Revue de presse quotidienne 08 novembre 2011
Députés européens
Situation de la Grèce
Des eurodéputés socialistes et libéraux suggèrent d'accompagner le plan de relance en faveur de la Grèce d'un volet portant sur sa croissance. Ils souhaiteraient que ce plan de relance soit adopté avant le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement du 9 décembre, à charge pour la Commission de le relayer et de le présenter devant le Conseil. Selon Le Monde, le groupe libéral et démocrate au Parlement européen serait susceptible de se rallier à cette initiative.
P.Canfin
Dans un entretien au Monde, l'eurodéputé (Europe Ecologie Les Verts) Pascal Canfin estime que les pays riches doivent se préparer « à une nouvelle donne, une croissance molle, voire nulle ». Concernant la France, il estime l'objectif de ramener le déficit public sous la barre des 3% du PIB en 2013 sera « impossible » à tenir, « car une telle austérité engendrerait une récession plus grave encore que celle qui se dessine ». Interrogé sur le financement de la conversion écologique que son parti propose en vue de l'élection présidentielle de 2012, Pascal Canfin rappelle que « la Commission européenne estime qu'il faut consacrer 2,5% de PIB par an aux investissements verts pour lutter réellement contre la crise écologique ». Il estime que les 15 à 20 milliards d'euros annuels nécessaires au financement de l'économie verte pourraient provenir, d'une part, de l'instauration d'une fiscalité sur les énergies renouvelables, et de la réallocation des dépenses « anti-écologiques », comme l'exonération de TVA sur le kérosène d'autre part.
Union européenne
EcoFin
Les dix-sept ministres des Finances de l'Eurogroupe réunis à Bruxelles ont promis hier soir que le FESF pourra réaliser en décembre toutes les nouvelles missions qui lui ont été confiées par les chefs d'Etat le 27 octobre dernier. Ils ont demandé à son directeur Klaus Regling de consulter dans les jours qui viennent les "opérateurs de marché" pour étudier avec eux les meilleures options pour démultiplier les capacités d'investissement du fonds de stabilité. Les grandes lignes de sa réforme seront arrêtées avant la fin du mois, pour mise en place définitive en décembre, a assuré le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker. Les pays membres de la zone euro ont également salué hier soir l'annonce de la formation d'un gouvernement d'unité nationale en Grèce. Mais la zone euro se prononcera plus tard sur le versement d'une aide d'urgence de 8 milliards d'euros à Athènes, attendue depuis l'été. L'enjeu est que le nouveau gouvernement s'engage formellement, par écrit et tous partis confondus, à mettre en œuvre scrupuleusement le plan européen du 27 octobre et les mesures de rigueur qui le sous-tendent. L'Italie et sa dette de 1 900 milliards ont aussi été maintenues sous pression. Le ministre des Finances, Giulio Tremonti, a expliqué hier comment et quand Rome va appliquer le plan d'austérité détaillé au G20 par Silvio Berlusconi. Il s'agit de relever l'âge de la retraite, d'accélérer les privatisations et de rendre le marché du travail plus flexible pour atteindre l'équilibre des finances publiques en 2013. (France 3)
Moody's
Alors que dans quelques jours (probablement dès mardi prochain), la Commission européenne doit dévoiler son troisième volet de la réglementation des agences de notation, le président de Moody's Michel Madelain a envoyé une lettre à la Commission européenne (Messieurs Barroso, Barnier et Rehn) et à la présidence polonaise de l'UE pour exprimer ses inquiétudes. "Prise en globalité, l'ensemble des mesures proposées pourraient, si elles sont mises en application, perturber l'accès au marché de capitaux pour les États européens comme les sociétés, augmenter la volatilité sur les marchés de crédit et entrer en contradiction avec l'objectif politique d'une réduction de la dépendance à la notation", avertit le courrier. (La Tribune)
Zone euro
Dans un pays démocratique, il faut obtenir l'aval des électeurs ou de leurs représentants pour mener une politique économique, surtout en période de crise. Cette évidence, oubliée par les techniciens de la finance et les dirigeants euro, est rappelée par les péripéties de la politique intérieure grecque. Et celles-ci ne font qu'ouvrir une séquence qui va se poursuivre avec les élections espagnoles du 20 novembre, une possible chute du gouvernement de Silvio Berlusconi en Italie et le scrutin présidentiel français d'avril 2012. En réalité, la dégradation de la situation économique depuis le début de l'été, aggravée par les mesures d'austérité infligées aux populations, écorne de plus en plus les "seules voies possibles" successivement présentées par l'Europe pour solutionner la crise de la dette. Les petites effectuées ne sont malheureusement pas suffisantes pour calmer les marchés et un plan B est nécessaire. D'autres voies sont possibles, explique Le Monde économie. (Le Monde Eco)
Dans une tribune dans Le Monde économie, Pierre-Cyrille Hautcoeur s'intéresse au conflit entre les intérêts nationaux et le besoin de coopération au sein de l'UE. L'accord sur la Grèce a été lu partout en termes d'intérêts nationaux, selon l'auteur. "Non élus, les présidents du Conseil européen ou de la Commission n'ont pas la légitimité nécessaire pour imposer un accord sur des bases politiques s'appuyant sur le Parlement de l'Union européenne" regrette-t-il. En l'absence de gouvernement européen et d'une véritable vie politique de l'UE, les exécutifs nationaux tendent en cas d'échec à rejeter la culpabilité sur les dirigeants ou les peuples étrangers.
