Revue de presse quotidienne 14 septembre 2011
Députés européens
Crise financière Dans une interview avec La Tribune, Joseph Daul, le patron du Parti populaire européen (PPE), appelle à un "Big bang" fédéral européen. Il entend bien convaincre Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso, de faire preuve de courage politique et de conduire les Européens à "frapper fort", vite et tous ensemble, en annonçant des mesures structurelles comme l'élévation de l'âge de retraite, l'augmentation du temps de travail hebdomadaire, ou l'harmonisation de la fiscalité.
Le Téléphone sonne accueille Sylvie Goulard, Pascal Canfin, Andreas Shwab et Robert Goebbels pour débattre des propositions avancées en réponse à la crise. (France Inter)
Dans L'Express, l'eurodéputé Sylvie Goulard plaide pour une Union renforcée afin de sortir de la crise de l'euro et de retrouver la confiance des investisseurs. Elle affirme que la Commission européenne doit retrouver un président fort pour se "remettre en selle". Pour elle, nous avons besoin d'un calendrier précis vers l'unité, car "il est aussi désastreux de laisser l'horizon dans le vague que de faire miroiter pour demain le « Grand Soir fédéral".
Parlement européen
Drapeau européen
La proposition du commissaire à l'Energie Günther Oettinger de mettre en berne les drapeaux des pays trop endettés a du mal à passer auprès du Parlement européen. Une centaine de députés vont écrire à la Commission pour exiger des excuses, voire la démission du commissaire allemand. "Proposer d'humilier les Etats endettés comme une des solutions à la crise va à l'encontre des valeurs européennes. La Commission doit prendre des sanctions", estime l'un des cosignataires. (La Croix)
Union européenne
Avenir de l'Europe Crise financière
Face à la crise de la dette souveraine qui ne cesse de s'aggraver, de nombreux hauts responsables européens plaident en faveur d'une solution commune synthétisée dans le fédéralisme (La Tribune). Parmi les propositions majeures: un ministre des Finances de l'Union (Jean-Claude Trichet), un gouvernement économique fort doté de structures et de mécanismes fédéraux en matière fiscale (Guy Verhofstadt), un budget fédéral (Gerard Schröder) ou même la création des "États-Unis d'Europe" dans les trois ans à venir (Traian Basescu) L'idée du fédéralisme avance à petits pas avec la création du FESF et le semestre européen, mais la réticence des États à contribuer à un véritable budget européen en montre les limites, écrit La Tribune. "Autant le fédéralisme est nécessaire à l'Europe car chacun comprend qu'elle ne peut pas avoir une monnaie unique et vingt-sept politiques économiques, autant les électeurs européens refuseront de donner plus de pouvoir aux institutions européennes sans savoir ce qu'elles en feraient" écrit Bernard Guetta dans Libération. Selon lui, l'Europe ne doit pas seulement adopter un gouvernement économique commun mais surtout "un gouvernement tout court". Cependant, "l'Europe ne peut pas s'offrir le luxe d'une énième crise politique" en plus de la crise financière, c'est pourquoi les dirigeants européens doivent se tourner vers les citoyens, selon M. Guetta. Dans Les Echos, Laurent Cohen-Tanugi écrit que la crise révèle la nécessité pour l'UE de se doter rapidement d'institutions démocratiques. L'UE agit actuellement avec les moyens du bord, mais cela ne suffit plus, selon lui. La France ne pourra pas, cette fois-ci, botter en touche sur la question du fédéralisme, actuellement débattue en Allemagne. Cependant, La Croix explique aujourd'hui que les membres "récents" de l'UE, en provenance d'Europe centrale, ne veulent pas plus d'intégration politique. Hier, des fuites à Bruxelles ont indiqué que la Commission européenne travaille sur une réforme du traité européen pour renforcer l'Eurogroupe (L'Humanité et Challenges.fr citant Reuters).
