Revue de presse quotidienne 20 octobre 2011
MEP
Le Nouvel Observateur réalise une interview croisée de l'eurodéputé Pascal Canfin et du président de la Société Général Frédéric Oudéa sur le sujet des banques et de la crise. Trois ans après la faillite de Lehman Brothers, les banques sont-elles mieux régulées ? Sur la question de la recapitalisation, M. Oudéa affirme que cela n'est pas nécessaire.
Union européenne
Agriculture
Les 27 ministres de l'agriculture de l'Union européenne se réunissent aujourd'hui à Luxembourg pour discuter de la réforme de la PAC et de l'avenir du Programme européen d'aide alimentaire aux plus démunis. Bruno Le Maire affirme dans une interview accordée à La Croix que la France "ne laissera pas tomber les associations caritatives" et qu'un abandon du PEAD serait "une défaite politique majeure pour l'Europe". Il admet que "la négociation est très difficile" entre "deux conceptions très divergentes de l'Europe". Il défend par ailleurs le "verdissement" de la PAC mais critique le fait qu'elle soit "administrativement trop complexe" pour les agriculteurs. Il plaide aussi pour encore plus de régulation. Dans une tribune publiée également par La Croix, deux membres de syndicats agricoles critiquent la réforme de la PAC, qui risque "d'aggraver le sort des agriculteurs du Sud en continuant d'éliminer les petits paysans européens". "Avec la nouvelle PAC, l'UE menace, comme par le passé, de reprendre d'une main ce qu'elle donne de l'autre" écrivent-ils.
Réforme directive marché
La Commission européenne dévoile aujourd'hui sa réforme des directives Marchés d'instruments financiers et Abus de marché. : un plan d'action pour améliorer la transparence des échanges et responsabiliser les opérateurs, qui prévoit de criminaliser les abus de marché et impose des limites de position pour empêcher la spéculation sur les matières premières. "Six ans après avoir libéralisé ses marchés financiers, l'Europe tourne casaque", commente La Tribune, en accroche de l'article principal de son dossier sur le sujet, auquel le quotidien économique consacre aujourd'hui sa Une. L'éditorialiste du journal se félicite de l'initiative : "A l'origine de la crise, les marchés financiers ? Oui peut-être, et même sûrement. La preuve est assez faite que la finance sans contrôle est dangereuse, non seulement pour elle-même, mais aussi et surtout pour le monde, pour l'économie réelle", écrit Philippe Mabille, qui ajoute : "La responsabilité du régulateur est donc énorme et en la matière, la seule chose qui marche est la fermeté. La peur du gendarme, la crainte de sanctions individuelles proportionnées, voilà le langage que comprennent les traders."
Taxe transactions financières
Dans un article dans Les Echos, l'économiste Frédéric Bonnevay présente les (quelques) avantages et (nombreux) défauts de la taxe sur les transactions financières défendues par la Commission européenne. "Taxer les transactions n'est pas envisageable" conclu-t-il.
Budget
Selon un plan rendu public mercredi par la Commission européenne, une enveloppe de 50 milliards d'euros doit être investie d'ici 2020 dans les réseaux de transport, d'énergie et de communication européens afin de connecter entre eux les réseaux nationaux et stimuler la croissance. "Cet investissement stimulera la croissance et la création d'emplois et, simultanément, rendra le travail et les transports plus simples pour des millions de citoyens et d'entreprises en Europe" a déclaré le président de la CE lors d'une conférence de presse. (Challenges.fr)
Euribor
Plusieurs banques ont eu la surprise, dès mardi, de voir débarquer des officiels de la Commission européenne venus pour réaliser des perquisitions dans leurs locaux. Dans leur viseur, la constitution d'une possible entente sur le marché interbancaire de l'Euribor. « La Commission s'inquiète du fait que les entreprises concernées ont pu violer les règles antitrust qui interdisent les cartels et les pratiques commerciales restrictives », a-t-elle indiqué hier dans un communiqué. Ce n'est pas la première fois que les soupçons de manipulation de taux apparaissent, puis qu'une enquête internationale est menée depuis plusieurs mois par les autorités américaines, japonaises et européennes sur le Libor, le taux interbancaire de Londres. La Tribune rajoute que l'Euribor-EBF s'est dit mercredi prêt à partager ses données avec les autorités (Le Fugaro.fr)
Réseaux numériques
Bruxelles a proposé hier d'allouer 9,2 milliards d'euros aux infrastructures numériques, dont « au moins 7 milliards » pour les réseaux haut débit. Cela suffirait à lever de 50 à 100 milliards d'euros d'investissements publics et privés. La Commission a également approuvé une aide de la France de 750 millions d'euros en faveur de ses réseaux (Challenges.fr).
