Revue de presse quotidienne 11 octobre 2011
Parlement européen
Audition de M.Asmussen
Auditionné hier par les parlementaires européens, le secrétaire d'Etat allemand au ministère des Finances, qui doit entrer au directoire de la BCE, a affirmé qu'il n'y avait pas de crise de l'euro. "Il n'existe pas de crise de l'euro, c'est un mensonge. Nous avons une monnaie forte et stable, il faut le répéter partout dans le monde" a-t-il ainsi déclaré. (Les Echos)
Union européenne
Report du Sommet européen
Les dirigeants européens ont décidé de reporter leur sommet pour peaufiner leur réponse "globale" à la crise de la dette. Le sommet des Vingt-Sept et de la zone euro, prévu initialement les 17 et 18 octobre à Bruxelles, aura donc lieu le 23 octobre. "C'est reculer pour mieux sauter, même si l'on peut craindre qu'à force d'hésiter les Européens ne finissent par sauter dans le vide" écrit Les Echos. Mais les dirigeants de l'UE ont de nombreux points à régler, car la recapitalisation des banques et la décote de la dette grecque soulèvent de nombreux problèmes. Paris et Berlin ont donc quelques jours supplémentaires pour terminer leur plan de sauvetage de la Grèce et de renforcement des banques avant de soumettre leurs pistes aux autres pays. La méthode irrite certains de leurs voisins, écrit Le Figaro. "Nous sommes sur un volcan qui peut dynamiter à tout moment le continent", a estimé hier le Premier ministre, François Fillon. Le report du sommet est commenté de diverses façons dans la presse française. "Après plusieurs réunions décevantes et infructueuses, les Européens sont apparemment décidés à frapper un grand coup" estime Les Echos. Au contraire, L'Humanité juge que "l'UE s'enfonce dans le brouillard face à la crise" et tient pour preuve du "flou" ambiant le report du sommet. L'incertitude entourant le vote aujourd'hui du Parlement slovaque sur la réforme du FESF contribue également à faire monter la pression. "L'Europe suspendue au vote slovaque" titre La Tribune. L'opposition du Parti libéral, qui fait parti de la coalition au pouvoir, rend très incertain le "oui" slovaque. Un refus de la Slovaquie rendrait "caduque" la réforme du FESF. Selon le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso et le président du Conseil, Herman Van Rompuy, qui ont écrit une lettre aux autres membres du Conseil européen, la crise de la dette et le risque de la voir se répercuter à l'ensemble de l'économie mondiale devront être au centre des discussions du sommet du G20 à Cannes début novembre (Lefigaro.fr).
Qui dirige la zone euro ?
Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont réaffirmé, dimanche, depuis Berlin, le leadership franco-allemand sur la zone euro. Interviewé par La Croix, Karel Lannoo, Directeur du Centre for European Policy Studies (CEPS), centre de réflexion européen à Bruxelles, affirme que "Paris et Berlin décident de tout" et que "c'est de moins en moins à Bruxelles que les choses se passent". "Cela s'explique, en partie, par le fait que le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, nommé surtout par la France et l'Allemagne, est assez faible et soumis" poursuit-il. "On est en train de créer de nouvelles institutions, qui ne fonctionnent pas selon la méthode communautaire" explique également M. Lannoo. Les promesses franco-allemandes de dimanche dernier, qui ont revigoré l'euro et les places financières (Les Echos), étaient toujours discutées dans les médias français hier (Le Monde, radio et télévision).
Dette souveraine
Dans un commentaire sur le site Lepoint.fr, le journaliste Marc Vignaud estime que depuis le début de la crise, les dirigeants européens refusent d'envisager les solutions qu'ils sont ensuite contraints d'adopter. "Depuis le début de la crise, les dirigeants européens enchaînent les plans de secours, chacun censé apporter le remède miracle. Sans succès. Et chaque fois, la zone euro est obligée d'adopter de nouvelles mesures jugées inenvisageables quelques mois plus tôt", dit-il. Selon Marc Vignaud, l'exemple de la Grèce montre que les investisseurs n'ont jamais cru que la Grèce serait en mesure de tout rembourser comme le juraient la main sur le coeur les Européens.