Pierre Defraigne, directeur général honoraire à la Commission européenne et directeur exécutif de la fondation Madariaga-Collège d'Europe, est l'auteur d'un manifeste en faveur d'une régénération démocratique de l'Europe, publié hier sur Lemonde.fr sous le titre "L'Europe doit se doter d'un corps politique qui assurera sa pérennité". Il y défend l'idée selon laquelle l'Europe en crise risque d'être la victime de la montée des populismes à moins d'une "révolution citoyenne réussie". "La conception médiévale opposait le corps physique et mortel du roi au corps politique et immortel du royaume. L'Europe dominée par l'intergouvernemental est mortelle, écrit-il. Elle doit se doter d'un corps politique qui assurera sa pérennité, soit un collectif citoyen européen qui transcendera les débats politiques nationaux. La crise en fournit l'occasion." (Lemonde.fr)
La tempête financière continue de souffler mais les dirigeants européens maintiennent, coûte que coûte, leur stratégie : tenter de rassurer les marchés en tenant le cap de la rigueur budgétaire et en mettant en place le plus rapidement possible l'accord du 21 juillet. Aucune annonce importante n'est donc prévue d'ici à la fin de la semaine, alors que les ministres des Finances se réunissent à Wroclaw, en Pologne. Pourtant, l'inquiétude se propage dans le monde. Les Etats-Unis, soucieux de la contagion, souhaitent que Paris et Berlin montrent plus de leadership dans cette crise ; quant aux pays émergents, ils se proposent de venir en aide à la zone euro.
Réunis le week-end dernier à Marseille, les ministres des Finances du G7 n'ont pas rassuré les investisseurs, les Bourses européennes dévissant une nouvelle fois le lundi 12 septembre. Dans son éditorial, Le Monde s'interroge sur la teneur des discussions qui animeront l'assemblée générale des 27 grands argentiers européens, prévue ce week-end en Pologne : l'Ecofin devra « s'efforcer d'esquisser ce qui manque tant - et pour cause - dans le paysage économique d'aujourd'hui : une stratégie de réduction de la dette à long terme qui laisse des marges de relance à court terme », souligne le quotidien.
Dans un commentaire paru dans L'Express, Philippe Manière se montre très critique envers les politiques et leur incapacité à agir contre la crise. Il explique que la note des Etats-Unis n'a pas été abaissée en raison d'une possible insolvabilité mais précisément pour cette raison. Il critique les leaders européens et leurs « déclarations martiales » démenties par les faits. Les marchés ont besoin d'un regain de confiance et les politiques semblent s'évertuer à nourrir la défiance. Il est temps de prendre « une décision forte...à laquelle on se tienne », déclare-t-il. Les misérables manœuvres visant les parcs à thème ne suffiront pas.
Dans cette colonne, l'auteur examine les accusations selon lesquelles Wall Street et la City sont à l'origine des attaques spéculatives contre la zone euro. Il s'attarde sur la prolifération des Credit Default Swaps (CDS), avec lesquels les spéculateurs peuvent réaliser des gains importants en cas de défaut d'un pays de la zone euro. Il existe par ailleurs une vraie crainte de voir l'euro remplacer le dollar comme valeur-refuge. Cependant, l'auteur souligne que le degré d'interdépendance entre les grandes économies fait qu'un défaut de la zone euro serait désastreux pour les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. (Le Monde)
Approvisionnement en gaz
Dans le cadre du projet « Corridor sud », la Commission européenne a relancé les négociations avec l'Azerbaïdjan et le Turkménistan afin de diversifier ses sources d'approvisionnement. Le Turkménistan détient les quatrièmes réserves mondiales de gaz (8 000 m3). « Corridor sud » comporte quatre projets de gazoducs (dont Nabucco et le TGI) destinés à réduire la dépendance de l'UE vis-à-vis de la Russie, qui lui fournit un quart de sa consommation de gaz. L'UE souhaite aboutir à un accord « aussi rapidement que possible », a précisé Günther Oettinger, commissaire européen à l'énergie. Reste que l'UE devra notamment composer avec la concurrence du projet de pipeline Southstream, du russe Gazprom, soutenu financièrement par le français EDF et l'italien Eni. (Le Monde)