Avenir institutionnel de l'UE
Le Monde publie des extraits du discours prononcé le 3 novembre dernier par Joseph Ackermann sur « L'Europe et les marchés financiers ». Le président du directoire de Deutsche Bank se dit « convaincu que l'unité européenne a besoin d'une nouvelle raison d'être » ; Selon lui, la poursuite de l'unification européenne « n'est plus une question de guerre ou de paix, ni surtout d'argent et de prospérité, mais plutôt de liberté et d'autodétermination ». Il plaide en faveur d'un renforcement des fondements institutionnels et constitutionnels de l'Europe. Pour Josef Ackermann, l'union monétaire ne peut fonctionner qu'à condition de « limiter la marge de manœuvre discrétionnaire des gouvernements et Parlements nationaux ». Il estime également que l'idée d'un commissaire européen chargé du budget, doté de « réels » pouvoirs d'intervention et de sanction, « mérite d'être vivement encouragée ».
Approvisionnement énergétique
Gazprom s'apprête à mettre en service le gazoduc Nord Stream, issu d'un partenariat industriel avec plusieurs grands groupes européens d'énergie et de chimie (GDF Suez, BASF, E.ON et Gasunie). D'une longueur de 1 224 km, ce gazoduc relie les gisements russes à l'Allemagne. Le premier producteur mondial de pétrole et de gaz cherche à devenir producteur en Allemagne, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas. Selon Le Monde, la Commission européenne, « voit d'un très mauvais œil les Etats membres faire ainsi cavalier seul pour assurer la sécurité de leurs approvisionnements ». Gunther Oettinger, commissaire européen chargé de l'énergie, souhaite que « l'UE et les Etats membres parlent d'une seule voix ». Bruxelles préparerait ainsi un texte visant à obliger les Etats membres à lui demander son accord avant de signer un contrat avec un pays tiers, en particulier avec la Russie. Or, estime Le Monde, il y a peu de chances que les Etats membres ne se plient aux injonctions de la Commission. « Tant qu'il n'y a pas de politique commune, en quoi la Commission aurait-elle son mot à dire », s'interroge le patron d'un grand groupe européen de l'énergie. (Figaro Eco)
François Rachline, conseiller spécial du président du Conseil économique, social et environnemental et professeur à Sciences po, publie ce matin dans Les Echos une analyse sur les liens entre croissance soutenue et choix d'un paradigme énergétique, en revenant sur l'histoire des grandes mutations d'un modèle économique à l'autre au cours des derniers siècles. "Puisque la grande question d'aujourd'hui est la conservation des énergies, l'Union européenne devrait concentrer ses forces sur cet avenir", écrit-il.
