mercredi 11 avril 2012

Revue de presse quotidienne 11 avril 2012

PE

Economies d'énergie
La presse spécialisée s'inquiète du refus de la France de suivre  la position adoptée par le PE en matière d'économies d'énergie. (batijournal.com, Energie2007.fr, Enerzine.com, Moniteur.fr)

ACTA
Numerama annonce le vote du PE pour cet été sur le projet de traité ACTA, alors que la mobilisation contre le texte se poursuit.

MEP

Procès Erika
Mme Lepage publie une tribune dans le NouvelObs.com sur les enjeux jurisprudentiels du procès Erika et le risque pour les affaires de pollution hors des eaux territoriales d'échapper à toute responsabilité pénal.

Banques
Pascal Canfin répond aux questions de Bastamag.net sur le comportement des banques au moment de la crise financière et les dangers de certains produits dérivés.

Gaz de schiste
M.Sonik prépare un rapport d'initiative sur les gaz de schiste aux quels il est favorable et propose des mesures de protection des normes environnementales et de sécurité. (lemonde.fr)

Plateforme Total
Sandrine Bélier répond aux questions de RFI sur les conséquences des fuites de la plateforme Total en Mer du Nord.

UE

TTF
Dans un article paru dans Libération ce 11 avril, le commissaire européen Janusz Lewandowski évoque les rumeurs sur la taxe sur les transactions financières qui serait impossible à mettre en œuvre, ou un moyen pour la Commission d’obtenir son indépendance. Il se dit favorable à un débat ouvert sur la question et explique ceux qui sont en faveur d’une telle taxe devraient pouvoir émettre leur opinion. Tout d’abord, il explique que le secteur financier devrait être taxé comme tout autre secteur. Ensuite, il ajoute que le budget de l’UE est financé à 80% par les Etats membres à l’heure actuelle et cela va à l’encontre du traité de Lisbonne. Il conclut en insistant sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un moyen pour la Commission d’obtenir son indépendance et « ne voit pas pourquoi cette idée serait mauvaise ».

Crise de la zone euro
Dans une tribune dans Les Echos, les professeurs de finance Augustin Landier et David Thesmar écrivent que la crise de l'euro est loin d'être résolue: les écarts de compétitivité et l'excès d'endettement des ménages, entreprises et États maintiennent la crise en Europe. L'austérité n'est pas une fatalité, affirment les auteurs, qui plaident pour une restructuration des dettes publiques et privées. La solution d'un défaut partiel de certains États de l'UE doit également être envisagée. Le fait de renégocier la dette va permettre aux opinions publiques d'accepter plus facilement les plans d'austérité sachant que le fardeau de l'ajustement sera partagé par les créanciers.

Malgré les récentes injections de liquide de la BCE, le bouclier européen commence à se fissurer, alors que la plupart des marchés boursiers de l'UE ont enregistré des pertes hier. Les marchés financiers s'inquiètent de la capacité de l'Espagne et de l'Italie à rembourser leurs dettes, tandis que l'écart de taux France-Allemagne grimpe encore. (Les Echos)

Dans son éditorial pour Les Echos, Dominique Seux évoque les effets concrets des mesures d’austérité dans le Sud de l’Europe et en Angleterre. Ces difficultés le conduisent à trois conclusions. Premièrement, la France ne s’en sort pas si mal. Deuxièmement, toute la difficulté tient entre la frontière entre austérité efficace et  purge contre-productive. Troisièmement, demander des mesures de croissance est populaire, mais cela ne fera ses effets qu’à moyen terme.

