Revue de presse quotidienne 04 octobre 2011
Députés européens
PEAD
Dans une tribune dans La Croix, l'eurodéputée Sylvie Goulard réagit au débat actuel sur le maintien des fonds européens destinés aux plus démunis (PEAD). "Une fois encore, "l'Europe" est accusée de n'avoir pas de cœur. La voilà qui enlève le pain de la bouche des pauvres ! Mais est-ce bien la faute à "l'Europe" ? Ou à une dérive orchestrée par certains États membres qui refusent désormais la solidarité ?" écrit Mme Goulard. Elle appelle à trouver une solution lors du sommet européen 17 octobre, date de la Journée mondiale du refus de la misère. Deux leçons sont à tirer de cette "triste affaire", selon Mme Goulard. Premièrement, des décisions de quelques États peuvent bloquer la machine communautaire, mais c'est toute l'Europe qui est mise en cause. Ensuite, est-il acceptable, en 2011, que tant d'Européens en soient réduits, pour se nourrir et nourrir leurs enfants, à recourir à l'assistance ? Avec l'adoption de la "stratégie 2020" l'an passé, l'UE avait pourtant fait de la lutte contre la pauvreté et l'exclusion l'une de ses cinq priorités, sans en faire assez cependant. Il faut certes se battre pour maintenir le PEAD, mais ce dernier ne saurait remplacer de vraies politiques sociales. "La montée des inégalités menace la construction européenne" conclu Mme Goulard. (La Croix)
Union européenne
EcoFin
L'aggravation imprévue des déficits grecs met la pression sur la réunion des ministres des Finances de la zone euro, qui a débuté hier soir. la Grèce a reconnu dimanche qu'elle ne par viendrait pas à atteindre exactement les objectifs fixés par ses créanciers internationaux (voir ci-dessous), avec un déficit public prévu de 8,5% du PIB, au lieu du seuil imposé de 7,6% cette année, et de 6,8% contre 6,5% l'an prochain. L'annonce, qui a rallumé les craintes un peu partout en Europe (Libération), a suffi à faire replonger hier les Bourses ainsi que l'euro. "Le spectre d'un défaut de paiement n'est toujours pas écarté", écrit Le Figaro. Le gouvernement grec est loin de convaincre de l'efficacité de ses mesures d'austérité, présentées dans son projet préliminaire de budget pour 2012, affirme Les Echos. L'Union européenne presse de nouveau Athènes de se serrer la ceinture (L'Humanité), le gouvernement de Georges Papandréou a dû se résoudre à annoncer de nouvelles mesures d'austérité, parmi lesquelles la réduction des effectifs dans le secteur public, pour économiser 6,6 milliards d'euros supplémentaires en deux ans (La Tribune). "Nous sommes en train d'évaluer les chances de la Grèce de tenir ses objectifs" a déclaré hier Olli Rehn, le commissaire européen à l'économie. Les ministres des finances de la zone euro veulent accélérer les travaux sur l'accord du 21 juillet destiné à soutenir la Grèce (La Croix) et envisagent de réévaluer leur plan de sauvetage à la lumière des dernières données grecques sur les finances publiques du pays (Les Echos). La possibilité du renforcement du FESF sera notamment discutée.
Aide à la Grèce
L'Allemand Horst Reichenbach dirige la « task force » chargée « d'aider » la Grèce à mettre en place les réformes exigées par ses créanciers internationaux. Dépêchée par Bruxelles, cette structure devrait réunir une cinquantaine de personnes à terme, dont « deux poids lourds » de la Commission européenne : l'Anglais David Wright et le Suédois Jörgen Holmquist, deux anciens dirigeants des services chargés du commerce extérieur. L'antenne qui sera basée à Athènes emploiera une quinzaine de personnes d'ici mi-octobre, sous la responsabilité de Georgette Lalis, haut-fonctionnaire de la Commission. Les deux principales missions de cette « task force » consisteront à renforcer le système de collecte des impôts et de soutenir le financement de l'économie alors que les banques grecques sont très affaiblies. Le Monde souligne que l'arrivée de cette structure intervient alors que les rapports entre la « Troïka » et le gouvernement grec sont « extrêmement tendus ».
