vendredi 11 novembre 2011

Revue de presse quotidienne 11 novembre 2011

MEP

A.Lamassoure
Libération revient sur la lente évolution au sein de l'UMP, notant que ses élus tout comme ses partisans approuvent peu à peu l'idée d'une gouvernance européenne plus importante. L'eurodéputé UMP Alain Lamassoure, qui prône la cause européenne depuis plus de 20 ans, note cette évolution et explique que les partisans s'accordent sur le fait que la France et l'UE ne peuvent plus « passer leur temps à faire des sommets de la dernière chance ».

Union européenne

Euro
Pour le journaliste du Monde Alain Frachon, l'euro « se porterait mieux » si la BCE disait « haut et fort qu'elle jouera le rôle de prêteur de dernier recours » pour les Etats les plus fragilisés. Une telle déclaration permettrait de « dissuader la spéculation » et de « rasséréner les marchés ». Les banques centrales des Etats-Unis, de Grande-Bretagne ou encore du Japon ont franchi ce pas que la BCE ne peut se permettre « parce qu'elle est liée à une doctrine qui prône la séparation des pouvoirs ». Nombre d'économistes déplorent cette posture. Le principal danger d'une telle intervention de la BCE serait qu'elle conduise à l'inflation.

BCE
Lorenzo Bini Smaghi a donné hier sa démission du directoire de la Banque centrale européenne (BCE). L'Italien était soumis depuis plusieurs semaines à une forte pression afin de laisser sa place à un Français depuis que son compatriote, Mario Draghi, avait été désigné pour succéder à Jean-Claude Trichet. (Figaro Eco)

Quelle vision pour l'Europe ?
Alors que l'Europe se débat pour sauver l'euro, les critiques fusent sur le manque de leadership au sein des grandes économies mondiales. La chancelière allemande Angela Merkel est particulièrement visée. On lui reproche une absence de vision quant à l'avenir de l'Europe, contrairement à son prédécesseur et mentor Helmut Kohl. "Cette critique est-elle fondée ?", s'interroge aujourd'hui l'ancien secrétaire adjoint américain à la Défense et professeur à Harvard Joseph S. Nye dans Le Figaro.

International RELEX

Tunisie
Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a laissé passer deux semaines avant de féliciter le parti Ennahda pour sa victoire lors des élections à l'Assemblée constituante du 23 octobre dernier en Tunisie. Le Monde souligne que, pour sa part, Catherine Ashton avait félicité le parti islamiste dès le 28 octobre. « Nous saluons les candidats et les partis qui ont pris part à ce processus démocratique, déclarait la chef de la diplomatie européenne, cosignataire d'un communiqué avec le commissaire en charge des relations avec les pays voisins de l'Union européenne (UE), Stefan Fuie. Nous félicitons également le parti Ennahda, qui a recueilli le plus grand nombre de voix. L'UE, ajoutaient-ils, se réjouit à  la perspective de collaborer étroitement avec la nouvelle Assemblée et les autorités et institutions tunisiennes pour répondre aux aspirations des Tunisiens à la démocratie, à la liberté, à la justice sociale et à  la dignité. » Peu après la victoire d'Ennahda, avait annoncé la mise en place d'«une « aidé économique massive » en faveur de la Tunisie, à condition que Tunis ne franchisse pas « les lignes rouges ». Cette déclaration avait mal perçue en Tunisie, mais, en début de semaine, Alain Juppé a délivré à Rachel Ghannouchi, chef d'Ennahda, « un message de confiance sans préjugé ni procès d'intention ».

Nouvelles nationales liées à L'Union - France

Plan de rigueur
Les médias français ont beaucoup commenté les prévisions économiques de la Commission pour 2011-2013 et notamment l'appel de la Commission à la France de passer de nouvelles mesures d'austérité. L'information a été longuement commentée dans les médias, jeudi, notamment à la télévision. Dans la presse, Le Figaro Economie concentre son analyse sur les prévisions économiques pour la zone euro (0,5% pour 2012), notant que la Commission n'exclut pas la possibilité d'une récession. Libération, en revanche, revient plutôt sur les dissensions entre Paris et Bruxelles, la France demeurant optimiste concernant ses objectifs déficitaires pour 2013, tandis que Bruxelles a exprimé sa crainte que l'objectif de 3% pour 2013 ne soit pas atteint sans de nouvelles mesures d'austérité. Les ministres de l'économie et du budget ont réagi dans un communiqué, dans lequel ils ont confirmé que l'objectif de 3% est parfaitement atteignable et insisté sur la détermination à l'atteindre. La ministre du budget était l'invitée du JT de 20h de France 2. Elle a souligné que la Commission a noté la réactivité de la France et a reconnu le budget de la France comme étant crédible et réaliste. France 2 a ouvert son JT en annonçant que la France était désormais dans l'œil du cyclone, avec les craintes de Bruxelles et l'écart record entre les taux d'intérêt allemands et français. Jacques Attali s'est montré très critique à l'égard de la Commission, au cours d'une interview accordée à France Info. Il a déclaré que la Commission aurait du exprimé ses craintes il y a longtemps et devrait l'appliquer à bien d'autres pays, tout en admettant que la situation de la France est catastrophique.  

