Revue de presse quotidienne 09 novembre 2011
Union européenne
FESF
Après le FMI et la Commission européenne, c'est au tour de la BCE de dépêcher des experts à Rome afin d'évaluer la situation financière de l'Italie. Alors que l'avenir de Silvio Berlusconi à la tête du Conseil s'assombrit, le pays fait face à des coûts de financement de plus en plus élevés. Or, les moyens dont dispose le Fonds européen de stabilité financière (FESF) ne seront pas suffisants pour mener rapidement une action préventive. Face à l'urgence de la situation en Italie, les discussions sur le rôle de la BCE pourraient s'en trouver relancées. Les pays latins, les Etats-Unis et la Russie soutiennent l'idée d'adosser le FESF à la BCE afin d'en faire une véritable banque, une option rejetée par la BCE et l'Allemagne. (La Tribune)
BCE
De plus en plus d'intervenants de la sphère politique, économique et financière poussent pour qu'elle soutienne plus les pays fragiles de la zone euro comme l'Italie. La BCE résiste. Les Echos analysent ce que fait actuellement la BCE et ce qu'elle pourrait faire.
Plus let aux d'intérêt est élevé, plus la dette du pays augmente tandis que les marchés doutent de la capacité du pays à rembourser sa dette, surtout quand la croissance du pays est faible. C'est le cas de l'Italie et si l'Italie tombe, la France ne sera pas loin derrière. Les stratégies actuelles sont trop faibles pour calmer les marchés. La BCE est la seule institution à avoir virtuellement un pouvoir illimité, puisqu'elle peut émettre autant d'euros qu'elle le souhaite. (Les Echos)
Crise de l'euro
Dans un entretien avec Le Figaro, Jean Pisany-Ferry, directeur de l'institut Bruegel à Bruxelles, qui publie Le Réveil des démons : la crise de l'euro et comment nous en sortir, chez Fayard, affirme que "le système européen a réagi trop peu et trop tard à la montée de la crise et en cela a dilapidé l'énorme crédibilité dont bénéficiait l'euro."
Dans une tribune parue dans Le Monde, Mark Leonard, directeur exécutif de l'European Council of Foreign Relations, met en garde face à « la menace réelle » d'un éclatement de la zone euro. Il suggère trois pistes pour résoudre « la crise institutionnelle qui se cache derrière la crise de l'euro » : le statu quo, qui conduirait notamment à poursuivre « la marginalisation de la Commission » ; la création d'un ministère des finances assorti d'une base parlementaire et juridique pour le règlement budgétaire, ce qui permettrait à la Commission de poursuivre en justice un Etat qui ne respecterait pas les normes budgétaires ; la signature d'un accord d'union fiscale contraignant pour les 17 Etats membres de la zone euro. « L'ironie » de cette dernière option est qu'elle donnerait lieu « à une sorte de fédéralisme sans les fédéralistes », car la plupart des institutions paneuropéennes (dont la Commission) seraient exclues du nouveau noyau de l'euro, souligne t-il.
L'Express analyse le "putsch franco-allemand" aux sommets de l'UE et du G20 pour sauver la zone euro "au bord du gouffre". Allemands et Français ont "imposé leur loi" à Athènes et à Rome, mais "ce condominium peut difficilement constituer une solution durable à une Union européenne sans gouvernail". Les présidents Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso n'ont "ni pouvoir ni autorité" selon l'hebdomadaire. Dans l'article suivant, L'Express s'intéresse au leadership allemand pour fixer le cadre de la gouvernance économique de l'eurozone. Cela suffira-t-il ? s'interroge le magazine.
