vendredi 9 mars 2012

Revue de presse quotidienne 09 mars 2012

MEP

JM Cavada
Le Monde publie une tribune écrite par Jean-Marie Cavada, député européen PPE et Guillaume Klosa, président d'EuropaNova. Ils font remarquer que la crise actuelle et l'évolution des équilibres économiques entre les continents nous obligent à penser différemment. Ils rappellent aussi que la construction européenne et l'euro ont conduit les Etats membres à renoncer à une partie de leur indépendance. Il est donc nécessaire de trouver une forme différente de souveraineté au sein de l'UE, "et cette forme ne peut être que collective", selon les deux hommes qui appellent les candidats à la présidentielle française à expliquer la situation plus clairement à l'opinion publique française.

Parité
L'eurodéputée libérale française Sylvie Goulard a dénoncé dans un texte publié sur le site du Nouvel Observateur l'absence complète de femmes dans les instances dirigeantes de la BCE, en rappelant que les six membres du directoire de la BCE et les 23 membres du Conseil des gouverneurs sont tous des hommes. "Cette fermeture aux femmes n'est justement pas raisonnable. Elle est dépassée, macho et durablement inacceptable. Rien ne la justifie", a insisté Mme Goulard.

Débat sur l'actualité européenne
En direct de Bruxelles, RFI reçoit sur son plateau plusieurs députés européens (C.Le Gripp, C.Trautmann, Y.Jadot, JL Bennahmias, P.Le Hyaric et B.Gollnisch pour débattre des dossiers européens qui se sont invités dans la campagne présidentielle française (crise grecque, traité de discipline budgétaire, MES etc...)

Banques et démocratie
Novethic.fr revient sur le livre publié par Pascal Canfin sur le comportement des banques et rappelle que certains produits financiers qui favorisent les spéculations comme les CDS ont été interdits par le Parlement européen.

UE

BCE
Mario Draghi, le président de la BCE, avait un message rassurant à délivrer hier à l'issue de la réunion du conseil des gouverneurs: la zone euro avance dans la bonne direction et la Banque centrale européenne a fait son travail pour contenir la crise de la dette. Mais la BCE a aussi souligné les risques accrus d'inflation (qui devrait rester au-dessus de 2%), et prévenu que la croissance va se stabiliser à un bas niveau (entre -0,5% and +0,3% selon les estimations). (Les Echos)

Quelle Europe ?
Dans une tribune dans Le Monde, l'historien Sanjay Subrahmanyam s'interroge : "plutôt que de donner des leçons, les Européens auraient-ils des leçons à tirer du vieux sous-continent indien et de son histoire ?". Pour l'auteur, "dans le monde du début du 21ème siècle, il existe cinq Etats fédéraux d'une taille assez importante pour servir de modèle à l'UE": les Etats-Unis, le Brésil, la Chine, l'Inde et l'Indonésie. Si les trois premiers apparaissent trop éloignés du cas européen pour différentes raisons, ce n'est pas le cas pour les deux derniers. Après être revenu sur la "naissance de la modernité en Europe qui s'est aussi définie par des expulsions", Subrahmanyam se demande : "l'Europe, pour quoi faire?". Il en ressort trois raisons : "pour faire contrepoids au pouvoir écrasant des Etats-Unis", pour coloniser et développer des pays voisins au Sud et à l'Est, et enfin pour défendre l'héritage si précieux des Lumières face aux "méchants loups musulmans".

Dans une tribune publiée dans Le Monde, Dipesh Chakrabarty, professeur d'histoire à l'université de Chicago, revient sur le "mythe formidablement puissant" de l'Europe qui a fasciné le reste du monde pendant des siècles, à tort ou à raison. Pour l'auteur, toute discussion sur une centralisation accrue des économies de la zone euro "doit passer par la prise en compte de la diversité de l'Europe". Il ajoute que le mythe de l'Europe est aujourd'hui à l'agonie, à cause de la mondialisation. Il s'interroge donc: "comment l'Europe, avec toutes ses inégalités et sa diversité, trouvera-t-elle sa place dans le monde d'aujourd'hui ?". Pour Chakrabarty, la réponse est la suivante : l'Europe doit mettre en avant les valeurs des Lumières "qui conservent une portée universelle, dans les débats les plus brûlants". C'est ainsi que l'Europe de demain pourra émerger, et non pas en se rapprochant du modèle capitaliste à l'américaine, selon lui.