Dans un entretien accordé au Figaro, Christian Noyer, Gouverneur de la Banque de France et membre du conseil d'administration de la BCE, se montre confiant sur le fait que la France sera en mesure de garder son triple A. Bien que la banque centrale prévoie une croissance au quatrième trimestre pratiquement au point mort, M. Noyer ne croit pas que la France sera touchée par la récession si la confiance des consommateurs peut être restaurée rapidement. Pour atteindre cet objectif et rééquilibrer le déficit, il estime qu'il est essentiel qu'un consensus politique général soit atteint, donnée fondamentale pour renforcer la crédibilité du pays. Il est également convaincu que les banques françaises sont parfaitement capables de faire face aux règles plus strictes de recapitalisation et que l'offre de crédit restera dynamique puisque la stratégie des banques est basé sur la relation avec leurs clients.

Situation des Roms
Le Conseil de l'Europe accuse Paris de discrimination envers les Roms et estime que l'expulsion collective de Roms à l'été 2010 est contraire à la dignité humaine car basé sur l'origine ethnique des personnes concernées. Il s'agit selon le Conseil de l'Europe d'une "violation aggravée des droits de l'homme". (France Info)

Permis de conduire
Le ministère de l'intérieur a présenté, ce jeudi, le futur permis de conduire à puce qui sera en place au 1e janvier 2013. Le futur permis intégrera une puce et est une application d'une directive européenne datant de 2006. (LCI)

Nouvelles nationales liées à L'Union - Autres Etats membres

Italie
Après la Grèce, l'Italie concentre l'attention des marchés, de Bruxelles et des autres États membres, qui craignent une contagion de la crise de la dette à la zone euro. "L'effet domino de la crise de la dette semble ne pas vouloir s'arrêter" écrit Le Monde. Alors que  les taux des obligations italiennes ont dépassé les 7% avant hier - se rapprochant des niveaux qui étaient ceux du Portugal et de l'Irlande quand ils ont dû faire appel à l'aide européenne - Christine Lagarde et Angela Merkel ont appelé l'Italie à une "clarification politique". "La dette transalpine, la quatrième au monde par son montant, va-t-elle faire vaciller l'Europe ?" s'interroge Aujourd'hui en France. Le FMI et Bruxelles augmentent la pression sur l'Italie, en demandant au pays d'adopter au plus vite les réformes promises après le départ annoncé de Silvio Berlusconi (ARTE). La France est désormais dans le collimateur des marchés, qui instillent désormais le doute sur la qualité de la dette souveraine de la France (Le Monde). Jeudi, l'écart entre les taux français et allemand à 10 ans a atteint un nouveau record. Par ailleurs, les banques européennes, et notamment françaises, se débarrassent de leurs dettes souveraines et font flamber les taux d'intérêt (Libération). La banque Crédit agricole affiche un résultat trimestriel de 258 millions, payant un "lourd tribu" à la Grèce (Le Figaro économie). Les banques françaises sont très exposées à la dette italienne (LCI). Ajoutant à la confusion, l'agence de notation Standard & Poor's a envoyé hier par mégarde un message annonçant qu'elle retirait son triple A à la France, rectifiant le tir quelques minutes après (Le Figaro, Libération, Aujourd'hui en France). Sur LCI, l'économiste Jean-Hervé Lorenzi critique les excès dans les annonces d'une Europe "au bord du gouffre". "Les pays européens ne vont pas faire faillite les uns après les autres", explique-t-il.