FSEF
Pour l'éditorialiste économique Martin Wolf, la hausse des moyens alloués au Fonds européen de stabilité financière (FSEF) (à 440 milliards d'euros) sera insuffisante. « La zone euro a besoin d'un bazooka plus puissant », souligne-t-il, estimant les besoins de financement des Etats et des banques à « un montant bien supérieur à 1 000 milliards d'euros ». (Le Monde)
Aide aux plus démunis
La Commission européenne espérait hier trouver un accord entre les 27 ministres des affaires sociales de l'Union réunis à Luxembourg, pour maintenir en 2012 le programme d'aide aux plus démunis à son niveau actuel. La Commission propose de fonder légalement l'aide alimentaire sur l'objectif de "cohésion sociale de l'Europe", comme l'a présenté le commissaire chargé des Affaires sociales, Laszlo Andor. (La Croix)
Avenir de l'Europe
Dans un commentaire dans Le Monde Economie, Pierre-Cyrille Hautcoeur, professeur à l'Ecole d'économie EHESS à Paris, estime que la crise actuelle révèle que l'union économique et monétaire ne se suffit pas à elle-même et qu'elle impose de nouveaux choix, qui devraient selon lui être au coeur des prochaines échéances électorales. Selon lui, les gouvernements ont jusqu'à présent tenté de trouver à cette crise des solutions à court terme qui ne remettent pas en cause l'équilibre des pouvoirs en Europe. Cependant, Paul-Cyrille Hautcoeur estime que "ces solutions souffrent toutes d'une absence de crédibilité parce qu'elles se refusent aux transformations politiques qui seules permettraient leur succès".
Hier, alors que l'Allemagne célébrait le 21e anniversaire de sa réunification, le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, a lancé un vibrant plaidoyer pour davantage d'Europe et une plus grande unité sur le continent face à la crise. "Sans notre ancrage dans l'Union européenne, la réunification pacifique de l'Allemagne aurait été rendue infiniment plus compliquée, sinon impossible", écrit-il dans une tribune au quotidien Die Welt. Pour M. Schäuble, qui rédigea le traité de réunification en 1990 alors qu'il était ministre de l'Intérieur de la RFA, l'Allemagne, première puissance économique du continent, est le pays qui tire le plus d'avantages de l'unification européenne, ce qui lui confère aussi une "responsabilité particulière". Il juge que l'avenir de l'Allemagne réunifiée, sa réussite et sa prospérité sont indissociables d'une plus grande intégration des institutions européennes. Un point de vue toutefois loin de faire l'unanimité au sein de la coalition de centre-droit d'Angela Merkel. Les déclarations de M. Schäuble interviennent en effet alors que l'euroscepticisme gagne du terrain outre-Rhin, mais surtout outre-Manche, où les conservateurs réunis en congrès à Manchester font, pour citer Le Monde, "une grosse rechute". De nombreux députés tories s'inquiètent du rapprochement qui semble s'opérer entre les membres de la zone euro et d'un possible gouvernement économique européen. Soutenus par une pétition signée par 100 000 personnes, ils ont obtenu de débattre aux Communes de la tenue d'un référendum pour ou contre le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne (UE). Le résultat du débat n'engagera pas le gouvernement, mais aura un fort poids politique. Devant l'ampleur prise par le phénomène, le Premier ministre David Cameron a décidé d'intervenir : "Nous ne voulons pas qu'il y ait un référendum pour sortir ou non de l'Union européenne, a-t-il tranché sur la BBC. Je ne veux pas que le Royaume-Uni sorte de l'Union européenne." Mais l'envoyé spécial de France Inter au congrès tory s'interroge : pourra-t-il résister longtemps à la pression de la base du parti ? (Le Figaro)
Selon François Rachline, qui publie une tribune dans Les Echos, "il est des époques où les causes l'emportent sur les intérêts immédiats", et la crise financière s'avère être un moment crucial pour l'avenir de l'Europe. Selon M. Rachline, un "véritable tournant" a été atteint la semaine dernière lors du vote massif du Bundestag en faveur d'un traitement européen d'une question européenne. La crise financière n'est pas encore derrière nous, mais la cause d'une Europe possiblement unifiée dans l'avenir se dessine à nouveau. La logique démocratique reprend le dessus : renoncer chacun à quelque peu pour obtenir un avantage pour tous. Reste maintenant à convaincre les peuples européens que l'Europe reste le meilleur moyen, comme le proclame la Constitution des Etats-Unis, de défendre le droit de chacun à poursuivre le bonheur.