Dans une tribune parue sur lemonde.fr, les membres de plusieurs think tank écrivent que la crise a mis en avant les carences de la construction européenne. Ils demandent plus de fédéralisme et indiquent que les outils fédéralistes actuels ne suffisent pas. Les citoyens devraient être remis au centre de la construction. Le président de la commission devrait être élu ; les commissaires devraient être responsables devant les citoyens qui les éliraient et non les Etats. Le parlement devrait être plus représentatif des populations et pourrait avoir deux chambres. Les auteurs appellent à une forte mobilisation sur ce sujet par tous les moyens : conférences, réunions, chartes, pétitions etc.

Parité H/F
Hier, à l'occasion de la journée internationale des femmes, la commissaire chargée des Affaires intérieures, la Suédoise Cecilia Malmström, a déploré leur faible nombre dans les gouvernements de l'UE. "En cette journée internationale des femmes, je regarde les ministres européens de l'Intérieur autour de moi: il n'y a que quatre femmes plus deux de pays associés à l'UE (Norvège et Suisse). (lefigaro.fr)

Politique de l'environnement
Les ambitions environnementales de l'Union européenne vont être mises aujourd'hui à rude épreuve. Les 27 ministres chargés du dossier se réunissent à Bruxelles pour tenter de trouver un consensus sur des dossiers épineux, tels que la taxe sur les émissions de C02 des avions ou la « feuille de route 2050 ». Autre dossier lourd : les OGM. "Cette fois-ci, ça passe ou ça casse", confie un diplomate. Le Danemark a rédigé un nouveau compromis pour obtenir un accord des Vingt-Sept sur la proposition de la Commission européenne de redonner à chaque Etat membre le pouvoir d'accepter ou non la culture des OGM sur leur territoire. Mais la France et l'Allemagne y sont opposées. (Les Echos)

Nucléaire
Un an après Fukushima, pro et antinucléaires s'opposent sur les conséquences de la plus grave catastrophe depuis Tchernobyl. D'un côté, les défenseurs de l'atome constatent que la renaissance du secteur n'a pas été stoppée. « Avec plus de 60 chantiers dans le monde, le nombre de centrales en construction dépasse le nombre de celles qui s'arrêtent », souligne Philippe Knoche, membre du directoire d'Areva. Les opposants voient les choses autrement. « Le déclin du nucléaire avait commencé avant Fukushima, soutient Yves Marignac, de Wise Paris. Cela fait quinze ans que, chaque année, on construit plus de capacités renouvelables que nucléaires ». La part du nucléaire dans la production mondiale d'électricité est ainsi passée de 17% à la fin des années 1980 à 13% actuellement. Quelques pays, dont l'Allemagne, ont tourné le dos à l'atome. Mais, pour la plupart, ils ont confirmé leurs programmes. Ils se trouvent néanmoins confrontés à une opinion publique plus hostile. (Les Echos)

Industrie automobile
La Commission européenne cessera provisoirement d'émettre des directives susceptibles d'accroître les coûts des constructeurs automobiles ou de les empêcher de fermer des usines, a déclaré hier le commissaire à l'Industrie et à l'Entreprise Antonio Tajani. Confrontés à une surcapacité estimée à 20%, les constructeurs automobiles européens ont appelé cette semaine au salon de l'automobile de Genève les leaders de l'Union européenne à accepter le principe de fermetures d'usines et de suppressions d'emplois pour assurer leur survie. "J'ai chargé mon directoire général de mettre en place un moratoire pour éviter de nouveaux coûts et limiter les délocalisations", a dit Tajani. "J'ai également l'intention de proposer à mes collègues d'examiner la possibilité d'initiatives similaires dans leur propre domaine de compétence". (lefigaro.fr)

Vidéo clip sur l'élargissement
La Commission européenne, accusée de relayer la théorie du choc des civilisations, a dû retirer un clip destiné à promouvoir l'élargissement. Face aux critiques, la Commission s'est vue contrainte de retirer le clip quelques heures seulement après sa mise en ligne. "Le clip n'était évidemment pas destiné à être raciste et nous regrettons qu'il ait été perçu comme tel. Nous présentons nos excuses à tous ceux qui ont pu se sentir offensés. Compte tenu de ces controverses, nous avons décidé d'arrêter immédiatement la campagne et de retirer la vidéo", plaide dans un communiqué Stefano Sannino, le directeur général du département chargé de l'élargissement à la Commission européenne. (liberation.fr)