Marché des dérivés
Avec l'envoi la semaine dernière par Bruxelles d'une « communication des griefs », la fusion entre Nyse Euronext et Deutsche Börse est entrée dans sa phase la plus sensible, propice à toutes les fuites. Selon Reuters, la Commission européenne aurait adopté une définition très restrictive du marché des dérivés cotés, ce qui pourrait poser de sérieux problèmes aux deux opérateurs boursiers pour obtenir le feu vert des autorités européennes. Ainsi, le marché de gré à gré des dérivés serait exclu du champ de l'étude de Bruxelles, qui se focaliserait seulement sur le marché réglementé. Or les deux entreprises combinées devraient détenir une part de marché de plus de 90% sur ce segment de marché. Interrogée, la Commission s'est refusée à tout commentaire, de même que Nyse Euronext. (lefigaro.fr)
Zone euro
Si l'on fait le bilan de l'action des dirigeants de la zone euro depuis l'éclatement de la crise grecque, un trait récurrent s'impose : leur propension à nier la réalité et à retarder jusqu'à la dernière extrémité les mesures attendues par les marchés, écrit ce matin Laurent Cohen-Tanugi, avocat aux barreaux de Paris et de New York, auteur de Quand l'Europe s'éveillera chez Grasset en 2011, dans Les Echos. Puissent le Conseil européen des 17-18 octobre, repoussé hier au 23 octobre, et le sommet du G20, début novembre, prendre des décisions à la hauteur des défis. (Les Echos)
Il n'y a pas de choix entre aider les États en difficulté au sein de la zone euro et aider les banques, écrit ce matin André Babeau, professeur à l'université Paris-Dauphine, dans La Tribune. Ces deux solutions ne sont pas substituables, mais complémentaires. Le FESF, la BEI, la BCE, et le FMI devront tous participer, à leur manière, au soutien des dettes souveraines pendant toute la période de restructuration, qui pourrait s'étendre sur plusieurs années, et les banques, appelées à un effort, devront voir leurs capitaux renforcés. (La Tribune)
Selon Jean Pisani-Ferry, directeur du think tank Bruegel, les rebondissements de la crise grecque masquent une évolution alarmante de la zone euro, à l'œuvre depuis l'été: les prémices d'une fragmentation apparaissent. Le premier signe est que les banques sont de nouveau réticentes à se prêter l'une l'autre. Le deuxième signe est qu'une banque tarifie son crédit plus cher à une entreprise d'Europe du Sud qu'à une d'Europe du Nord. Le troisième signe est que, aux yeux des investisseurs internationaux, les obligations publiques d'Europe du Sud n'appartiennent plus à la même classe d'actifs que celles du Nord. La cause principale de la fragmentation qui s'observe est la dépendance mutuelle des banques et des Etats. M. Pisani-Ferry propose trois réponses à cette tendance: l'intervention des banques centrales, la recapitalisation des banques et une baisse du risque souverain via la création d'euro-bonds (Monde Eco)
Pour éviter l'éclatement, l'Union monétaire doit refinancer banques et États, mais aussi tracer un chemin de croissance, écrit Martin Wolf dans Le Monde. Pour l'auteur, le sauvetage de la zone euro tient en deux paires d'éléments: la première, "encours et flux" ; la seconde "financement et ajustement". Les encours ont trait à la liquidation de l'héritage du passé. Les flux concernent le retour à une croissance économique durable. Financement et ajustement renvoient à la façon et au moment où il faudra déployer des efforts pour nettoyer les encours et rétablir la durabilité des flux.