BCE
Alors que la zone euro est en pleine tempête, Jean-Claude Trichet a fait ses adieux officiels en grande pompe, hier à l'opéra de Francfort. Les invités de marque ont tous salué l'action du Français à la tête de la Banque centrale européenne, dont il quittera officiellement la présidence le 31 octobre. "Des modifications du traité ne sont pas taboues à mes yeux", a souligné la chancelière allemande Angela Merkel. Hier, Jean-Claude Trichet a de nouveau insisté sur la nécessité de réformer les traités européens pour renforcer l'intégration de la zone euro et permettre de punir les mauvais élèves. (Les Echos)
Dans dix jours, l'Italien Mario Draghi succédera à Jean-Claude Trichet, et il était convenu qu'en échange, à cette date, son compatriote Lorenzo Bini Smaghi, membre du comité exécutif de la BCE, cède sa place pour que la France conserve un représentant à la BCE. C'est pourquoi l'Elysée réclame aujourd'hui à Silvio Berlusconi le fauteuil de M. Bini Smaghi. (Les Echos)
Elargissement
Selon Štefan Füle, Commissaire à l'Élargissement et à la Politique européenne de voisinage, l'élargissement est l'instrument le plus efficace dont l'Europe dispose pour opérer des changements. En effet, ce dernier permet aux pays qui en bénéficient de devenir des sociétés modernes et dynamiques car la promesse de l'adhésion à l'UE va de pair avec un processus qui garantit des préparatifs solides. La plupart des pays candidats doivent renforcer la démocratie, mettre en place des systèmes judiciaires efficaces et intensifier leurs efforts pour garantir croissance économique et emplois. Il incombe à la Commission européenne de suivre leurs progrès de près et de les soutenir dans leurs efforts pour surmonter ces obstacles. La CE a proposé d'accorder à la Serbie le statut de pays candidat de l'UE et d'ouvrir des négociations d'adhésion avec le Monténégro (Le Figaro)
Galileo
Aujourd'hui, à 12h34, une fusée Russe Soyouz s'élancera depuis le centre spatial guyanais de Kourou avec à son bord les deux premiers satellites du système de navigation Galileo, le futur GPS européen. Voilà plus de douze ans que les chefs d'Etats européens ont donné leur feu vert à un projet d'un GPS à l'européenne. Après 1999, les choses ont longtemps buté sur le problème du financement. A l'origine, un partenariat public-privé avait été mis en place mais n'a jamais été concrétisé. Depuis 2008, Bruxelles a opté pour des fonds exclusivement publics. La facture s'élève à 12 milliards d'euros. Les deux premiers satellites devraient être rejoints par deux autres mi-2012 et la cadence devrait s'accélérer pour aboutir à 18 satellites en 2014 et 30 en 2020. L'impact de Galileo sur l'économie européenne est estimé à 90 milliards d'euros sur 20 ans (Le Figaro).
Sommet à Francfort
L'imminent sommet européen de dimanche sur la crise de la dette fait les gros titres des médias français aujourd'hui. "Le compte à rebours pour sauver l'euro a commencé" affiche Le Monde en Une. "100 heures pour sauver l'euro" titre Le Figaro. Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a affirmé que le sommet était un "moment crucial" pour l'avenir de l'Europe, alors que les dirigeants de l'UE vont tenter d'apporter une réponse globale à la crise (Les Echos). Nicolas Sarkozy - qui "veut forcer un consensus que les marchés financiers perçoivent, ajuste titre, comme décisif" (Libération) - s'est rendu hier en urgence à Francfort pour un sommet "impromptu" avec les principaux dirigeants européens (Angela Merkel, les présidents du Conseil et de la Commission, Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso, le futur président de la BCE Mario Draghi, ainsi que la directrice générale du FMI, Christine Lagarde), réunis à l'occasion du discours d'adieu de Jean-Claude Trichet. M. Sarkozy et Mme Merkel ont tenté d'aplanir les divergences franco-allemandes, qui persistent (Libération). Les négociations portent principalement sur le rôle et la puissance du FESF, explique La Tribune. Les Echos et La Croix présentent les enjeux du sommet. La Croix évoque les risques qui pourraient découler de l'actuel chantier européen: Europe à deux-vitesses", une montée de l'euroscepticisme, et une lutte entre Bruxelles et le couple franco-allemand pour la gouvernance. Cependant, le journal, écrit dans son éditorial de Une que "si, cette fois, l'esprit de solidarité l'emporte, l'idée européenne retrouvera un avenir". Interviewé par La Tribune, l'eurodéputé Guy Verhofstadt affirme que les dirigeants européens doivent faire "le plus possible" dimanche pour sauver la zone euro. Il ajoute qu'au-delà de l'augmentation des moyens de FESF, l'Europe doit "commencer à réfléchir à une abolition de la règle de l'unanimité pour l'Eurozone".