International RELEX

Taxe carbone
Furieux contre la taxe carbone européenne qui frappe le transport aérien, les Chinois engagent le bras de fer pour faire reculer Bruxelles. Pékin a décidé de geler 45 commandes d'Airbus A 380 et A 330. Louis Gallois, président exécutif d'EADS, maison-mère d'Airbus, tire la sonnette d'alarme. "Messieurs de la Commission, s'il vous plaît, faites machine arrière," a-t-il déclaré (Les Echos). EADS prône plutôt une solution concertée mondiale pour lutter contre la pollution. Pékin n'est pas isolé : la taxe carbone sur les émissions polluantes des compagnies qui survolent l'espace aérien européen fait l'unanimité contre elle, que ce soit en Inde, aux États-Unis ou encore en Russie, fait remarquer Le Figaro. La Chine estime que la taxe européenne pourrait coûter 100 millions d'euros à ses compagnies aériennes. C'est pourquoi la Chine est "prête au bras de fer avec l'Europe, quitte à déclencher une guerre commerciale aux conséquences désastreuses pour Airbus," souligne Le Figaro. D'autres mesures de représailles ne sont pas exclues, prévient d'ailleurs le journal. Que se passerait-il si la Russie ou l'Inde décidaient d'emboîter le pas à Pékin ? "De quoi faire réfléchir les instances européennes !" conclu Le Figaro. Mais la Commissaire Connie Hedegaard refuse de céder aux menaces. 4291 compagnies aériennes sont concernées par la taxe européenne. (Figaro Eco)

Soudan
L'Union européenne s'est déclarée hier "très préoccupée" par "l'escalade de la violence" dans les zones frontalières entre le Soudan et le Soudan du Sud, appelant les deux parties à "redoubler d'efforts pour trouver une solution négociée". La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, s'est notamment alarmée de la poursuite des actions armées transfrontalières, dont les opérations militaires, le soutien aux milices et les bombardements aériens. Un appel similaire avait été lancé mardi par le Conseil de sécurité de l'ONU alors que les tensions restent extrêmement vives entre les deux pays depuis l'accession à l'indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011. (La Croix)

Syrie
Les médias français reviennent sur la démission du vice ministre du pétrole syrien Abdo Hussameddine, qui constitue la première défection dans les rangs gouvernementaux. Mais Le Figaro indique que la vraie menace crainte par le régime ne vient pas du gouvernement mais de l’armée, et plus particulièrement des éléments sunnites qui sont neutralisés. Les médias évoquent également la visite de la responsable des opérations humanitaires à l’Onu, Valérie Amos, et notamment sa visite à Bab Amro, qu’elle a décrit comme complètement dévasté. Dans d’autres brèves, l’ONU prépare des stocks pour près de 1,5 millions de Syriens, indique L’Humanité. L’UNESCO condamne la répression dans le pays, mais maintient la présence de la Syrie au sein du comité des droits de l’homme. Et Kofi Annan sera à Damas samedi pour appeler à un cessez le feu.  

Nucléaire iranien
Les interlocuteurs de Téhéran redoutent des pré-conditions qui empêcheraient toute discussion. C'est en tant que coordinatrice du groupe des « 5 + 1 » que Catherine Ashton a répondu, mardi 6 mars, à Said Jalili, le chef des négociateurs iraniens sur le dossier nucléaire, pour lui proposer une reprise du dialogue entre les « grandes puissances » et Téhéran. Le lieu et le calendrier de ces discussions seront envisagés prochainement, après le 20 mars, date du Nouvel An iranien. Aucune date-butoir ne sera fixée pour « cette initiative importante, qui ne peut échouer », commente un diplomate européen. (Le Monde)

Avenir des pays de la Méditerranée
Dans une tribune dans Le Monde, Wolf Lepenies affirme qu'après la chute du mur de Berlin, l'Allemagne, qui était déjà la première puissance économique européenne, a aussi repris le leadership politique à la France, rompant le fragile équilibre à la tête de l'UE. Le projet d'Union pour la Méditerranée (UPM) illustre les divisions en Europe entre la France et l'Allemagne, ainsi qu'entre le Nord et le Sud. Le projet originel de la France (appelé "Union méditerranéenne") - qui devait renforcer la France - a été rejeté par l'Allemagne. Le nouveau projet d'"UPM" est plus arrogant et condescendant envers les pays méditerranéens. De plus, il est moins efficace en raison d'un manque de "confiance régionale". M. Lepenies affirme que "le problème central de l'Europe n'est ni une crise de l'euro ni une crise de la dette mais une crise de la confiance". Une Union méditerranéenne qui aurait fonctionné aurait pu aider les Européens à mieux comprendre les bouleversements révolutionnaires dans l'espace arabe. En adoptant un plan Marshall pour la Méditerranée, l'UE pourrait répondre à trois défis: s'attaquer aux problèmes d'endettement des pays du Sud de l'Europe, soutenir la transition démocratique chez les pays arabes et trouver une solution au conflit israélo-palestinien.