Pacte budgétaire
Dans Libération, un collectif de philosophes, de sociologues et de militants publie une tribune attaquant le pacte budgétaire européen. Selon les auteurs, le traité budgétaire va aggraver la crise au lieu de l'éloigner. Il va "aggraver le chômage, la pauvreté, les difficultés de logement, le délabrement des services publics et in fine les déficits". "En laissant aux marchés financiers le monopole du financement de ces déficits, le Pacte leur laisse également un pouvoir de chantage sans cesse accru" poursuivent les auteurs. C'est aussi la démocratie qui est mise à mal par ce nouveau traité, font-ils remarquer. Les technocrates de la Commission seront seuls maîtres du calcul de ce mystérieux «déficit structurel» et les sanctions seront désormais quasi automatiques. "Cette orientation inacceptable peut déboucher sur l'effondrement de l'Union européenne et le chacun pour soi" affirment les auteurs, qui souhaitent une sortie de la crise "par le haut" pour une Europe enfin affranchie de la tutelle des marchés. Pour cela, une puissante mobilisation citoyenne est nécessaire, tout comme l'organisation de référendums sur les questions européennes.

Ratios des banques
Le comité qui fixe les règles des banques au niveau international accepte de revenir sur ses scénarios trop sévères de fuite de dépôt des entreprises en cas de crise, tandis que Bruxelles travaille à une révision de fond d'ici à l'été. D'abord, Bruxelles envisage de supprimer le plafond de 40%, dans les réserves, alloué aux actifs jugés un peu moins liquides par le régulateur. Puis, l’Europe va améliorer les hypothèses de retrait et d'encaissement de Bâle III. (Les Echos)

International RELEX

Turquie
Dans une analyse parue dans Le Monde, Hugh Pope, directeur du projet Turquie/Chypre de l'International Crisis Group, estime que "le rapprochement de la Turquie avec l'Europe semble à l'arrêt". "Pour la Turquie, l'UE est hostile, dysfonctionnelle et empêtrée dans la crise de la zone euro" tandis que "Bruxelles voit d'un mauvais œil la persistance de violations des droits de l'homme en Turquie, les journalistes emprisonnés et l'absence de progrès sur le dossier kurde". L'auteur pense pourtant que "l'UE est une plate-forme fondamentale pour la Turquie". Pour sortir de cette impasse, Pope propose qu'"au lieu d'exiger de l'UE des droits qu'elle ne peut obtenir sans en être membre, la Turquie doit utiliser son influence régionale pour renouer avec l'Europe et coopérer sur le Moyen-Orient."

Syrie
Tous les journaux français relatent aujourd'hui le refus par le régime de Bashar el-Assad de mettre en oeuvre le plan Annan, censé entrer en vigueur hier à minuit. Pour Libération, "le régime syrien n'a toujours rien perdu de sa terrifiante arrogance" en affirmant avoir retiré son armée des centres urbains, ce qui n'est pas le cas. L'Observatoire syrien des droits de l'homme a annoncé que 52 personnes ont péri hier, "ce qui confirme bien l'échec de la nouvelle initiative diplomatique" selon le quotidien. Le Figaro partage cette analyse en évoquant "le double jeu d'el-Assad à l'ONU" et sa "surenchère sans limite". Dans son éditorial, le journal affirme que "le plan de Kofi Annan n'est, aux yeux d'el-Assad, qu'une diversion dont il peut se servir pour se maintenir au pouvoir". Le Monde et Les Echos parlent de l'intensification de la répression contre les civils et reviennent sur les tirs qui ont visé un camp de réfugiés syriens en Turquie, "ce qui a provoqué la fureur d'Ankara" et a irrité les Occidentaux qui craignent désormais une "libanisation" du conflit.

Droits de l'Homme-Chine
L’UE s’inquiète de la détérioration de la situation droits de l’homme en Chine, après que l’avocate et militante Ni Yu Lan a été condamnée à deux ans et huit mois de prison – et deux ans pour son mari – pour avoir aidé des hommes et femmes victimes d’expropriations menées par l’Etat chinois. Ni Yu Lan, qui a eu les rotules et les pieds brisés lors de sa première incarcération, va faire appel. ARTE montre Raphael Droszewski, de la délégation de l’UE en Chine, lire une déclaration exigeant la libération immédiate de Ni Yu Lan. ARTE souligne que Pékin fait tout pour étouffer dans l’œuf la contestation de la sentence par ses propres citoyens. La police chinoise a filmé toutes les personnes qui se sont rendus devant le tribunal pour protester contre le verdict, y compris la délégation de l’UE.

