mercredi 7 septembre 2011

Revue de presse quotidienne 7 septembre 2011

Parlement européen

Ventes à découvert
Après un été où les autorités de marché européennes ont du intervenir pour tenter de calmer la spéculation sur les dettes souveraines, les législateurs européens se sont remis mardi au travail pour tenter de renforcer et d'harmoniser les règles applicables aux ventes à découvert. Le Commissaire Michel Barnier était au Parlement européen pour tenter de réconcilier députés et représentants des Etats membres. L'un des points les plus épineux concerne les achats de CDS souverains à nu. (La Tribune)

Union européenne

Euro et Europe
Dans une tribune libre publiée dans Le Monde du jour, Joachim Voth est professeur d'économie à l'Université Pompeu Fabra à Barcelone livre son analyse d'une Europe sans monnaie unique, comme après les années 30, où les pays européens avaient abandonné l'étalon or. « Présenté aux électeurs comme une politique dépourvue d'alternative, l'euro est en fait un arrangement monétaire mal ficelé tenant plus d'un symbole politique que d'un outil économique sérieux », analyse le professeur. Selon lui, l'Union européenne ne se « disloquera » pas si elle passe à 10 ou 15 monnaies différentes. Il dresse donc un portrait d'une Europe « post-euro », une monnaie qui n'a pas remplie son principal objectif : « rendre la vie des européens meilleure qu'elle ne l'aurait été autrement ».
Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, estime que l'Europe sortira "plus forte" de la crise actuelle dans la zone euro et se dit "absolument certain" que l'euro survivra. "Je pense que l'Europe va sortir de cette crise plus forte parce que maintenant, en Europe, tout le monde, à gauche et à droite, s'accorde à dire que nous avons besoin de réformes structurelles pour devenir plus compétitifs", a-t-il dit. (Figaro.fr)
Avenir de l'Europe Gerhard Schröder, ancien chancelier allemand, plaide, dans une interview accordée au Monde, en faveur d'un fédéralisme budgétaire au sein de la zone euro. « Dans la situation actuelle, il nous faut lutter contre les tendances à la renationalisation pour ériger un véritable gouvernement économique au sein de la zone euro, avec la création d'euro-obligations », souligne-t-il, tout en ajoutant que les transferts de souveraineté nationale « doivent s'accompagner de nouveaux pouvoirs pour le parlement européen et d'une coordination accrue des politiques économiques ». Il appelle donc au renforcement du « rôle central » de la Commission européenne. Gerhard Schröder livre ensuite son analyse de la politique menée par Angela Merkel, critiquant parfois son attitude dans le traitement de la crise grecque, mais saluant sa prise de position au sujet du « gouvernement économique ». Enfin, face à certaines accusations sur le fait que l'Allemagne s'impose au sein de l'Union, il répond : « Personne ne veut d'une Europe plus allemande, mais il nous faut une Europe plus européenne, plus intégrée ».
Les banques sont à nouveau parmi les premières visées par la panique des marchés. Pour l'économiste Nicolas Véron du centre de recherche Bruegel, l'Europe n'a pas suffisamment renforcé son système bancaire. Il dit que trois crises se confondent : celle des banques, celle des Etats dont les perspectives de croissance sont insuffisantes pour redresser leurs finances publiques, et celle des institutions européennes, incapables d'apporter les réponses nécessaires.
Recapitalisation des banques Dans une tribune parue dans Les Echos, Augustin Landier et David Thesmar plaident en faveur d'une recapitalisation des banques européennes. Cette recapitalisation doit être faite sous trois conditions : elle doit être portée par un fond européen ; être coercitive ; et les recapitalisations à parti de fonds publics doivent donner lieu à des prises de participation de l'Etat voire à des nationalisations temporaires. Cette recapitalisation doit être faite dans les plus brefs délais afin de limiter le prix payé par les contribuables.
Encadrement des marchés Le commissaire européen au Marché intérieur Michel Barnier veut encadrer plus sévèrement les marchés financiers, en instaurant notamment des mécanismes automatiques d'interruption des échanges, selon le quotidien allemand Handelsblatt. Le journal a obtenu copie de la proposition de directive Mifid (markets in financial instruments directive), qui doit réactualiser et adapter aux conditions actuelles du marché une précédente version datant de 2007. (Lefigaro.fr)
Ventes à haute vitesse La Commission européenne souhaiterait freiner l'essor du négoce de titres à haute vitesse. Aux Etats-Unis, des enquêtes sont menées sur cette pratique, soupçonnée par les régulateurs d'accroître l'instabilité des marchés financiers et de générer de nouvelles fraudes boursières. La Commission européenne envisagerait sérieusement de proposer des mesures spécifiques à leur encontre. C'est du moins ce que laissent entendre plusieurs extraits du projet de nouvelle directive sur les marchés d'instruments financiers (MIF), le texte qui encadre le secteur boursier européen. (Les Echos)