Stress Tests
"Les tests de résistance des banques européennes n'ont pas été assez difficiles puisque Dexia les a réussis", a jugé hier George Osborne, le ministre des Finances britannique, devant des parlementaires. Il a également indiqué que le Premier ministre britannique, David Cameron, s'était entretenu avec le président américain, Barack Obama, sur la crise de la dette en zone euro, sans donner plus de détails. (Les Echos)
Contrat de vente européen
La Commission européenne va proposer aujourd'hui un contrat de vente standard valable pour l'ensemble de l'Europe. Viviane Reding, la vice-présidente de la Commission européenne et commissaire chargée de la Justice, veut ainsi aider les entreprises à faire du commerce hors de leurs frontières en réduisant les risques lors des transactions. Ses experts estiment que l'adoption d'un tel contrat libérerait jusqu'à 26 milliards d'euros de chiffre d'affaires supplémentaire pour les entrepreneurs européens, en leur permettant de tirer tout le profit d'un marché de 500 millions de consommateurs potentiels. Sur leur marché domestique, les entreprises continueraient en revanche à appliquer le droit de la vente nationale. "Sur près de 7000 managers français interrogés pour l'Eurobaromètre qui sort ce mardi, 70% opteraient pour un contrat européen s'il existait en B2C comme en B2B", signale La Tribune. Reste à convaincre non seulement les ministres et les députés qui vont se saisir du texte, mais surtout les utilisateurs potentiels du contrat. L'Union européenne des associations de PME juge pour l'instant le projet "non prioritaire", considérant que ce sont essentiellement les problèmes linguistiques qui limitent le commerce transfrontalier. Les unions de consommateurs quant à elles parlent d'une "réglementation expérimentale et risquée" qui "favorise unilatéralement les entreprises". Des critiques infondées, selon Mme Reding.
International RELEX
Conférence de Durban
Les Européens se préparent sans illusions pour la conférence sur le climat prévue du 28 novembre au 9 décembre à Durban, car ils savent ne pas être en mesure de forcer la main aux grands acteurs de cette négociation. Les ministres de l'Environnement des 27 Etats membres se sont retrouvés lundi à Luxembourg pour arrêter la position de l'UE, mais l'affaire n'a pas été aisée. Selon la ministre française Nathalie Kosciusko-Morizet, un débat "très tactique" a eu lieu entre la France, partisane d'une position "très volontariste" à un bloc plus "mesuré", formé par le Royaume-Uni, l'Allemagne et la Commission. (Les Echos)
Syrie
Dans une tribune dans Libération, les intellectuels Farouk Mardam-Bey et Emmanuel Wallon appellent l'Europe à prendre davantage de mesures en réponse à la crise syrienne. lus de 3000 morts, des dizaines de milliers de personnes arrêtées, dont près de 15 000 détenues, sans oublier d'innombrables tortures et mutilations, enlèvements et viols, "qu'attend l'Europe ?" demandent-ils. Les déclarations de «very deep concem» et les appels à «faire preuve du maximum de retenue» ne portent pas leurs fruits, et l'Europe porte une responsabilité particulière sachant que l'ONU est dans l'impasse. Il faut que l'Union européenne montre sans délai la voie aux Nations unies en adoptant les plus sévères sanctions qu'elle sera en mesure d'appliquer, en étendant le gel des avoirs, les interdictions de visa, l'embargo, etc. "L'Europe ne saurait attendre que la situation empire pour porter assistance à un peuple en danger" concluent les auteurs.