Nouvelles nationales liées à l'Union - France

Sernam
La décision des juges a été mise hier en délibéré. Mais la filiale de la SNCF ayant confirmé son offre de reprise et étant la seule en lice, tout le monde s'attend à ce que la décision lui soit favorable. (Ouest-France)

Radio numérique
Dans une brève parue dans Les Echos, il est rapporté que le CSA lance une consultation publique afin de changer la norme dans la radio numérique terrestre à la fin de la semaine dernière. La nouvelle norme DAB+ doit encore être approuvée par la Commission européenne.

Présidentielles
Même Le Financial Times réclame dans un éditorial une politique de relance. La preuve que François Hollande n'est pas isolé en Europe dans son exigence de croissance et que les lignes bougent, écrit Latribune.fr. L'édito du prestigieux quotidien britannique témoigne d'une évolution des esprits en Europe. Pour l'heure, les engagements des gouvernements européens pour favoriser la croissance sont plutôt minces.

Dans un point de vue dans Les Echos, deux économistes, conseillers de François Bayrou, critiquent les propositions de Nicolas Sarkozy en matière de finances publiques au-delà de 2012 pour atteindre l'équilibre budgétaire en 2016. Selon eux, "il ne serait pas surprenant que, quelques semaines après l'élection présidentielle, la Commission européenne demande au prochain gouvernement de revoir sa copie". "Nicolas Sarkozy réélu irait-t-il alors négocier à Bruxelles une nouvelle dérogation au non-respect des réductions de déficits, comme il l'a fait en 2007 ?" s'interrogent-ils.

Dans son édition « Economie », Le Monde consacre un dossier aux différentes positions et propositions des candidats à l’élection présidentielles. Seule ligne directrice à tous les candidats : se rencontrer sur les besoins de la France quitte à ignorer ceux qui ont voté « Oui » à la nouvelle constitution et à tourner le dos aux attentes des capitales européennes. Quelque soit le résultat du vote, il ne sera pas facile, écrit le Monde, « de saisir l’ampleur des transferts de souveraineté auquel le futur élu sera prêt à surmonter la crise des dettes souveraine ». Cette frilosité française attise les commentaires hors de l’Hexagone et pour certaines capitales, le protectionnisme des discours embarrasse. Lors d’une visite à paris en mars dernier, Herman Van Rompuy, président du conseil européen a ainsi déclaré : « Comment voulez vous que les gens aient une image positive de l’Europe si leurs leaders ne montrent pas qu’ils croient dans le projet européens ». Reste que, quelque soit l’issue du vote, le prochain président sera très vite jugé à ses actes en « matière de rigueur » écrit le quotidien. Le 20h de France 2 diffuse un reportage sur le fait que les candidats évitent d'aborder la question de la crise de la dette. Dans sa tribune dans L'Express, Jacques Attali fait remarquer que les candidats évitent les grandes questions de politique étrangère, alors même que le futur président aura à y répondre dans les cinq prochaines années, et notamment aux questions du fédéralisme et de l'élargissement de l'UE.

Dans une interview au Monde, Nicolas Dupont-Aignan, candidat de Debout la République à l’élection présidentielle revient sur les grandes lignes de son programme. « Je propose plus que la sortie de l’Euro, je propose de quitter l’Union européenne, dans la forme actuelle » explique-t-il. Il désire refonder l’Europe sur des bases « saines », ce qui passe par la sortie de l’euro et la « recréation » d’un système monétaire coordonné ». Il se défend par ailleurs des accusions de certains, concernant son européanisme convaincu. « Je pense être beaucoup plus européen que tous ces « eurocrates » qui sont en train de laisser le continent s’effondrer » souligne-t-il. Dans sa chronique à Libération, Bernard Guetta analyse cette interview et les prises de position sur l'Europe de Dupont-Aignan. Selon lui, "cet europhobe est un «européiste» qui s'ignore". Pour Guetta, Dupont-Aignan "confond la construction européenne et les politiques libérales menées en son nom, comme beaucoup des pourfendeurs de l'Union".