Agence de notation européenne
Le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, a écarté mardi à Sydney l'idée d'une agence de notation soutenue par Bruxelles afin de concurrencer les agences anglo-saxonnes, suite à la dégradation des notes de plusieurs pays européens. M. Barroso a reconnu que des questions pouvaient être posées sur le rôle des agences de notation dans le cadre de la crise, mais il a écarté les suggestions selon lesquelles l'Union européenne devrait mettre en place sa propre agence de notation. (Le Monde)
Gazprom Le Figaro économie a obtenu le projet de déclaration que doit faire le commissaire européen Günther Oettinger aujourd'hui. Le géant de l'énergie russe Gazprom y est implicitement visé en tant que facteur de risque pour la « sécurité de l'approvisionnement ». Les Etats membres, confrontés à de possibles pénuries, « sont soumis à des pressions croissantes de la part des pays tiers pour accepter des concessions incompatibles avec la loi européenne », écrit le commissaire. En conséquence, la Commission envisage d'imposer son feu vert préalable à la conclusion de tout accord avec des pays tiers à compter du 1er janvier.  

Schengen
La Commission européenne devrait très prochainement annoncer ses propositions concernant les contrôles aux frontières, favorisant le débat communautaire et réduisant ainsi les marges de manœuvre des pays de l'Union. Selon le journal Le Monde, qui a eu accès à ces propositions, le mécanisme d'évaluation des pays devrait être renforcé. De plus, la Commission devra être informée au préalable lors d'évènements prévisibles. Pour ceux qui seront imprévisibles (comme les attentats), les pays auront la possibilité de rétablir leurs contrôles pendant cinq jours. Selon une source proche du dossier, ce dispositif est censé « à la fois renforcer les procédures, améliorer la confiance mutuelle et éviter des décisions purement nationales ».

Internet et le droit à l'oubli
La Croix publie un article sur la question des données personnelles sur internet et du "droit à l'oubli numérique".  Politiques et pouvoirs publics ont récemment multiplié les initiatives pour créer un droit à maîtriser ses données personnelles sur l'Internet, mais le chemin à parcourir, cependant, reste long car l'Europe ne parvient pas à convaincre les Etats-Unis, où sont basés les Google et autres Facebook. En fin d'article, La Croix mentionne le projet de directive européenne pour le "droit à l'oubli", soutenu par la vice-présidente de la Commission européenne Viviane Reding.

OGM
Le miel contenant des traces, mêmes infimes, de pollen issu d'organismes génétiquement modifiés (OGM) ne peut être commercialisé sans autorisation préalable, a jugé mardi la Cour de justice de l'Union européenne. Ce verdict était très attendu par les défenseurs de l'environnement, désireux de relancer le débat sur la réforme des règles en vigueur sur la commercialisation de produits contenant des traces d'OGM et sur la coexistence des cultures. Un porte-parole de la Commission européenne a indiqué que l'exécutif communautaire étudiait le verdict mais que ce dernier pourrait avoir un impact sur les importations de miel d'Argentine, où les cultures OGM sont très répandues.

International - RELEX

Désertification
La coopération régionale dans la lutte contre la désertification est au coeur d'une réunion à Alger, avec plus de 40 pays africains chargés d'approuver une "feuille de route" commune pour lutter contre le phénomène. Le projet, financé par la Commission européenne pour un montant de 3,2 millions d'euros, prévoit également une formation en ligne sur la mobilisation des ressources. Selon le chef de l'UNCCD, Boubacar Cisse, la convention sur la lutte contre la désertification est la seule, parmi les trois mises en place au sommet de Rio, à avoir reçu moins de financement, comparé à celles du changement climatique et de la biodiversité. Selon M. Cisse, au moins 43% des terres productives africaines sont affectées par la désertification. (Libération.fr)

Sud Soudan
La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton s'est inquiétée de la "dangereuse escalade" de la violence dans le sud du Soudan, où les combats ont éclaté début septembre entre l'armée soudanaise et les forces loyales au gouverneur de l'Etat du Nil Bleu. Catherine Ashton a appelé les deux parties à "immédiatement cesser les combats et à reprendre les négociations en vue de parvenir à une solution politique", et leur "rappelle leur responsabilité de protéger les civils". (lefigaro.fr)

Syrie
Selon France Inter, l'UE estime qu'il faut de nouvelles sanctions économiques contre la Syrie

Libye
L'UE considère que la situation en Libye est désormais en voie de normalisation, rapporte ARTE, qui diffuse un reportage sur la fuite de Kadhafi.

