Revue de presse quotidienne 9 septembre 2011
Députés européens
Lobbying
France Info consacre une émission aux lobbies en politique, à la fois au Parlement français (comme l'a montré les récents amendements des mesures d'austérité du gouvernement) et au Parlement européen. Le correspondant de France Info à Bruxelles, Quentin Dickinson, explique pourquoi les lobbies sont si développés au Parlement européen et à Bruxelles. Il donne l'exemple de Greenpeace comme lobby influent à Bruxelles, et explique que l'action des lobbies n'est pas forcément négative, contrairement à ce que pensent beaucoup de gens.
Union européenne
BCE
Le président de la Banque centrale européenne s'est lâché, hier à Francfort, à quelques semaines de la fin de son mandat, s'alarmant sur le peu de progrès réalisés pour mettre fin à la crise de la dette européenne (Libération). Il a fait porter à l'Allemagne et aux gouvernements européens l'absence de reprise, explique le journal. Étant donné "l'énorme degré d'incertitudes" qui règne, la BCE a radicalement modifié son diagnostic économique sur la zone euro et se prépare à un statu quo monétaire prolongé rapporte La Tribune. La BCE a sans surprise maintenu son taux directeur à 1,5%, mais son président a balisé le terrain en vue d'une pause prolongée dans le cycle de hausse. "De faucon, le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, se mue en colombe" titre le journal. Les déclarations de Trichet laissent augurer d'une baisse des taux si la conjoncture se dégradait encore plus (Les Echos).
Euro-bonds
L'Humanité revient sur la décision de la Cour constitutionnelle allemande « condamnant » les euro-obligations. Selon le journal communiste français, le but des euro-obligations est de restaurer la confiance des marchés dans la zone euro afin de pouvoir emprunter encore plus. Cependant, L'Humanité voit les euro-obligations comme un « outil de discipline budgétaire » et prédit que l'Allemagne les utilisera pour renforcer sa mise sous tutelle des politiques budgétaires des autres pays de la zone euro. Citant Jean-Claude Juncker, qui a déclaré que les euro-obligations pousseraient l'Europe vers une plus grande intégration politique, L'Humanité conclut que « les euro-bonds sont bien l'un des chevaux de Troie d'un fédéralisme musclé » et appelle la gauche européenne à les rejeter.
Crise financière
Dans un papier d'analyse paru dans Le Figaro, le correspondant à Bruxelles, Jean-Jacques Mével, note que la crise ramène le sujet du fédéralisme au cœur des discussions. Le ministre des finances allemand Wolfgang Schäuble s'est déclaré en faveur de « profonds changements dans le traité ». Le futur patron de la BCE Mario Draghi a déclaré : avec « la crise « nous sommes en train de découvrir que nous ne pouvons plus vivre dans l'inachevé ». Mais le concept de fédéralisme a toujours été fait tiquer, tandis que l'idée d'un « gouvernement économique » est plus appréciée. Herman Van Rompuy travaille sur ce dossier. Reste à convaincre les électeurs européens qui ont retardé le traité de Lisbonne.
Les leaders européens ont fait de nombreuses propositions pour renforcer la discipline budgétaire aux cours des précédentes semaines. Mais ils ont oublié que la Commission a déjà fait des propositions sur le sujet il y a un an de cela. Les Etats membres l'ont bloqué, car ils souhaitaient garder une certaine marge de manœuvre. Cependant, la présidence polonaise de l'UE a peut-être trouvé un compromis pour les Etats membres comme pour les eurodéputés, instaurant la nécessité de former une coalition d'Etats serait nécessaire pour bloquer des sanctions. La mesure concernerait non seulement la réduction du déficit mais aussi la réduction de la dette et les cas de « déséquilibre macroéconomique excessif ». (Les Echos)
Aide alimentaire aux plus démunis
L'organisation caritative Les Restos du Coeur a dit hier craindre une "catastrophe humanitaire" en Europe si les ministres de l'Agriculture, réunis le 20 septembre à Bruxelles, n'assurent pas le financement du Programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD). La Commission européenne a annoncé le 20 juin une baisse drastique de l'allocation au PEAD, ramenée de 500 à 113 millions d'euros pour 2012. (L'Humanité)
e Call