Fédéralisme
Le journaliste Bernard Guetta réagit à l'interview de l'ancien ministre des affaires étrangères Hubert Védrine (Libération, 4 novembre) sur le fédéralisme. Mr Védrine s'est prononcé en faveur du fédéralisme économique, mais a dénoncé l'autre fédéralisme qui serait une menace pour la démocratie. Le journaliste explique que Mr Védrine a complètement faux et poursuit en expliquant que le fédéralisme est la « seule voie démocratique s'offrant à l'Europe » et ne peut pas se résumer seulement au fédéralisme économique. Il est parfaitement possible d'opérer un changement sans réformer les traités. Les principaux partis européens formeraient des partis paneuropéens et la Commission européenne deviendrait le gouvernement.
Recapitalisation des banques
Le dossier de la recapitalisation des banques a occasionné hier de longs débats lors de la réunion à Bruxelles des ministres des Finances européens. Les dirigeants ont une nouvelle fois émis des inquiétudes sur la façon dont cette recapitalisation se fera, craignant que cela passe par des réductions drastiques des financements avec à la clef une crise du crédit. "Pour que tous les superviseurs nationaux puissent prendre les dispositions nécessaires pour assurer la bonne mise en œuvre du plan de recapitalisation, il faudra une approche législative au niveau européen", selon Michel Barnier, le commissaire au Marché intérieur. Au-delà, le débat a été plus vif entre Européens sur la nécessité de mettre en place un mécanisme de soutien aux banques pour leurs refinancements à moyen et long terme. (Les Echos)
Taxation des transactions financières
Le débat des ministres des Finances de l'Union européenne a montré que la taxe sur les transactions financières souhaitée par Paris et Berlin divise les capitales. Même au sein de la zone euro, on est loin du consensus. Dans le camp du "oui", la France et l'Allemagne, qui ont milité la semaine dernière au G20 à Cannes pour cette taxe, ont été suivis par l'Espagne, la Belgique, l'Autriche et la Finlande. Le camp du "non" est mené par la Grande Bretagne, la Pologne et la Suède. Mais le premier débat sur le thème a surtout montré que le camp des indécis était majoritaire. "L'Europe a beau mener le débat depuis des années sur cette question, la première discussion officielle sur le sujet a montré hier qu'il n'y avait en Europe finalement guère plus de consensus qu'au niveau du G20 pour une telle taxe" commente Les Echos.
Concurrence
La Commission européenne a mené, hier, des inspections inopinées dans le secteur des roulements à billes, soupçonnant des ententes. Le suédois SKF et l'allemand Schaeffler sont concernés. (les Echos)
Intolérance dans le sport
La Commission européenne a décidé hier d'accorder une subvention de plus de 2,1 millions d'euros à plusieurs associations européennes pour aider à lutter contre la violence et l'intolérance dans le sport et améliorer la gestion du sport en Europe. Au total douze projets vont bénéficier de ces fonds, s'est félicitée la commissaire chargée des Sports, Androulla Vassiliou. (lefigaro.fr)
International RELEX
Nord Stream
Entré en service mardi, le gazoduc sous-marin reliant la Russie à l'Allemagne fournira à terme 55 milliards de mètres cubes de gaz par an. L'inauguration s'est faite en grande pompe. Angela Merkel, Dmitri Medvedev, François Fillon mais également Mark Rutte, le Premier ministre des Pays-Bas, ou encore Günther Oettinger, le commissaire européen à l'Énergie, ont fait le dé placement. Nord Stream met en lumière la dépendance grandissante de l'Europe vis-à-vis de son voisin russe. Ce pays compte actuellement pour 33% des importations européennes de gaz naturel et est promis à peser toujours plus dans le panier énergétique européen. Soulignant que « la Russie joue un rôle stratégique pour l'approvisionnement énergétique de l'Union européenne », François Fillon précisait à Lubmin qu'inversement l'Europe est « le débouché énergétique majeur » de ce pays. Une façon de dire que chacun se tient réciproquement par ses intérêts. Les projets South Stream et Nabucco (visant à acheminer du gaz venu de la Caspienne directement en Europe) sont loin d'être bouclés. (La Tribune)
Nucléaire iranien
La tension est montée la semaine passée à l'approche de la publication du rapport de l'AIEA sur le nucléaire iranien. Le rapport, publié ce mardi, devrait rassembler des preuves sur l'objectif militaire du projet nucléaire iranien, mais le président de l'AIEA ne devrait pas clairement exprimer son opinion sur le sujet. La semaine précédente a été marqué par une escalade entre Israël et l'Iran culminant, dimanche, avec les propos du président Shimon Peres qui indiquait que « la possibilité d'une attaque militaire contre l'Iran est plus proche qu'une option diplomatique ». La Russie et la France ont exprimé leur inquiétude quant aux effets désastreux de telles attaques. Un expert indique que cette escalade est un moyen pour Israël de faire monter la pression sur la communauté internationale afin d'obtenir plus de sanctions contre l'Iran (lexpress.fr).