Michel Barnier
Pour le Commissaire européen au Marché intérieur Michel Barnier, qui accorde une interview à La Tribune ce matin à l'occasion de la révision des directives MIF (Marchés d'instruments financiers) et MAD (Abus de marché), le paquet législatif présenté ce jeudi met l'Europe en ordre de bataille sur la question de la régulation financière avant le G20 de Cannes. Celui-ci se félicite de ce que "la Commission a approuvé ce mercredi quatre textes ambitieux visant à remettre de la transparence, de la responsabilité là où elles avaient disparu". Il annonce : "Nous avons déjà produit un certain nombre de textes et en dévoilerons d'autres d'ici à fin novembre sur la résolution des crises bancaires, sur les agences de notation notamment." La Commission envisagerait en effet d'interdire la notation des dettes souveraines des pays aidés par le FMI ou l'Europe.
Bale III
La mise en œuvre des accords de Bâle III prend du retard. Le Comité de Bâle a rendu public cette semaine un tableau de bord pointant du doigt les retards pris par certains Etats. Seulement onze des vingt-sept pays qui s'y étaient engagés en novembre 2010 ont publié leur projet permettant la transposition dans le droit national du nouveau cadre réglementaire. La Commission européenne s'était alors félicitée du fait que les banques de l'Union seraient les premières dans le monde à appliquer les nouvelles normes prudentielles. A contrario, certains pays comme la Chine ou les États-Unis en sont encore au niveau du processus d'application des précédentes normes de Bâle II (La Tribune).
Pêche
La Commission européenne admet que 82% des stocks de poissons de Méditerranée et 63% de ceux de l'Atlantique sont surexploités. La faute à qui ? Dans un dossier intitulé « Immersion », Greenpeace incrimine le "crime organisé" (Le Nouvel Observateur).
International RELEX
Seagate
La Commission européenne a donné mercredi son feu vert au rachat de l'activité de disques durs de Samsung par l'américain Seagate sur laquelle elle avait ouvert une enquête approfondie. Cette opération à 1,3 milliard de dollars porte la part de marché mondiale de Seagate à 40%. Selon Bruxelles, les clients auront assez de choix entre trois ou quatre fabricants (La Tribune).
Canada
La Commission européenne veut pénaliser les importations de pétrole issues des sables bitumineux car l'extraction est plus polluante. Lors de son passage à Paris hier, le ministre canadien des ressources naturelles, Joe Oliver; a qualifié cette décision d'injuste et de discriminatoire étant donné que le Canada reste transparent sur ses rejets de gaz à effet de serre. Il a ajouté que depuis quinze ans, la quantité de gaz à effet de serre émise par l'exploitation des sables bitumineux a considérablement baissé. Le ministre a ainsi rencontré à Paris ses homologues pour expliquer la situation (Le Figaro Economie).
Islande
Le Figaro publie aujourd'hui un article sur la situation économique de l'Islande et sur le fait que le pays a entamé des négociations pour entrer dans l'Union européenne "sans grande envie" ajoute le journal, bien que l'Islande soit "déjà très intégrée à l'Union européenne".