La Commission européenne veut équiper tous les véhicules légers du système d'appel automatique des urgences en cas d'accident. Selon Bruxelles, un eCall paneuropéen permettrait aux urgences de gagner du temps : 40% dans les zones urbaines et 50% dans les zones rurales. (France 2)
Médicaments
Alors que d'anciens collaborateurs du groupe Servier ont révélé que le laboratoire avait trafiqué les données des études cliniques sur le Mediator, un rapport de l'Agence européenne du médicament (EMA) annonçait mercredi 7 septembre que Servier aurait falsifié des données concernant un autre médicament, le Protelos, destiné au traitement de l'ostéoporose et lancé en 2004. Le laboratoire avait ainsi classé comme « non graves » deux cas d'effets indésirables du médicament ayant pourtant entraîné le décès de patients. Pour l'EMA, « il n'existe aucune procédure structurée pour assurer une détection fiable des signaux de sécurité par le laboratoire ». Le Monde rappelle qu'en France, 390.000 patientes ont pris ce médicament entre mars 2006 et mars 2010. Alors que la Commission de la transparence française avait dégradé le Protelos dans le classement des médicaments en 2011, l'EMA avait maintenu son autorisation de mise sur le marché. (Le Monde)
Terres rares
La flambée des prix des terres rares pourrait favoriser l'ouverture de sites de production à travers le monde et calmer les tensions sur ce marché dans une dizaine d'années, a déclaré à Reuters le responsable du Comité français des métaux stratégiques (Comes). D'ici là, l'exploration minière, notamment en Europe, ainsi que le développement d'une filière recyclage constituent autant d'options pour assurer l'approvisionnement industriel en "terres rares", ces 17 métaux essentiels dans les technologies de pointe. En vue de réduire sa dépendance, l'Union européenne est en train de constituer des stocks de terres rares, a déclaré mardi un porte-parole du commissaire européen à l'Industrie Antonio Tajani. (Challenges.fr)
International RELEX
Fidji
Le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a estimé hier à Auckland que le gouvernement militaire de Fidji avait fait "peu, voire pas de progrès" pour favoriser le retour de la démocratie. M. Barroso a souligné que l'Europe, qui avait gelé une enveloppe de 80 millions d'euros au titre de l'aide au développement après le coup d'état en 2006, maintiendrait ses sanctions jusqu'à la restauration de la démocratie. "Le peuple fidjien a évidemment besoin de soutien mais il faut aussi maintenir la pression sur le régime. Nous allons continuer d'oeuvrer pour que la démocratie soit rendue aux Fidjiens", a-t-il assuré. (lefigaro.fr)
Gaz russe
La Russie s'oppose à tout audit de ses contrats gaziers avec l'Ukraine par la Commission européenne a indiqué hier Moscou. Alors que la tension ne cesse de monter entre la Russie et l'Ukraine sur le prix du gaz russe, le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, a jugé mardi que « la Commission européenne pourrait s'engager dans l'audit des contrats » gaziers conclus entre Moscou et Kiev en 2009. (La Croix)
Libye
Le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen s'est entretenu avec une douzaine de journalistes, affirmant que l'opération en Libye "prouve qu'un leadership européen est possible", "même dans une phase de restriction budgétaire", rapporte Libération. "Cette opération montre les effets positifs de la pleine réintégration de la France" dans le commandement intégré de l'Alliance, a-t-il ajouté. L'opération libyenne a néanmoins une nouvelle fois révélé le fossé entre les capacités militaires des États-Unis et celles de leurs alliés du Vieux Continent. "En tout, les Européens ont plus de soldats que les États-Unis, mais nous ne pouvons pas les bouger" a-t-il expliqué, soulignant les carences européennes en matière de capacités de projection. D'où la nécessité de coopérations entre Européens pour de gros projets et de leur spécialisation en misant sur la complémentarité. Il y a vingt ans, les budgets de défense des alliés européens représentaient un tiers de l'ensemble de l'Otan, contre à peine 20% aujourd'hui. Par ailleurs, La Tribune publie un article sur l'enjeu pétrolier en Libye, tandis que Lepoint.fr évoque la mise en place de connexions internet en Libye avec l'aide de la Commission européenne.