Etat Palestinien
Le Figaro, qui publie un article sur la "conquête de l'ONU" par les Palestiniens, écrit que l'appui des Européens sera crucial. À l'Assemblée générale, les Palestiniens peuvent disposer d'un volant de quelque 115 voix acquises à leur cause. Il leur en faudrait de 150 à 170 pour engranger un réel succès diplomatique. Les Européens « contrôlent» peu ou prou une cinquantaine de voix, dont l'appui sera donc déterminant. Les Vingt-Sept apparaissent toutefois très divisés, Pays-Bas et République tchèque, notamment, campant sur une ligne très pro-israélienne.

Nouvelles nationales liées à L'Union - France

Plan de rigueur
La presse française commente les négociations en cours entre le gouvernement et les députés de la majorité afin d'adopter rapidement les mesures budgétaires. Le premier ministre a finalement abandonné la taxe sur les parcs à thème, après la montée au créneau des députés en début de semaine. Mais une taxe de 2% sur les hôtels de luxe a été acceptée. Mr Fillon a insisté sur le fait que la majorité doit rester unie, car « la désunion alimente la crise ». Le parti socialiste est longuement monté au créneau face aux nombreuses concessions faites au plan initial. Le candidat socialiste François Hollande explique que l'on « attendait de la cohérence et du courage. Nous avons des négociations et la victoire des lobbyistes ». L'ancien ministre Jean-Louis Borloo a également fait part de son désaccord, expliquant que les mesures ne sont pas à la hauteur de la crise. (Le Monde, Métro)

Selon le député Daniel Garrigue, la volonté d'imposer une "règle d'or" de l'équilibre des finances publiques, au moment même où le libéralisme économique et financier démontre son échec, est surréaliste. Selon lui, les propos tenus par le Premier ministre François Fillon dans Le Figaro du 20 août sont inacceptables, étant donné que la "règle d'or" existe déjà : il s'agit de la règle du pacte européen de stabilité et de croissance limitant à 3% du PIB le déficit de chaque état, règle ignorée par Nicolas Sarkozy et François Fillon avant la crise de 2008. M. Garrigue défend également l'idée d'émettre des obligations européennes, afin de financer les investissements de l'avenir. (La Croix)

Nicolas Sarkozy a renoncé à convoquer le Parlement en Congrès, même s'il veut continuer à souligner les contradictions du PS le plus longtemps possible. Le chef de l'Etat craint un vote négatif sur la réforme constitutionnelle. (Les Echos)
Le Canard Enchainé revient sur la crise économique et les événements de cette semaine, notant en passant que pour la première fois, un conseiller économiques du président Sarkozy ne cache plus, en privé, son pessimisme sur l'avenir de la monnaie européenne: « Il est possible que la zone euro implose avant la fin de l'année. Personne ne peut dire aujourd'hui avec certitude qu'on aura toujours la monnaie unique, avec le même nombre de pays, en 2012. »

Aide à la Grèce
La France est le premier pays de la zone euro à adopter aujourd'hui l'aide à la Grèce et à permettre au FESF d'agir à ce sujet. Cependant, certains parlementaires, y compris venant de l'UMP, ont exprimé leurs doutes sur le sujet et expliqué qu'ils craignaient que cela ne fasse qu'alourdir un peu plus la charge de la dette française. (Figaro Eco)

Stratégie française
Dans une chronique publiée dans L'Express, Jean-Marie Colombani explique comme la nouvelle stratégie de « leadership from behind » adoptée par Barack Obama a forcé la France à trouver rune nouvelle stratégique, qui ne soit ni le traditionnel anti-américanisme français, ni l'alignement sur les Etats-Unis. Mr Colombani se réjouit que la nouvelle stratégie française soit enfin vraiment européenne. Par exemple, la guerre en Libye a promu l'idée d'une défense européenne basée sur un axe franco-britannique. Un autre exemple est le renforcement de l'axe économique et financier franco-allemand et, à travers lui, la remise en marche de l'intégration européenne, au moins pour els pays de la zone euro. Nicolas Sarkozy a montré à Londres qu'une défense européenne était dans son intérêt, et est parvenu à convaincre Angela Merkel de céder de concéder à la solidarité européenne.

