. Trichet a salué l'accord, même si celui-ci n'a pas répondu à sa demande "aucun défaut" de ces dernières semaines. Toutefois, ses pires craintes, en ce qui concerne le financement du système bancaire et le possible effondrement du système bancaire grec, ont été abordées par l'accord. M. Trichet a également appelé à un signal fort aux marchés afin d'éviter un effet de contagion. Le Monde
Agences de notation
Dans une tribune publiée par Les Echos, Olivier Ferrand, président du Think tank Terra Nova, plaide pour des réformes "profondes et urgentes" des agences de notation. Il écrit que les relations des Etats avec les agences de notation ont atteint le point de rupture avec la crise de la dette souveraine. Il énumère les reproches fait aux agences de notation (situation d'oligopole, conflits d'intérêt, "biais auto-réalisateur et procyclique", etc) et les solutions possibles (un régulateur fort, la modification du système de rémunération des agences de notation, possibilité de suspendre la notation d'un pays qui fait l'objet d'un plan de soutien). M. Ferrand est particulièrement séduit par l'idée de créer une agence de notation publique adossée au FMI ou à la BCE, en complément des agences privées. Les Echos
Politique budgétaire des EM
Les chefs d'État de la zone euro réunis jeudi en sommet extraordinaire pour sauver la Grèce et la zone euro ont rappelé dans le communiqué final l'obligation faite à tous les Etats membres de l'Union européenne dans le Pacte de stabilité de respecter la règle d'or budgétaire des 3% maximum de déficit. C'est en effet de dérapages budgétaires que pourraient naître des doutes sur la solidité financière de certains d'entre eux, entraînant de nouveaux risques de contagion, comme récemment avec l'Italie. Pas question donc de déroger à la règle d'or des 3%, si ce n'est pour les trois pays - Irlande, Grèce et Portugal - placés sous perfusion internationale. Au regard du document de référence, le programme de stabilité de la Commission européenne daté d'avril dernier, tous les États sont en ligne avec l'objectif. Mais il y a les bons et les mauvais élèves : dans le groupe de tête, l'Allemagne, qui devrait passer sous la limite dès cette année, l'Estonie, la Finlande, le Luxembourg et Malte. Suit un deuxième groupe, qui vise les 3% d'ici 2012 (Belgique, Italie, Pays-Bas), même si le cas de l'Italie suscite des réserves chez les analystes. En queue de peloton, on trouve l'Autriche, l'Espagne, la France, la Slovénie et la Slovaquie, qui se sont engagées pour 2013. Mais la situation de l'Espagne, qui cumule fort déficit et faible croissance, suscite les plus fortes réserves. Figaro Eco
Biocarburants
Une étude publiée par Greenpeace montre que le diesel « vert » vendu en France peut contenir jusqu'à 30% d'huile de soja, un produit importé d'Amérique du Sud. Le rapport de Greenpeace est publié alors que la Commission européenne vient de fixer les règles du jeu pour s'assurer du bienfait environnemental des biocarburants. Bruxelles veut en effet exclure ceux qui auraient été produits sur des terres auparavant occupées par des forêts tropicales ou des espaces naturels intéressants. Pour y parvenir, elle demande à l'avenir que soient mises en place des mesures de certification par des auditeurs indépendants, avec une analyse complète du cycle de vie. Les importateurs devront à l'avenir présenter un certificat, sous la responsabilité des Etats membres ou dans le cadre de mécanismes d'audit volontaire. Sur 25 demandes, la Commission européenne a donné son agrément à 7 procédures d'audit, qui seront publiées sur une plate-forme européenne. Les Echos
Agence européenne du médicament
Vendredi, les autorités européennes ont autorisé la mise sur le marché de nouveaux médicaments de Johnson & Johnson: le Zytiga contre le cancer de la prostate, et l'Incivo pour le traitement de l'hépatite C. L'Agence européenne des médicaments a également indiqué qu'elle conseillait le médicament Vyndaqel contre l'amylose à transthyrétine, une maladie rare, et qu'elle était favorable à deux médicaments contre le cancer des groupes pharmaceutiques Roche et Novartis. Les recommandations d'approbation de l'agence sont généralement suivies par la Commission européenne dans les mois qui suivent. lefigaro.fr
Le Pademrix, vaccin le plus utilisé contre la pandémie de grippe H1N1 en 2009, est remis en question par l'Agence européenne du médicament et son utilisation a été restreinte chez les moins de 20 ans, car il a provoqué plusieurs cas de narcolepsie chez des enfants, et même des décès. Aurait-il fallu prendre plus de précautions ? Sur RMC Info, hier, deux médecins généralistes donnaient leurs avis su le sujet, contradictoires.