Diplomatie européenne
Dans une tribune sur les prémices et les conséquences du 11 septembre, le philosophe André Glucksman affirme que l'UE a oublié la leçon du 11 septembre. Selon lui, les pays qui fêtent leur printemps ne semblent guère immunisés contre la peste du terrorisme, de l'intolérance, de la xénophobie et des guerres tribales. L'Union européenne incline au "laisser-faire des non-interventions, elle papillonne et se divise". Il affirme que les Européens courent le risque de chanter victoire trop vite en Libye: "l'après-Kadhafi se promet aussi tendu que l'après-Saddam". Enfin, il critique la "complaisance" de l'UE à l'égard de la Russie, qui soutient les Assad en Syrie. (Le Monde)
Syrie
La répression se poursuit dans la ville de Homs en Syrie alors que plusieurs personnes ont été tuées hier, rapporte Arte. L'Union européenne envisage des nouvelles sanctions contre le régime de Bachar Al-Assad. Le ministre des affaires étrangères Alain Juppé a dénoncé les "crimes contre l'humanité" du régime syrien. (Arte)
Etat palestinien Les Palestiniens ont lancé jeudi une campagne pour appuyer leur demande d'adhésion à l'ONU d'un Etat de Palestine. (lepoint.fr)
Ukraine
En visite à Paris le 7 septembre, Kostiantine Grichtchenko, ministre ukrainien des Affaires étrangères, a rappelé que son pays ne « plierait devant aucune pression » concernant le cas de l'ancien Premier ministre Ioulia Timochenko, incarcérée depuis un mois. Le Monde rappelle que le 3 septembre dernier, les ministres des Affaires étrangères de l'Union s'étaient réunis en Pologne, et avaient déclaré que l'accord de libre-échange ne pourrait être signé tant que le cas Timochenko n'était pas réglé. Ioulia Timochenko est poursuivie pour avoir outrepassé ses fonctions et signé des accords gaziers avec la Russie, jugés défavorables pour l'Ukraine. (Le Monde)
Accès au marché chinois
43% des entreprises européennes s'inquiètent de mesures discriminatoires prises par Pékin. D'année en année, le constat est plus amer et alarmiste. Le marché chinois est de moins en moins hospitalier pour les entreprises étrangères. Dans son rapport annuel, la Chambre de commerce européenne en Chine estime que malgré les promesses, Pékin multiplie les obstacles. « Des mesures récentes limitant encore davantage l'ouverture du marché soulèvent des questions quant à la volonté de créer pour tous les acteurs du marché des opportunités durables », constate le document européen. Cette année c'est notamment le secteur « vert » qui est touché par le protectionnisme chinois. D'une manière plus générale, de sérieux obstacles perdurent dans les secteurs de la construction, de l'automobile, des services financiers ou des télécommunications. (Figaro Eco)
Nouvelles nationales liées à L'Union - France
France Télécom
L'avocat général de la Cour de justice de l'Union européenne a recommandé jeudi de rejeter l'appel de France Télécom contre une décision de l'UE prise il y a sept ans qui imposait à la France de récupérer ses aides d'Etat accordées au groupe de télécoms. La Cour de Justice de l'UE doit se prononcer d'ici quelques mois. Dans 80% des cas, la Cour suit l'avis de l'avocat général. (lefigaro.fr)
Tarifs hospitaliers
La branche médecine/chirurgie/obstétrique de la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP-MCO) a annoncé jeudi avoir porté plainte à Bruxelles contre l'Etat français pour atteinte à la libre concurrence, dénonçant un « financement discriminatoire » entre public et privé. La FHP-MCO explique dans un communiqué avoir saisi la Commission européenne d'une plainte contre l'Etat français pour « financement discriminatoire, non justifié et préjudiciable entre établissements de santé publics et privés, au détriment des cliniques et hôpitaux privés ». (Liberation.fr)
Plan de rigueur
Dans son éditorial de Une, Le Monde pointe la "pusillanimité" du gouvernement au sujet de son plan de rigueur. Le journal reproche au gouvernement d'avoir cédé aux lobbies sur de nombreuses taxes qui auraient du être plus élevées, selon la première version du plan. Le Monde souligne le décalage entre les leçons constantes du gouvernement - sur la crise et les vertus financières - et ses actes.