PESD
Les ministres des Affaires étrangères de cinq pays (France, Allemagne, Italie, Espagne et Pologne) ont écrit à Catherine Ashton pour soutenir l'idée d'un quartier général civilo-militaire, qui serait basé à Bruxelles. Les ministres en question affirment que l'idée d'un quartier général commun, qui fait l'objet d'une « forte volonté politique », permettrait de « faire mieux avec moins ». Le projet se heurte à la position britannique, qui estime que les missions d'un tel organisme se superposeraient avec celles de l'OTAN. Pour contourner l'obstacle britannique, les partisans d'un QG européen commun proposent de recourir aux mécanismes de la « coopération structurée », qui permettraient d'éviter un vote à l'unanimité. .(Le Monde)
Schengen
Bruxelles s'apprête à proposer une nouvelle règle du jeu pour l'espace sans passeport de Schengen, avec à la clef la possibilité de suspendre tout pays durablement incapable de protéger son secteur de frontière européenne. La Grèce, tremplin des immigrants clandestins en Europe, pourrait être "mise en quarantaine", pour six mois, voire plus, par Bruxelles. La commissaire Cecilia Malmström l'évoquera comme un scénario catastrophe, une hypothèse strictement dissuasive. "Sans gestion efficace des frontières, le système Schengen ne peut pas fonctionner correctement, et la sécurité de l'UE peut en pâtir" a déclaré la commissaire. (Figaro)
Comme exigé par les Vingt-Sept, la Commission européenne devait présenter, vendredi 16 septembre, une réforme de la zone Schengen de libre circulation des personnes en Europe. Pour une meilleure gouvernance de l'espace Schengen, Bruxelles propose d'élargir les possibilités de réintroduire des contrôles aux frontières, mais en les encadrant strictement au niveau européen. Mais hier, l'Allemagne, l'Espagne et la France ont rejeté par avance ces propositions, s'inquiétant d'une mainmise excessive de Bruxelles sur la gestion de cet espace. Au contraire, le Parlement européen a salué le "courage politique" de Cecilia Malmström. Bruxelles est consciente de l'utilisation de plus en plus populiste des failles de l'espace Schengen, selon Les Echos.
International RELEX
Etat palestinien
La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a déclaré, mardi, que des émissaires ont été envoyés à la rencontre des leaders israéliens et palestiniens afin de trouver une solution alternative à la demande de reconnaissance de la Palestine à l'ONU. Les Etats-Unis souhaitent que les deux partis reprennent le chemin des négociations et vont très probablement bloquer par leur veto la demande palestinienne. Le même jour, le ministre des affaires étrangères Alain Juppé a estimé qu'il y avait « une petite chance » d'éviter une « confrontation » à l'ONU. « S'il y a confrontation, ce sera un échec pour les Etats-Unis, ce sera un échec pour les Européens qui vraisemblablement se diviseront, ce sera un échec pour Israël qui se trouvera gravement isolé (...) », a-t-il déclaré. Pendant ce temps, la Ligue Arabe a annoncé son soutien à la cause palestinienne, lundi. (Liberation.fr)
UPM
Dans une tribune parue sur lemonde.fr, le secrétaire général de l'Union pour la Méditerranée Youssef Amrani annonce une nouvelle ère pour l'Union pour la Méditerranée. Il explique que l'Union doit poursuivre sa politique et innover. Des projets régionaux doivent être développés pour stimuler la croissance et créer de l'emploi. Et l'admirable jeunesse au cœur du Printemps Arabe doit être incluse dans ce processus. De nouveaux outils de financement doivent être créés avec la Commission européenne et les institutions financières. Son mot de la fin s'adresse à la Libye, qui peut compter sur le soutien de l'Union pour la Méditerranée dans sa transition vers la démocratie.