Nouvelles nationales liées à L'Union - France
Plan de rigueur
Les médias poursuivent leur couverture du nouveau plan de rigueur présenté par le Premier ministre François Fillon lundi, s'intéressant à divers angles tels que la hausse masquée des impôts, les conséquences sur la campagne présidentielle, l'impact du plan sur les ménages, les réactions de l'opposition, etc. Dans une analyse parue dans Le Monde, Claire Guélaud écrit que ce plan marque un tournant, car la droite a décidé de s'attaquer au coût du modèle social français. Le Figaro fait remarquer que "les hypothèses de croissance retenues par le gouvernement pour parvenir à l'équilibre en 2016 (1% l'an prochain, 2% ensuite) sont incertaines". Les Echos explique que le prochain président va avoir à respecter l'engagement de réduction des déficits ainsi qu'une autre contrainte, à savoir la nécessité de consulter Bruxelles et les autres États membres avant d'adopter tout programme important de réforme.
La vision de l'Europe de M.Sarkozy
Nicolas Sarkozy a défendu hier à Strasbourg, lors d'un débat avec des étudiants, l'idée d'une Europe à deux vitesses, fédérale pour les 1 7 pays de la zone euro et confédérale au niveau des 27 membres de l'Union européenne : « Nous sommes 27. Il faut, à l'évidence, qu'on s'ouvre à terme aux Balkans. On sera 32, 33 ou 34. Personne ne pense que le fédéralisme, l'intégration totale, c'est possible à 33, 34, 35 pays », a-t-il expliqué. (Les Echos)
Nouvelles nationales liées à L'Union - Autres Etats membres
Italie
Tandis que la pression des marchés et de l'Europe pousse Berlusconi à la démission, le vice-président de la Commission européenne Olli Rehn a jugé la situation économique italienne "très inquiétante". Selon les ministres des finances de la zone euro, l'Italie entre dans le "cercle vicieux" et la "spirale" de la dette, avec des taux d'intérêts en hausse qui avoisine désormais les 7%. Selon Le Figaro économie, "l'attaque des marchés est disproportionnée lorsque l'on compare le niveau d'endettement des différents pays de la zone euro". Dans une tribune dans Les Echos, Jacques Hubert-Rodier parle de " l'insoutenable position de l'Italie", dont l'économie est trop importante pour pouvoir bénéficier d'un plan de sauvetage comme la Grèce. L'Italie a besoin à sa tête d'un "personnel rigoureux" pour présenter un plan de redressement crédible et sérieux.