Moratoire OGM
La Cour européenne de justice a déclaré hier le moratoire français sur le maïs OGM illégal. La ministre de l'écologie Nathalie Kosciusko-Morizet a réagi dans l'après-midi, déclarant que le gouvernement utiliserait une nouvelle clause de sauvegarde si le Conseil d'Etat suit la décision de la cour européenne. Les Echos note qu'on demande à la France de revoir sa copie plus pour des raisons de forme qu'autre chose. La France a basé son moratoire sur une directive de 2001 alors que la directive de 2003 lui impose de prévenir la Commission européenne au préalable et de justifier la présence d'un risque réel. Le porte-parole du commissaire John Dalli a commenté la décision, en expliquant que la France doit « tirer les conséquences du verdict » et que les négociations sur les OGM se poursuivent toujours à l'échelle européenne mais les Etats ne parviennent pas à s'accorder. (France Info)
Taxation des transactions financières
Le Commissaire européen à la Fiscalité sera ce vendredi à l'Elysée pour fixer rapidement les modalités de la taxe sur les transactions financières. Objectif : proposer une taxe au niveau européen le plus tôt possible, dès octobre, et mettre au point une stratégie pour la promouvoir à l'échelle mondiale, lors du sommet du G20 en novembre. Afin de limiter les risques de délocalisation, la Commission européenne prévoit la plus large assiette possible, et des taux très bas. Bruxelles propose que les recettes générées par la taxe (quelques 37 milliards de dollar) servent à financer le budget européen pour alléger de près de 23% les contributions des États membres, tandis que le ministre français des Affaires européennes Jean Leonetti envisage d'affecter les recettes au Fonds européen de stabilité financière (FESF). (La Tribune)
Nouvelles nationales liées à L'Union - Autres Etats membres
Grèce
Le ministre des finances néerlandais Jan Kees de Jager a évoqué, hier, une possible sortie de l'euro pour la Grèce, ajoutant à la pression grandissante sur la Grèce. « Si un pays ne souhaite pas satisfaire aux exigences alors il n'y a pas d'autre option que de la quitter », a déclaré le ministre. Le Commission européenne a réagi le jour même, par l'intermédiaire du porte-parole Amadeu Alfataj, rappelant que le traité de Lisbonne interdit toute sortie de la zone euro. La nouvelle intervient au lendemain des déclarations du premier ministre néerlandais qui a plaidé pour la création d'un poste de commissaire chargé de faire respecter le pacte de stabilité, proposant des sanctions pour les pays en faute. De son côté, le président de l'Autorité des Marchés Financiers Jean-Pierre Jouyet a évoqué hier une possible mise sous tutelle de la Grèce si le plan de sauvetage échoue (interview sur BFM TV). (Figaro Eco)
François Baroin, le ministre de l'Économie et des Finances français, qui présidera aujourd'hui et demain un G7 Finance à Marseille, explique dans une interview au Figaro que "si la Grèce veut bénéficier de la solidarité européenne, elle doit avoir conscience que cette aide est conditionnée à l'application stricte du programme qui a été défini". Il défend la solidité des banques européennes et affirme que le commissaire européen Michel Barnier travaille à une régulation très ambitieuse des ventes à découvert et des CDS souverains qui pourrait être adoptée avant la fin de l'année. M. Baroin se veut rassurant sur la participation du FMI au second plan d'aide à la Grèce. Il salue la décision de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe sur le premier plan d'aide. (Figaro Eco)
Allemagne
L'euro rapporte quelque 30 milliards d'euros à l'Allemagne chaque année, a calculé la banque publique KfW. Tout du moins, selon son économiste en chef, Norbert Irsch, le PIB allemand aurait été de 50 à 60 milliards d'euros inférieur, au cours des deux dernières années, si l'Allemagne n'avait pas été membre de la zone euro. Explication : les exportations allemandes profitent du fait que l'euro s'apprécie moins que ne l'aurait fait le seul deutsche mark, et qu'il a supprimé la possibilité pour les membres de la zone euro de dévaluer. L'euro a aussi permis d'avoir des taux d'intérêt plus bas et ainsi favorisé le financement de l'économie. La monnaie unique est donc une bonne affaire pour l'Allemagne. (Les Echos)
Le Monde revient sur la décision de la cour constitutionnelle allemande de valider le plan d'aide à la Grèce. De Paris à Bruxelles, chacun, en Europe, s'est dit satisfait que les juges allemands n'aient pas mis à bas le FESF. La pression politique sur les juges a été presque aussi forte que celle exercée sur la BCE, autre institution officiellement indépendante. Le président de la Cour, Andréas Vosskuhle, a indiqué que le vote avait été serré. Au moins trois des huit juges ont voté contre.
Italie
Le Conseil des ministres italien a adopté hier deux projets de loi constitutionnelle destinés à changer en profondeur la structure de l'Etat et à réduire considérablement ses coûts de fonctionnement. Le premier concerne l'inscription dans la Constitution d'une règle d'or budgétaire, sur le même modèle que celles adoptées en Espagne et en Allemagne. La seconde concerne l'abolition de 110 provinces, qui font souvent double emploi avec les 20 régions. Renato Brunetta, le ministre de la Fonction publique italienne affirme, dans un entretien aux Echos que, l'Italie est "le pays le plus vertueux d'Europe s'agissant du contrôle du déficit". "Si l'on cumule l'ensemble des collectifs budgétaires mis en place depuis le début de la législature, au printemps 2008, ce sont plus de 250 milliards d'euros qui auront été économisés, soit 50 milliards par an" calcule-t-il. Il rêve d'un rééquilibre des finances publiques en mai 2013, et défend également le principe de la règle d'or. (Figaro Eco)
contact : dominique.robert@europarl.europa.eu (+33) 01 40 63 40 07



