Facebook
Un ultimatum fixé par l'Etat de Hambourg au réseau social Facebook pour qu'il renonce aux données biométriques a expiré cette nuit. Selon les "sentinelles de la vie privée" allemands, l'outil de reconnaissance des visages du site menace la vie privée des usagers. Par ailleurs, la vigilance allemande souligne les lacunes législatives européennes en matière de protection des données à caractère personnel. Commissaire européenne en charge de la justice, la Luxembourgeoise Viviane Reding doit faire des propositions de réforme législative en janvier prochain pour modifier la directive européenne de 1995. (La Croix)
Libéralisation du secteur ferroviaire
Après quatre ans de préparation par la Commission, le Parlement européen doit examiner, du 15 au 17 novembre, la refonte du « premier paquet ferroviaire ». Avec ces mesures élaborées entre 1991 et 2001 pour réorganiser l'espace européen, Bruxelles espère « simplifier le cadre règlementaire en Europe » et « éviter les distorsions de concurrence ». (L'Humanité)
Pomme de terre OGM
Le groupe chimique BASF a déposé auprès de l'UE une demande d'autorisation de culture et de commercialisation d'une variété de pomme de terre génétiquement modifiée. Baptisé « Fortuna », ce légume dérivé de la pomme de terre Fontana « va apporter des bénéfices décisifs à l'agriculture », promet BASF, qui met en avant ses gènes de résistance au mildiou. Cette maladie serait responsable de la perte de 20% des récoltes mondiales de pommes de terre. BASF espère commercialiser sa pomme de terre OGM en 2014-2015, mais l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) doit encore se prononcer sur les éventuelles conséquences de la culture de « Fortuna » sur l'homme, les animaux et l'environnement. (Le Monde)
International RELEX
C.Lagarde
De passage hier à Moscou pour discuter avec le président russe Dmitri Medvedev des modalités d'une possible aide de la Russie et des autres "BRICS" à la zone euro, la directrice du Fonds monétaire international Christine Lagarde est restée évasive à l'issue de son entretien au Kremlin. La Russie, comme la Chine, veut intervenir via le FMI et demande, en échange, un rôle accru dans les décisions au sein de l'institution. (Les Echos)
Nouvelles nationales liées à L'Union - France
Plan de rigueur
Les médias français couvrent largement l'annonce hier par le gouvernement d'un plan de redressement de 7 milliards pour 2012 (qui s'ajoute au précédent plan de 11 milliards d'économies), marqué par l'accélération de la réforme des retraites et par des hausses générales d'impôts. Objectif : sauver le triple A de la France et mettre la gauche au pied du mur. "Le mot de faillite n'est plus un mot abstrait" a prévenu M. Fillon, appelant à des "sacrifices" pour sortir de la spirale de la dette. "Un pari économique et politique risqué" commente Les Echos. L'éditorial de La Tribune note la "triple injonction contradictoire" du plan: "rassurer les marchés sur la crédibilité de la signature de la France, sans provoquer la colère de la rue ni casser plus encore la (faible) croissance". Le journal ajoute que tous les gouvernements européens qui ont dû prendre, sous la pression des marchés financiers, des mesures impopulaires pour réduire à marche forcée leurs déficits sont aujourd'hui soit sur le départ (Papandréou, Berlusconi), soit mal en point (Zapatero, Cameron). De nombreux éditoriaux se concentrent d'ailleurs sur la signification politique de ce nouveau plan d'austérité pour Nicolas Sarkozy en vue de la présidentielle de 2012. Dans une interview accordée à France Soir, l'économiste Jean-Paul Fitoussi affirme que la France n'a "pas d'autre issue que de mener une politique de rigueur", mais qu'au niveau européen "la politique de rigueur généralisée est une erreur". Dans une interview accordée à La Tribune, Jérôme Cahuzac, président de la Commission des finances de l'Assemblée nationale, critique le plan de rigueur et pronostique un troisième plan de rigueur cet hiver.