Le vote du mardi à la chambre des députés en Italie sur le bilan des comptes 2010 de l'Etat a montré quel le chef du gouvernement Silvio Berlusconi a perdu sa majorité. Le premier ministre en a tiré les conséquences et a indiqué au président qu'il rendrait sa démission dans les prochains jours, suite à l'adoption du budget 2012 qui doit avoir lieu d'ici à la fin de la semaine. (20 Minutes)
UK
David Cameron a déclaré vendredi dernier que Londres se prépare à une possible disparition de l'euro. Il y a beaucoup d'éléments en jeu pour le gouvernement britannique qui cherche ainsi à rassurer la City, tandis que les banques britanniques se trouvent très exposées aux obligations de la zone euro. Or la zone euro est le premier partenaire commercial. (Le Monde)
Grèce
La Commission européenne a insisté hier pour obtenir un engagement écrit des socialistes et de l'opposition conservatrice en Grèce qu'ils tiendront leurs promesses d'économies budgétaires, peu après que la droite a refusé cette condition. La zone euro attend "une confirmation écrite des engagements" de la Grèce en la matière, a déclaré le vice-président de la Commission européenne Olli Rehn, lors d'une conférence de presse à Bruxelles. Un peu plus tôt hier, le dirigeant de la droite grecque Antonis Samaras s'était engagé à respecter l'accord européen sur le deuxième plan d'aide à la Grèce, mais il avait laissé entendre qu'il n'allait pas le signer par écrit. "L'incertitude provoquée par l'Italie nous oblige à avancer d'une façon plus rapide et plus efficace pour garantir les choses positives et les acquis de l'accord du 26 octobre", a pour sa part expliqué Georges Papandréou pour justifier les pressions croissantes de l'UE, au cours d'un Conseil des ministres extraordinaire. (Challenges.fr)
Dans une tribune parue dans L'Express, Philippe Manière revient sur le débat de la semaine précédente sur le référendum grec. Mr Manière ne comprend pas pourquoi le plan de Mr Papandréou a été si controversé et explique qu'il s'agit du jeu démocratique, bien qu'il admette que le premier ministre grec aurait dû consulter ses partenaires européens en amont. La crise actuelle va mener à plus d'intégration ou à un détricotage. Dans le cas de l'intégration, qui signifierait la fin de la levée de l'impôt, il est essentiel de consulter le peuple.
L'ancien vice-président de la Banque centrale européenne, Lucas Papadémos, était pressenti, hier, pour prendre la succession de Georges Papandréou en tant que Premier ministre d'un gouvernement transitoire de technocrates en cours de constitution en Grèce. Le Pasok socialiste et la Nouvelle Démocratie conservatrice ont en effet décidé de mettre en place une "coalition des cent jours" appelée à diriger le pays jusqu'aux élections anticipées de février prochain et chargée d'obtenir l'aval du Parlement sur le plan de sauvetage de 130 milliards d'euros élaboré par l'UE. Proche conseiller jusqu'ici de Georges Papandréou, le chef du gouvernement démissionnaire, diplômé du MIT, M. Papadémos est considéré comme l'économiste grec le plus prestigieux. Selon Le Figaro, sa candidature serait notamment soutenue par la jeune génération des députés du Pasok et de Nouvelle Démocratie, qui auraient fait pression sur leurs leaders pour accepter la formation d'un gouvernement d'union nationale. L'Humanité rapporte toutefois que le représentant grec au FMI, Panayotis Roumeliotis, et le juriste Nikiphoros Diamantouros étaient également cités hier comme des candidats sérieux. Défenseur, à l'instar de Jean-Claude Trichet, d'une stricte orthodoxie de l'action de la BCE quand il y était, Lucas Papadémos estimait que les gouvernements doivent assumer la pleine responsabilité de la gestion de la dette de leur pays. A sa place de gouverneur de la banque centrale grecque, le nouveau leader d'Athènes a piloté le passage de la drachme à l'euro, devise à laquelle il est très attaché comme la majorité de ses concitoyens. Parmi ses qualités, mentionnent Les Echos, il y a un carnet d'adresses international très fourni. Lucas Papadémos est membre du groupe européen de la commission trilatérale depuis 1998 dont le président n'est autre que Mario Monti, que les politologues transalpins donnent comme le successeur le plus probable de Silvio Berlusconi.
Hongrie
La Hongrie organise sa première opération de recensement depuis son entrée dans l'Union européenne. Les questions de religion et d'identité ethnique sont facultatives dans le recensement. (Le Monde)
contact : dominique.robert@europarl.europa.eu (+33) 01 40 63 40 07



