Taxation des transactions financières
L'idée d'une taxation des flux financiers a longtemps ressemblé à ces concepts utopiques, toujours discutés, jamais appliqués ; mais en l'espace d'une semaine deux projets sont dévoilés. Le premier, rendu public vendredi 9 septembre, émane des gouvernements français et allemand. Il s'agitait d'une taxe s'appliquant à toutes les opérations (actions, obligations, marchés dérivés) impliquant au moins un intervenant d'origine européenne. Le taux devrait être « le plus bas possible ». Une source proche des discussions a évoqué des niveaux de 0, 1% pour les actions et obligations et de 0,01 % pour les produits dérivés. L'autre projet, dévoilé aujourd'hui à l'Unesco par une coalition d'ONG, diffère légèrement. « Nous proposons de collecter cette taxe au niveau des registres de propriétés mobilières, c'est-à-dire à chaque échange de titre, explique Sébastien Fourmy, d'Oxfam. Avec ce système, il n'y a aucun moyen d'échapper au prélèvement, même en s'abritant derrière un opérateur américain. » Les ONG estiment qu'elles peuvent appliquer des taux un peu plus élevés : 0,2% sur les actions et les obligations et entre 0,01% et 0,05% sur les contrats dérivés. « Cette taxe doit soutenir les populations les plus pauvres du monde qui ont été les plus touchées par la crise économique. » (La Croix)
Nouvelles nationales liées à L'Union - France
Banques
Les médias français, ce mercredi, dressent une liste des différents scénarios possibles pour les banques françaises, tandis que la BNP était victime d'une rumeur plongeant ses actions mercredi. Tous les scénarios sont sur la table : une recapitalisation par les actionnaires, par l'Etat, une nationalisation temporaire...Le Monde évoque les différentes propositions dans un article et les propositions faites par chaque parti dans un autre article. Les Echos expliquent que les investisseurs, spécialement les investisseurs américains à qui le PDG de la Société Générale Frédéric Oudéa a rendu visite mardi, s'inquiètent de la forte dépendance des banques française envers le financement à court terme. Dans son éditorial pour La Tribune, Eric Benhamou explique qu'une recapitalisation des banques se profile à l'horizon. Ce sera une décision difficile, puisque ce sera un aveu d'échec du premier plan de sauvetage des banques, mais cela résoudra tous les problèmes et ce sera imposé par les marchés. Dans une tribune parue dans Le Figaro, le professeur d'économie Philippe Dessertine se montre particulièrement pessimiste et évoque un nouveau 1930, avant d'expliquer comment réagir à une éventuelle dégradation de la notation des banques françaises.
Crise économique: réaction de F.Hollande
Le candidat à la primaire socialiste, François Hollande, a fustigé hier à Strasbourg "l'absence" des responsables européens dans la "tourmente" actuelle, dénonçant particulièrement la "très grande responsabilité" du président Nicolas Sarkozy. "Il avait été convenu que les euro-bonds ne soient pas évoqués lors de la conférence du 16 août. Or cette affaire a été évoquée et, pire encore, Nicolas Sarkozy a dit qu'il était d'accord avec la chancelière pour que les euro-bonds ne soient pas créés", a-t-il déploré à l'occasion d'un déplacement dans la capitale alsacienne sur le thème de l'Europe. M. Hollande s'en est plus largement pris au manque de réactivité des responsables et institutions européens. "Les marchés agissent au jour le jour, heure par heure, et en face le sentiment s'installe que les chefs d'Etat se réunissent à des rythmes qui n'ont rien à voir avec ce qu'exigeraient les secousses financières", a-t-il déclaré au cours d'un point presse au Parlement européen. Rendant hommage à l'action de la Banque centrale européenne, M. Hollande a estimé que c'était elle qui "réussissait encore à calmer les mouvements spéculatifs sur la dette grecque", mais s'est montré beaucoup plus sévère avec les autres institutions européennes : Où est le président de la commission européenne ? Où est le gouvernement économique ? Où est la capacité des ministres de l'Economie et des Finances d'apporter tout de suite une réponse ?", a-t-il lancé. (Lexpress.fr)
Nouvelles nationales liées à L'Union - Autres Etats membres
Grèce