L'horizon du futur politique de l'Italie se dégage enfin, alors que ces dernières heures Christine Lagarde, Angela Merkel et la presse italienne dans son ensemble ont pressé ses acteurs d'accélérer la transition. Silvio Berlusconi devrait officiellement se démettre de son poste de président du Conseil samedi soir. Pressenti pour lui succéder, l'ex-commissaire européen Mario Monti, nommé sénateur à vie mercredi en fin d'après-midi et reçu hier soir par le président Giorgio Napolitano au Palais du Quirinal (siège de la présidence de la République), va participer aujourd'hui au Sénat au vote de la prochaine loi de finances, contenant les mesures de relance de la croissance réclamées par Bruxelles et la BCE, et devrait être appelé dimanche à former un gouvernement d'urgence nationale, qu'il pourrait présenter officiellement mardi ou mercredi. Entre temps, la loi de finances devrait être adoptée à la Chambre des députés samedi en fin d'après-midi. Les rumeurs d'une probable nomination de Mario Monti ont déjà eu hier un effet apaisant sur les marchés. Ce que la démission annoncée de Silvio Berlusconi n'était pas parvenue à faire. Au centre et à gauche, mis à part le populiste Antonio Di Pietro (24 députés sur 630), toute l'opposition se dit favorable à Mario Monti. La majorité qui a soutenu Silvio Berlusconi, en revanche, est au bord de l'implosion. Mais le président Giorgio Napolitano est opposé à la convocation d'élections anticipées en pleine crise monétaire.

Alors que la Commission européenne et la BCE ont débuté leur mission d'évaluation du programme italien d'économies et de réformes, Le Monde présente quatre scénarios pour empêcher la contagion à la Belgique, voire à la France de la crise de la dette italienne. Le gouvernement italien pourrait accélérer la mise en œuvre des privatisations et des réformes en vue de réaliser des économies supplémentaires pour équilibrer le budget du pays en 2013. Deuxième piste, le successeur de Silvio Berlusconi pourrait finalement solliciter une aide préventive du FMI et du FESF, ce qu'avait refusé le Cavaliere. Si elle perdait son accès aux marchés de capitaux, l'Italie pourrait être renflouée par le FMI et le FESF, à condition toutefois que leurs moyens soient renforcés. Dernière option, le FESF pourrait être transformé en banque afin de lui permettre de bénéficier des liquidités illimitées de la BCE. Reste que l'Allemagne et la BCE s'opposent à cette dernière éventualité, à l'inverse de la France et de la plupart des membres du G20.

Allemagne-EADS
Après des mois de tergiversations, le ministère de l'économie allemand a confirmé, mercredi 9 novembre, l'intention du gouvernement allemand de racheter au groupe Daimler 7,5% d'EADS. C'est la banque publique KfW qui fera l'investissement. Aucun représentant du gouvernement ne siégera au conseil de surveillance du consortium. Depuis plusieurs mois, Daimler, désireux de se recentrer sur ses activités dans l'automobile, martelait sa volonté de réduire sa participation dans EADS pour la ramener à 7,5%, contre 22,5% il y a cinq ans, afin de se retrouver au même niveau que le français Lagardère. "L'urgence avec laquelle la décision du gouvernement a été prise en dit long sur le climat d'instabilité qui règne, côté allemand, autour du partenariat industriel avec la France", commentait hier Le Monde.

Allemagne-Révision des traités
La crise de la dette dans la zone euro a propulsé l'avenir des institutions européennes au cœur du débat politique outre-Rhin. Le parti de la chancelière (CDU) planche sur une modification des règles de fonctionnement de l'UE. La chancelière a abandonné son habituelle prudence depuis quelques semaines et rode son discours sur l'Europe. Mercredi, Angela Merkel a ainsi affirmé qu'il était grand temps que l'Union européenne modifie ses règles de fonctionnement. "Il est temps de réaliser des progrès vers une Europe nouvelle" a dit Mme Merkel, qui pense que la difficile ratification du traité de Lisbonne ne doit pas empêcher l'Europe de se réformer.

Grèce
Lucas Papademos prêtera serment aujourd'hui en tant que premier ministre grec. Le nouveau premier ministre a fait une courte déclaration, jeudi, et ses premiers mots visaient à rassurer l'eurozone et regagner la crédibilité perdue de la Grèce. « Je suis convaincu que la participation de la Grèce dans la zone euro est une garantie de stabilité monétaire et un facteur de prospérité économique », a-t-il déclaré. Les médias français dressent le portait du nouveau premier ministre, notant qu'il a d'un profil d'économiste. Il a notamment été le bras droit de Jean-Claude Trichet à la BCE et s'est chargé du passage à l'euro en Grèce en tant que gouverneur de la banque central grecque.

contact : dominique.robert@europarl.europa.eu (+33) 01 40 63 40 07