Dans une interview donnée aux Echos, Marine Le Pen expose son programme économique et ses critiques envers l'Union européenne. Selon elle, "nous avons besoin d'un peu d'inflation dans l'économie", étant donné que "les périodes légèrement inflationnistes ont coïncidé avec les périodes de plein-emploi". Pour la candidate du Front National à l'élection présidentielle, "l'euro n'est qu'une parenthèse de dix ans", "la spirale de la mort de l'euro est lancée, l'austérité est une absurdité. Il faut organiser le retour concerté aux monnaies nationales" ajoute-t-elle. Elle dit regretter le manque de débat sur l'euro en France et affirme que la zone euro n'a apporté qu'appauvrissement et chômage au continent européen. Enfin, elle conclut en estimant que "l'actualité me donne parfaitement raison : la crise de l'euro fait rage, l'Espagne est la nouvelle victime, qu'on ne pourra pas renflouer".

Ventes de lunettes en ligne
Une violente bagarre est engagée: des sites Internet prétendent vendre des « lunettes deux fois moins cher » qu'en boutique. Certains jugent cette concurrence déloyale, voire illégale. Sauf que, depuis 2008, la Commission de Bruxelles a mis le holà à la prohibition du commerce de lunettes correctrices sur la Toile, au nom de la santé publique. La vente en ligne n'est donc plus illégale en France. Mais un projet de loi Lefebvre aurait dû encadrer cette nouvelle concurrence. Las, le projet a été retiré de l'ordre du jour et le commerce en ligne peut donc se développer sans entraves. (Canard Enchaîné)

Nouvelles nationales liées à L'Union - Autres Etats membres

Espagne
La presse française revient sur les difficultés rencontrées par l’Espagne sur les marchés avec les bourses de Madrid plongeant de 3% et les taux d’intérêts atteignant le record de 5,99% ce mardi. Le Figaro Economie se demande si l’Espagne n’est pas le nouveau malade de l’Europe qui aura besoin d’aide fianncière, tandis que Le Monde et Les Echos analysent l’annonce du ministre des finances Luis de Guindos, ce lundi, selon laquelle les régions feront 10 milliards d’euros d’économie chaque année dans le secteur de la santé et de l’éducation. L’annonce est importante, puisque les régions sont responsables en grande partie du déficit et deux tiers de leur dépense va dans la santé et l’éducation. Comme le souligne Le Monde, les ministres ont multiplié les annonces pour rassurer les marchés sur le fait que le gouvernement tiendra ses promesses. Mais des experts cités dans Le Monde et Le Figaro Economie expliquent que le premier ministre a trop retardé les choses, notamment en annonçant son budget après 100 jours au gouvernement. La Commission a toutefois exprimé sa satisfaction concernant les récentes propositions du gouvernement espagnol, ce mardi.

Pays-Bas
S'inspirant de l'initiative du parti de Geert Wilders aux Pays-Bas, la formation d'extrême droite flamande, Vlaams Belang, a lancé hier un site Internet d'appel à la délation pour dénoncer les "dizaines de milliers d'illégaux", selon ce parti, dans les grandes villes de la Belgique. La Commission européenne a indiqué mardi, par la voix d'un porte-parole, qu'elle condamnait ce type d'initiatives, "qui ne correspondent pas aux valeurs que nous défendons". (La Croix)

contact : dominique.robert@europarl.europa.eu (+33) 01 40 63 40 07