La crise grecque et le risque imminent de défaut continue de focaliser l'attention des médias français. Alors qu'éditorialistes et commentateurs se concentrent sur la nécessité d'évoluer vers plus de fédéralisme en Europe, les articles factuels mettent en avant le retour de la troïka en Grèce et la téléconférence prévue aujourd'hui entre Georges Papandréou, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Le couple franco-allemand pourrait faire de fortes déclarations dans le sens d'une réforme de la gouvernance économique européenne vers davantage de fédéralisme (La Tribune). Les derniers propos de la chancelière allemande sur la crise grecque ont également été l'objet d'une large couverture. "La priorité absolue est de tout faire pour éviter un défaut incontrôlable de la Grèce car cela n'affecterait pas uniquement la Grèce mais le risque que cela touche d'autres pays serait très élevé", a déclaré Angela Merkel, essayant ainsi de faire taire la cacophonie régnant au sein de sa coalition (Le Figaro). Sur LCI, Hughes Beaudoin évoque les débats sur la crise grecque au Parlement européen. Les eurodéputés sont opposés à l'expulsion de la Grèce de la zone euro, d'autant que plusieurs solutions n'ont pas été explorées: les dépenses militaires grecques demeurent par exemple à un niveau anormalement élevé (4% du PIB), et le pays ne s'est pas encore vraiment attaqué à l'évasion fiscale. Enfin, l'Europe pourrait financer la recapitalisation des banques grecques via le EFSF.
Dans un commentaire paru dans Les Echos, le membre du Conseil d'analyse économique Jacques Delpha explique que l'Allemagne n'est pas juste égoïste mais a un plan pour le futur de la zone euro. Il pense que l'Allemagne veut reprendre son magistère économique avec les « pays sérieux » et exclure les pays du sud des décisions importantes. Seuls les pays sérieux seront aptes à définir les politiques budgétaires, puisque les pays du sud seront capables d'emprunter sur les marchés grâce à la garantie des pays sérieux. Cela implique que seuls l'Allemagne et les pays sérieux aient des banques importantes, puisque les Etats doivent être en mesure de renflouer les banques en cas de crise majeure.
Espagne Si l'Espagne n'arrive pas à respecter son objectif de déficit de 6% du produit intérieur brut (PIB) en 2011, ce sera notamment à cause des communautés autonomes. C'est ce que signalent la Commission européenne (CE) dans son rapport sur les finances publiques 2011, publié lundi, et l'agence de notation Moody's dans une analyse parue le même jour. (La Tribune)
Italie
Le vote par les parlementaires italiens du nouveau plan de rigueur de 54 milliards d'euros présenté par le gouvernement se tiendra aujourd'hui dans une atmosphère d'urgence. Le taux à 10 ans transalpin a en effet rebondi jusqu'à 5,76% hier, dans le sillage du résultat mitigé des quatre émissions obligataires réalisées par le Trésor transalpin. Pour trouver trace d'un niveau supérieur, il faut remonter à la séance du 5 août dernier, la veille du week-end où la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé le début de ses interventions sur le marché obligataire italien pour éviter que le pays, incapable de se refinancer durablement à des taux dépassant les 6%, ne sombre à son tour. A l'occasion d'une visite du chef de gouvernement italien à Bruxelles hier, pour y rencontrer le président du Conseil européen et le président de la Commission européenne, M. Van Rompuy a souligné que la mise en œuvre du programme d'austérité était cruciale non seulement pour l'Italie mais aussi pour la zone euro, venant ainsi en soutien à Silvio Berlusconi, en difficulté jusqu'au sein de sa majorité, qui exige pour 400 milliards de privatisations pour rassurer les marchés. Dans ce contexte, la rumeur selon laquelle l'Italie aurait fait appel à la Chine pour racheter une partie "significative" de sa dette, initiée par un article paru dans le Financial Times lundi, aussitôt mise en doute par le Wall Street Journal, puis démentie par le secrétaire d'Etat italien à l'Economie Antonio Gentile, illustre les inquiétudes mondiales sur le sort du pays. En cas de naufrage italien, le Fonds européen de stabilité financière serait incapable de financer le pays, qui doit encore émettre 60 milliards d'euros cette année pour boucler son programme de financement. (Challenges.fr)
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