Sécurité des jouets
La nouvelle directive sur la sécurité des jouets, qui remplace l'ancienne initiée il y a vingt-trois ans, est entrée en vigueur le 20 juillet. Avec un mot d'ordre : une sévérité accrue pour mieux protéger les enfants, après les scandales qui ont défrayé la chronique ces dernières années. En Europe, les jouets sont tenus pour des produits à haut risque. Ils figurent en tête des biens concernés par le système communautaire d'alerte sur les produits dangereux (Rapex). "Pour les jouets, nous avons les exigences les plus strictes au monde", affirme d'ailleurs Antonio Tajani, le vice-président de la Commission en charge de l'industrie. Principale nouveauté du texte, la responsabilité de tous les intervenants du secteur est établie, de l'industriel à l'importateur et au distributeur. Pour la contrôler, un système de traçabilité a été mis en place tout le long de la filière. De plus, la directive allonge la liste des produits chimiques interdits dans la fabrication de jouets, comme les phtalates. Les industriels ont bénéficié de deux ans pour se mettre en conformité. L'enjeu est considérable. Sur ce marché de 14,5 milliards d'euros (le plus important au monde), 85% des jouets vendus sont importés de Chine, et 60% des produits dangereux concernés par le système d'alerte communautaire sont fabriqués là-bas. Un renforcement des contrôles va être mis en place aux frontières. Les Echos
International - RELEX
Attentats en Norvège
Vendredi 22 juillet, deux attentats ont frappé la Norvège. Dans la soirée, les premiers bilans faisaient état de 17 morts, mais dans la nuit de vendredi à samedi, ce nombre a fortement augmenté pour atteindre plus de 90 morts. Ce bilan est toujours provisoire. Dans un premier temps, une voiture piégée a explosé dans le quartier des ministères, dans le centre d'Oslo, faisant au moins sept morts et quinze blessés. Quelques heures plus tard, une fusillade a éclaté dans un rassemblement de jeunes, ou plus de 80 personnes ont été tuées. Aussitôt après l'attentat, la piste du terrorisme islamiste a été évoquée mais, samedi, la police a fait savoir que les deux attaques avaient été perpétrées par un Norvégien de 32 ans, Anders Behring Breivik, qui serait lié au milieu d'extrême droite du pays. Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a lui déclaré: "Je condamne dans les termes les plus forts ces actes de lâcheté". La chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, a exprimé son «horreur», tandis que les dirigeants européens apportaient leur soutien au gouvernement norvégien. Selon Le Monde, samedi matin, tous les commentaires allaient dans le même sens: "ce drame va influencer durablement la Norvège et marquer toute une génération de futures personnes politiques". Selon Libération, "pour la première fois de son histoire, la monarchie scandinave et pétrolière, connue pour son active diplomatie de la paix, a été frappée". Après avoir proposé son aide à la Norvège, vendredi soir, Barack Obama a déclaré que ces attaques rappelaient à la communauté internationale "l'enjeu d'empêcher de tels actes de terrorisme et la nécessité de coopérer". L'information, qui a fait le tour des médias français ce week-end, domine les Unes de la presse aujourd'hui. Les journaux présentent le profil du tueur et s'intéressent aux mouvements d'extrême-droite dans les pays d'Europe du Nord.