Nouvelles nationales liées à l'Union - France

EADS
Louis Gallois, président exécutif d'EADS, a pris un soin particulier à répondre aux questions nées de la lettre envoyée la semaine dernière par Peter Hintze, le représentant de Berlin pour l'aéronautique qui a appelé son successeur, Tom Enders, a mieux défendre les intérêts allemands. Par le biais d'une déclaration écrite et sans ambiguïté, il a jugé le courrier en question « déplacé », « incompatible avec la gouvernance d'une société cotée » et « n'appelant pas de réponse». (Les Echos)

Nouvelles nationales liées à l'Union - Autres Etats membres

Pologne
Emissions de CO 2 Selon Le Monde, la Pologne devrait mettre son véto à l’adoption de la « feuille de route 2050 » pour le climat, qui doit être examinée ce vendredi lors du conseil des ministres de l’environnement. Début 2011, Varsovie s’était déjà opposée au texte, qui prévoit de porter l’effort de réduction des émissions de gaz à effet de serre dégagés dans l’UE de 80% à 95% d’ici à 2050. Dans un « souci d’apaisement », la Commission avait pourtant « gommé » les objectifs intermédiaires, qui consistaient à réduire les émissions de 20% à 25% d’ici à 2020. Autre « différent » entre Bruxelles et Varsovie, le matelas de crédits carbone reçu par les anciens pays du bloc soviétique lors de leur adhésion au protocole de Kyoto : la Pologne, qui dispose de près de 500 millions de tonnes de CO2 à revendre d’ici la fin de l’année, ne devrait pas avoir le temps d’écouler un tel stock. Mais pour Le Monde, la Commission européenne a « bien compris » la situation, Connie Hedegaard faisant plancher des experts depuis plusieurs mois pour trouver une solution. La commissaire européenne au climat n’a pas souhaité commenter un éventuel véto de la Pologne, qui offrirait « le spectacle malvenu » d’une division entre les Vingt-Sept.

Portugal
Dans une tribune dans Les Echos, Carlos Moedas, secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre du Portugal, démontre que le Portugal est de retour sur le plan économique. Le pays vient de passer avec succès le troisième examen périodique de son programme d'ajustement économique. Equilibrer le budget de l'Etat, renforcer le système financier et transformer structurellement l'économie sont aujourd'hui les engagements de tout un pays. Le Portugal a réussi à réduire son déficit structurel de 4 points de PIB.

UK-Elargissement
Le ministre britannique des affaires européennes David Lidington a indiqué que son gouvernement est opposé à un moratoire sur l’élargissement de l’UE. La Grande-Bretagne est favorable à l’entrée de pays comme la Géorgie, la Moldavie, la Turquie et l’Ukraine, rapporte Les Echos dans une brève. (Les Echos)

Allemagne
Le conseil des ministres allemands a approuvé le pacte budgétaire, ce mercredi, mais sa ratification au parlement allemande devrait être plus difficile. La chancelière aura besoin d’une majorité des deux tiers et sa majorité pourrait lui faire défaut. L’opposition a déjà demandé l’inclusion d’une clause sur la croissance et l’emploi et l’introduction de la taxe sur les transactions financières. Ceci, alors que les libéraux de la coalition sont fermement opposés à ces deux propositions. (Figaro Eco)

Italie
Le professeur d'histoire Marc Lazar, auteur du livre "La France au miroir de l'Italie", répond à une interview de Libération sur les relations entre les deux pays au sein de l'UE. Selon lui, un axe franco-italien ne peut se substituer à l'axe franco-allemand, mais "un retour en force de la relation franco-italienne serait en revanche une excellente nouvelle pour l'Europe", après la parenthèse liée à "l'absence de crédibilité totale de Berlusconi". Si "la priorité de Monti est de restaurer la crédibilité de l'Italie au sein de l'ensemble de l'UE" selon Lazar, "consolider la relation franco-italienne" d'ici les élections italiennes au printemps 2013 restent très importantes pour lui, car Paris et Rome "sont des partenaires essentiels pour l'Union européenne".

contact : dominique.robert@europarl.europa.eu (+33) 01 40 63 40 07