Turquie
Une centaine de militants du PKK ont lancé, dans la nuit de mardi à mercredi, des attaques simultanées contre sept postes militaires turcs. L'armée turque s'est lancée mercredi à la poursuite de combattants séparatistes kurdes dans le nord de l'Irak après la mort de 24 soldats dans des attaques rebelles près de la frontière irakienne. Quinze militants du PKK ont été tués dans les combats. L'Otan dont la Turquie est membre, et l'Union européenne par la voix de Catherine Ashton (haute représentante de la diplomatie européenne) ont condamné les attaques menées par le PKK (lepoint.fr).
Ukraine
Quelques jours après la condamnation de l'ancienne première ministre Ioulia Timochenko, la visite du président ukrainien Viktor Ianoukovitch à Bruxelles a été reportée « à une date ultérieure ». Les Vingt-sept peinent à définir une position commune face à Kiev : d'un côté, les pays de « la nouvelle Europe » (Pologne, Roumanie, Hongrie et Etats baltes) plaident pour l'intégration de l'Ukraine à l'UE ; en revanche, l'Allemagne affiche la même « position dure » qu'elle avait adopté en juillet dernier devant la Serbie. Le Monde s'interroge sur les avancées réclamées à Kiev avant l'accord commercial qui doit être signé en décembre : « faut-il se contenter de 'progrès' comme le fait la Commission », ou réclamer la libération d'Ioulia Timochenko ? De son côté, la Russie espère convaincre son voisin de se rapprocher de l'Union douanière qu'elle forme avec la Biélorussie et le Kazakhstan. Et le quotidien de constater : « faute d'une stratégie claire, l'Ukraine dérive vers l'Est. » (Le Monde).
Nouvelles nationales liées à L'Union - France
SeaFrance
La France a finalement jusqu'à lundi pour trouver une solution de redressement de la société de ferries SeaFrance conforme aux exigences de la Commission. Le dossier devait être examiné hier mais Bruxelles a déclaré continuer les discussions avec le gouvernement français jusqu'à lundi. Un prêt de 100 millions d'euros accordé par la SNCF est en cause (Les Echos).
Dexia L'administrateur délégué de Dexia Pierre Mariani accorde ce matin une interview aux Echos sur les missions que lui a confiée le conseil d'administration du groupe bancaire : finaliser la vente de RCB Dexia et céder la filiale de gestion d'actifs Dexia Asset Management ainsi que DenizBank. Selon M. Mariani, les futurs acquéreurs devraient avoir été sélectionnés "d'ici à la fin de l'année".
Moody's
L'avertissement de Moody s sur la note de la France contraint le gouvernement à préparer un nouveau tour de vis budgétaire. Mais il le met aussi face à un dilemme: faut-il privilégier les économies ou les impôts ? Dans son éditorial de Une, Le Monde s'intéresse aux conséquences sur la campagne présidentielle, interprétant l'alerte de Moody's comme un "désaveu" de la politique de Nicolas Sarkozy, qui a creusé les déficits.
Condamnation
Le Tribunal de l'Union européenne a confirmé mercredi la condamnation de la France à verser une astreinte de près de 57,77 millions d'euros pour avoir trop longtemps toléré la vente de petits poissons comme le merluchon, interdite par la législation européenne. La France avait été condamnée devant la Cour européenne de justice en 2005 à une amende de 20 millions d'euros, mais contestait le paiement d'une astreinte supplémentaire pour ne pas s'être conformée à un premier arrêt de la Cour, qui lui avait déjà ordonné en 1991 de mieux contrôler l'interdiction de pêcher des poissons de petite taille (liberation.fr).
Nouvelles nationales liées à L'Union - Autres Etats membres
Grèce
Les médias français accordent aujourd'hui une large couverture à la grève générale en Grèce, très suivie, pour protester contre les mesures d'austérité. Libération consacre sa Une au sujet et prévient dans son éditorial que le sauvetage de l'Europe "ne peut se faire sans les citoyens". Le projet de loi sur les nouvelles mesures d'austérité a été adopté hier soir (Le Figaro).
Espagne
Après Fitch et Standard & Poor's, Moody's a abaissé la note de l'Espagne de deux échelons. L'agence de notation estime que le déficit budgétaire du pays sera de 6,5% cette année contre les 6% prévus par le gouvernement. Selon Les Echos, les risques de dépassement ne se trouvent pas que du côté gouvernemental mais des autres composantes telles que les régions et la sécurité sociale.
contact : dominique.robert@europarl.europa.eu (+33) 01 40 63 40 07



