Egypte
Les ministres européens des Affaires étrangères ont exprimé leurs inquiétudes lundi au lendemain de la mort de 24 personnes lors d'affrontements au Caire entre des Coptes et la police militaire. Le secrétaire au Foreign Office, William Hague, s'est déclaré "très inquiet" et son homologue allemand, Guido Westerwelle, a jugé "inacceptables" les violences commises contre les membres de cette minorité religieuse égyptienne. Le ministre danois Villy Sovendal a souhaité une ferme condamnation des violences tout en admettant qu'il était "un peu effrayant qu'on en soit arrivé à ce point en Egypte". "Nous espérons réellement que l'Egypte va organiser ses élections avec la volonté que chaque personne fasse partie du processus électoral et pour protéger les gens quels qu'ils soient, où qu'ils soient et quelles que soient leurs croyances et leur foi", a dit Catherine Ashton, Haute représentante européenne pour les Affaires étrangères. Les élections législatives, les premières depuis le départ de Hosni Moubarak, doivent se tenir le 28 novembre, avec un début d'enregistrement des candidatures à partir de mercredi. (Challenges)
Nouvelles nationales liées à L'Union - France
Erasmus
Après un repli ces dernières années, le programme européen Erasmus a enregistré une progression de 6,9% du nombre de candidats au départ entre 2008-2009 et 2009-2010. Pour l'année 2009-2010, un nombre record d'étudiants français a bénéficié d'une bourse à la mobilité intra-européenne: près de 30 221. (Figaro)
Droit social
Le Conseil d'Etat français a confirmé que les moniteurs de colonies de vacances ont le droit à un repos quotidien, comme le prévoit un arrêt européen depuis l'an dernier. (France Info)
Fiscalité de l'énergie
Dans un commentaire sur le site Lemonde.fr, Frédéric Plan, Délégué général de la Fédération française des combustibles et carburants et membre du Conseil supérieur de l'énergie, estime que le moment semble venu de procéder à une révision d'ensemble des différentes taxations sur les usages énergétiques. Après l'abandon de la taxe carbone, la France indiquait son souhait de mobiliser l'Europe sur le sujet. Selon Frédéric Plan, la Commission européenne vient de faire une proposition très intéressante: la modification de la directive sur la fiscalité énergétique. "C'est une proposition cohérente, qui intègre la problématique de l'effet de serre", dit-il.
Nouvelles nationales liées à L'Union - Autres Etats membres
Grèce
Le gouvernement grec a annoncé hier que les discussions avec la mission des bailleurs de fonds internationaux à la Grèce - la Commission européenne, la BCE et le FMI - sont terminées. La conclusion du processus pour débloquer la sixième tranche de 8 milliards d'euros de l'aide à Athènes décidée en mai 2010 est proche, confirme Bruxelles. La sixième tranche devrait être versée à la mi-novembre. Mais la mission internationale ne tolérera plus à l'avenir de nouveaux dérapages budgétaires. "La Grèce est à la croisée des chemins", alerte Paul Thomsen, le chef de la délégation du FMI à Athènes (Les Echos). Selon La Tribune, Athènes aurait obtenu de la troïka que les porteurs privés soient davantage sollicités dans le nouveau plan d'aide.Le Premier ministre grec, George Papandréou, rencontrera jeudi à Bruxelles le président du Conseil européen Herman Van Rompuy. Les Echos publient aujourd'hui une enquête montrant "comment l'Allemagne vend son modèle économique à la Grèce".
Estonie
Selon Le Figaro Economie, malgré l'aggravation de la crise, l'Estonie, dix-septième et dernier pays à avoir adopté la monnaie européenne en janvier dernier, reste confiante dans l'euro. Le premier ministre estonien Andrus Ansip est confiant sur l'avenir de la zone euro et les bienfaits pour l'économie de son pays. "Nous partageons avec Paris les mêmes vues. Les pays doivent ratifier au plus vite le Fonds européen de stabilité financière (FESF) (...) Et il faut plus d'intégration économique", a-t-il précisé au Figaro, après sa rencontre, vendredi à Paris, avec son homologue François Fillon. Après deux années de sévère récession en 2008 et 2009, le petit Etat balte a renoué en 2010 avec la croissance et revu à la hausse ses prévisions pour 2011 (à 7% contre 4% précédemment).
Roms
L'Humanité présente aujourd'hui un projet inédit en cours à Saint-Denis: des Roms vont construire eux-mêmes des logements modulaires et écologiques, en guise d'alternative aux bidonvilles. Le projet, à la fois économique (moins de 80 000 euros la maison) et novateur, est suivi de près par la Commission européenne.
contact : dominique.robert@europarl.europa.eu (+33) 01 40 63 40 07



