Corne de l'Afrique
L'UE, à la fin de la semaine dernière, a promis 30 millions d'euros supplémentaires pour la Corne de l'Afrique en plus des 70 millions déjà débloqués, comme l'a annoncé la commissaire Kristalina Georgieva lors d'une visite dans l'est du Kenya. Cependant, il sera très difficile d'acheminer l'aide vers les régions touchées car elles sont contrôlées par des milices proches d'Al Qaida, qui nient toute famine et rejettent toute aide extérieure. Ce vendredi, Paris a également annoncé un doublement de son aide à 10 millions d'euros. Une somme ridicule selon le ministre britannique du développement international, Andrew Mitchell, dont le gouvernement a déjà débloqué 100 millions d'euros, explique le Journal du Dimanche.
Nouvelles nationales liées à L'Union - France
Axe franco-allemand
Dans leurs éditos, Jacques Julliard (Marianne) et Etienne Mougeotte (Le Figaro) évoquent l'axe franco-allemand. Mr Mougeotte explique que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont enfin suivi la voie tracée par François Mitterrand et Helmut Kohl. Il reste prudent quant aux résultats du sommet et accueille favorablement l'accord qui doit être conclu sur la gouvernance économique de l'eurozone d'ici à fin août. L'édito de Jacques Julliard est alarmiste. « Ce que nous disent aujourd'hui les marchés, c'est que les pays occidentaux sont en train, les uns et les autres, de devenir insolvables et d'être vendus à la Chine par appartements », écrit-il. Il est très critique face à l'impossibilité pour Nicolas Sarkozy et d'Angela Merkel de se montrer unis. Il salue la proposition de François Hollande de fusionner la présidence du conseil européen et de la commission européenne en « chef d'un véritable gouvernement économique de l'Europe » et en appelle à Sarkozy et Merkel à s'unir pour le bien de l'Europe.
Seafrance Jacques Gounon, le PDG d'Eurotunnel dénonce le projet de recapitalisation de plus de 200 millions d'euros de la compagnie de ferries Seafrance (groupe SNCF), qu'il qualifie de « soutien abusif ». L'opération dépend toute fois du feu vert de la Commission européenne qui mène une enquête approfondie. Les Echos
CGT
Dans une interview accordée samedi au Monde, reprise lundi par l'Humanité, le leader de la CGT (Confédération générale du travail), Bernard Thibault, appelle à la mobilisation sociale. Selon lui, "toute l'Europe est malade sur le plan économique". Mr Thibault dénonce "l'absence d'objectif social dans l'Union européenne".
Situation des Roms
Il y a un an, le chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy prononçait son discours de Grenoble, dans lequel il prônait une accélération des expulsions des Roms. Selon la radio France Info, un an après, rien n'aurait changé, avec toujours autant de monde dans les campements. Ils seraient aujourd'hui 15 000, comme l'an dernier. La plupart du temps, les expulsés qui sont des citoyens européens, reviennent après un séjour de trois mois en Roumanie, et tout le travail d'accompagnement à l'emploi et de scolarisation doit reprendre. La Commissaire européenne à la Justice, Viviane Reding, estime que la loi ne prend pas assez en compte la situation individuelle des expulsés.
Nouvelles nationales liées à L'Union - Autres Etats membres
Pologne
Si passer à l'euro reste l'objectif de la Pologne, il est peu probable que cela puisse se faire avant la fin 2015, a déclaré vendredi le ministre des Finances Jacek Rostowski. Les difficultés actuelles de la zone euro n'ont pas dissuadé Varsovie d'en faire partie à terme, mais le ministre a souligné que l'union monétaire devait d'abord résoudre ses problèmes, et la Pologne remplir l'ensemble des critères d'adhésion. Les Echos
contact : dominique.robert@europarl.europa.fr
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