Nanotechnologies et santé
Selon B Francis Kessler, maître de conférences à l'université Paris-I, après le scandale de l'amiante et les insuffisances aujourd'hui avérées de la réglementation du bisphénol A, une nouvelle catastrophe sanitaire est prévisible pour les travailleurs manipulant des « nanomatériaux ». L'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail note dans son avis sur les dangers posés par les nanomatériaux au travail que « Les dangers identifiés reposent sur : la mise à jour des données sur la toxicité humaine des nanomatériaux (effets notamment pulmonaires, cutanés, oculaires, vasculaires, digestifs...), la génotoxicité, le danger d'explosion, et sur les données disponibles en matière d'écotoxicié des nanomatériaux ». Or, ce sont les institutions communautaires qui, agissant de concert, sont dotées du pouvoir d'édicter des normes harmonisées dans le domaine de la santé au travail et dans celui de la santé publique. Depuis 1989, nombre de questions d'hygiène et de sécurité au travail sont régies par des règles communautaires intégrées dans la législation nationale. Mais l'activité législative européenne a nettement ralenti depuis dix ans. (Le Monde Eco)
Nouvelles nationales liées à L'Union - Autres Etats membres
Grèce
Les négociations entre socialistes et conservateurs sur la composition du futur gouvernement grec ont piétiné hier, malgré l'urgence. Il n'est plus aussi certain que l'ancien vice-président de la BCE Lucas Papadémos va succéder à Georges Papandréou. En plus des nombreux articles sur la politique interne grecque, plusieurs éditoriaux reviennent sur la situation générale de la Grèce. Selon l'économiste Bruno Amable dans Libération, "qui aurait souhaité démontrer le caractère antidémocratique de la construction européenne aurait pu difficilement trouver un meilleur exemple que l'histoire du référendum grec". Dans Le Figaro, Renaud Girard écrit que même s'il "n'est guère contes table que la formation à Athènes d'un gouvernement d'union nationale soit une bonne nouvelle" à court terme, la Grèce n'est "pas pour autant tirée d'affaire" à moyen et long terme. Dans son éditorial de Une, Le Monde salue le "courage" de Georges Papandréou et pointe les conséquences de la crise de la zone euro sur les dirigeants de chaque pays, souvent menacés. Dans Libération, le documentariste Aris Chatzistefanou commente la montée de la "debtocracy" en Grèce.
Italie
Depuis la mise de l'Italie sous tutelle du FMI et de la Commission européenne par le G20 de Cannes la semaine dernière, il apparaît chaque jour plus clairement que Silvio Berlusconi, par l'absence de confiance qu'il inspire désormais aux marchés et aux autres dirigeants européens, incarne à lui seul les difficultés italiennes. Le président du Conseil n'aurait d'ailleurs plus de majorité à l'Assemblée. Pourtant, alors que ses plus proches amis lui conseilleraient depuis des semaines et avec de plus en plus d'insistance de se retirer (Le Monde, Le Figaro, Libération), le Cavaliere a démenti, hier, une rumeur l'annonçant sur le départ, qui a un instant fait rebondir la Bourse de Milan. Mais une chose est sûre : il est plus sur la sellette que jamais. La Chambre des députés doit clôturer cet après-midi les comptes 2010 de l'Etat, un vote déterminant pour sa survie politique. S'il franchit l'obstacle, il risque de toute façon fort d'être mis en minorité autour du 16 novembre, lors d'un vote de confiance sur les mesures de relance promises à Bruxelles. Dans ce cas, l'ancien commissaire européen Mario Monti pourrait lui succéder (Les Echos). En attendant, les rendements des obligations italiennes à dix ans se sont encore appréciés, hier, pour atteindre le nouveau record difficilement supportable de 6,64% par an (La Tribune).
Portugal
Lisbonne a vu lundi débarquer pour la deuxième fois l'équipe d'experts de la Troïka venue s'assurer que le Portugal suit à la lettre les mesures fixées par le plan d'aide de 78 milliards d'euros. En jeu, le versement de la troisième tranche de quelque 8 milliards d'euros. La mission devrait durer quelque deux semaines. Pedro Passos Coelho, le Premier ministre portugais, va demander « des ajustements qui puissent apporter plus de flexibilité » au programme de rigueur voté en mai, arguant que ce plan à trois ans « assure le financement de l'État mais pas celui de l'économie portugaise ». Le pays devrait en effet s'enfoncer dans la récession avec une contraction du PIB prévue de 2,8% en 2012. Les autorités veulent éviter le cauchemar de la Grèce où l'austérité et la récession s'entretiennent en un cercle vicieux sur fond de crise politique et sociale. « Nous ne voulons pas être confondus avec ce qui se passe en Grèce », a affirmé le Premier ministre portugais, appelant à la « cohésion ». (La Tribune)
Pays-Bas
Le Soir 3 a consacré un sujet hier aux Pays-Bas et à la réaction de la population néerlandaise face à la crise de la zone euro. Doté d'un solide Triple A, le pays commence à se lasser des leçons du couple franco-allemand et des difficultés des Grecs, qu'ils estiment paresseux, corrompus et mauvais gestionnaires.
contact : dominique.robert@europarl.europa.eu (+33) 01 40 63 40 07



