Solvabilité II
Bercy utilisera une procédure d'urgence pour introduire en droit français les nouvelles règles prudentielles de l'assurance. Petit frère de Bâle III pour les établissements bancaires, le cadre prudentiel Solvabilité II fixe le montant des fonds propres que chaque compagnie d'assurance doit mettre en face de ses activités. Il est censé s'appliquer à partir du 1er janvier 2013 ; mais beaucoup d'éléments font encore l'objet de débats. (La Tribune)

Nouvelles nationales liées à L'Union - Autres Etats membres

Allemagne  Deutsche Börse
Dans un rapport du comité d'entreprise de Deutsche Börse publié mardi, le professeur Ulrich Burgard estime que les autorités du land de Hesse « n'ont pas d'autre choix que d'interdire cette fusion ». Le professeur explique que DB n'est pas une entreprise comme les autres et doit contribuer au développement de son land, et empêcher tout conflit entre l'intérêt général et celui des actionnaires. Avec cette fusion, 1 500 postes sont en danger dans le groupe allemand. La décision du ministère des finances de Hesse est considérée comme la dernière chance du comité d'entreprise et du syndicat Verdi, qui sont opposés à la fusion. Un rejet bloquerait automatiquement le processus de fusion. (La Tribune)

Allemagne Cour de Karlsruhe
Aujourd'hui, le tribunal constitutionnel de Karlsruhe doit rendre son jugement sur la plainte déposée par plusieurs économistes contre le premier plan d'aide à la Grèce en mai 2010. La décision est très attendue, commente la presse française, car le destin de la zone euro en dépend. Tous les journaux indiquent que la cour ne devrait pas rejeter le plan d'aide, mais imposer des conditions. Le Bundestag devrait avoir un droit de regard sur les futurs paiements faits aux pays en difficultés. L'équipe de RBS explique que « cela serait vu de manière négative par les marchés ». Les Echos ajoute que le précédent allemand pourrait être suivi par d'autres Etats membres, comme ce fut le cas pour la demande finlandaise de garanties. Pendant ce temps, le gouvernement allemand est en train de faire pression sur la Grèce pour qu'elle mette en place les réformes auxquelles elle est tenue, explique le Figaro économie. Angela Merkel que le paiement du 15 septembre ne sera pas fait si la Grèce ne remplit pas ses objectifs de réduction du déficit. Le ministre des finances Wolfgang Schäuble a ajouté que si la mission de la Troïka ne se termine pas de manière positive, « la prochaine tranche d'aide ne sera pas accordée ».   (La Tribune)

Allemagne Budget 212
Le budget 2012 qui a été présenté au Bundestag, est placé sous le signe de rigueur. Il prévoit une stabilité des dépenses et une forte progression des recettes fiscales. Wolfgang Schäube, le ministre des Finances, a appelé à "un abandon mental du capitalisme à la pompe". ».   (La Tribune)

Crise grecque
Les médias français accordent une large couverture à la crise grecque et à ses conséquences. Plusieurs éléments viennent menacer le plan grec: retard des réformes en Grèce, blocage finlandais, vote tardif sur le plan en Slovaquie... Bruxelles s'impatiente du retard pris dans l'application du deuxième plan d'aide à la Grèce, selon Les Echos. La Troïka a demandé à Athènes d'accélérer les privatisations. La Tribune se penche sur les « scénarios noirs » de la crise grecque. Des décisions qui aboutiraient à la sortie du pays de la zone euro. La double hypothèse de la sortie de la Grèce de la zone euro et d'une restructuration de la dette grecque est de moins en moins théorique, surtout si le FMI et les États - et notamment l'Allemagne - suspendaient leur aide à la Grèce. « On voit mal la BCE continuer à financer ses banques » ajoute le journal. Mais la sortie de la Grèce de la zone euro pourrait générer un redoutable effet domino aux conséquences terribles pour les autres pays membres. Dans une tribune parue dans Le Figaro, Cyrille Lachèvre écrit que "l'insolvabilité de la Grèce n'est plus taboue". "Il ne faut pas se voiler la face : la monnaie unique livre une guerre sans merci pour sa survie" affirme-t-il. "Pour gagner, il aurait fallu mener une offensive "éclair", or c'est une guerre de tranchées qui s'est installée" poursuit le journaliste. Ce dernier pèse le pour et le contre d'une déclaration d'insolvabilité de la Grèce. Selon Touteleurope.eu, la crise économique européenne pourrait bien conduire à une réforme des traités européens. En effet, les dirigeants européens envisagent de profonds changements dans l'architecture de la zone euro (Touteleurope.eu), et une nouvelle vision (Arte). Mais de tels changements ne se feront pas en une nuit. D'après L'Express.fr, la Commission européenne a fraîchement accueilli l'idée d'une révision du traité de Lisbonne.

Italie
Les médias français affirment aujourd'hui que l'Italie a décidé de durcir son plan d'austérité pour répondre aux critiques européennes et rassurer les marchés (Le Figaro). Rome a annoncé de nouvelles taxes et songe à reculer l'âge de la retraite pour les femmes (La Tribune). Elle a aussi annoncé une réforme constitutionnelle pour mettre en place la "règle d'or" sur le déficit public (Les Echos). Les médias parlent aussi de l'important mouvement de grève hier pour protester contre la rigueur.