Système bancaire
Dans une tribune parue dans Le Monde, Michel Rocard appelle à « repenser le système bancaire », en séparant « d'urgence » les activités de banque de dépôt et de banque d'investissement. L'ancien Premier ministre français estime qu'il revient à la Commission et à la BCE de « se saisir d'urgence de ce sujet ». « L'efficacité réelle n'est qu'à ce niveau. »
Villes durables
Dans le cadre du futur budget européen 2014-2020, la Commission européenne entend mieux financer les villes capables d'allier développement économique, social et environnemental. Concrètement, la Commission devrait proposer d'obliger les États membres à allouer à ces projets au moins 5% de l'enveloppe nationale reçue au titre du Fonds européen de développement régional (Feder). Ce fonds totaliserait pour toute l'Union européenne (UE), de 2014 à 2020, 183,3 milliards d'euros sur les 376 milliards que la Commission réserve à la politique régionale. (La Croix)
Prix du gazole
Pour lutter contre la pollution aux particules fines, Bruxelles envisage d'augmenter les taxes sur le gazole. Une mesure impopulaire chez les constructeurs automobiles et les automobilistes. (RMC)
Fibre optique
La Commission européenne souhaite que baissent les tarifs de gros de location du réseau de cuivre aux opérateurs alternatifs afin d'accélérer les investissements dans la fibre optique. Neelie Kroes a dévoilé lundi sa vision de la politique à mener pour accélérer les investissements dans les réseaux à très haut débit en fibre optique. Elle estime que l'Europe est en retard par rapport au Japon ou à la Corée et souhaite que 100% des Européens aient accès à un débit de 30 mégabits par seconde (Mb/s) et 50% à 100 Mb/s d'ici à 2020. (La Tribune)
International RELEX
Birmanie
De retour de mission en Birmanie, la Commissaire européenne chargée de la Coopération internationale, de l'Aide humanitaire et de la Gestion des crises, Kristalina Georgieva, a parlé d'un "vent d'optimisme" et "des améliorations progressives" enclenchées par un gouvernement dont "le désir de paix est réel". Cependant, selon Le Figaro, si l'Union européenne s'enthousiasme, les habitants restent sceptiques. Kyaw Zwa Moe, opposant birman en exil en Thaïlande cité par le journal, estime que "les initiatives prises par le président Thein Sein pour accéder à la reconnaissance internationale, à la levée des sanctions économiques et à la présidence tournante de l'Association des pays d'Asie du Sud-Est en 2014, sont ambiguës". (Le Figaro)
Nouvelles nationales liées à L'Union - Autres Etats membres
Grèce
"Jusqu'où le peuple grec pourra-t-il supporter les sacrifices sociaux et économiques ?" s'interroge François Roche dans l'éditorial de La Tribune. La décision du gouvernement de licencier 30.000 fonctionnaires fait monter la colère du peuple, tandis qu'au Portugal, des manifestations d'opposition aux nouvelles mesures d'austérité ont été organisées samedi dernier. En Grèce et au Portugal, les responsables politiques et économiques ont un délai très court pour faire accepter par leurs opinions publiques des décisions très dures. Or, dans aucun des scénarios étudiés à Bruxelles ne semble figurer une variante où la Grèce, le Portugal ou l'Espagne seraient contraints de renoncer à une partie de ces mesures d'austérité à cause de la résistance des peuples. Pourtant, nous n'en sommes pas très loin, prévient La Tribune.
Roumanie-Roms
Arno Klarsfeld, nouveau directeur de l'Office français de l'immigration, est à Bucarest pour essayer, avec les autorités locales, de fixer les Roms en Roumanie, rapporte Le Monde. Depuis l'adhésion de la Roumanie à l'Union européenne (UE), en 2007, le passeport roumain est devenu le sésame qui ouvre les portes de l'espace Schengen, où les Roumains peuvent désormais circuler sans visa. La stratégie actuelle de l'OFII Roumanie est d'offrir aux Roms revenus de France un financement pouvant atteindre 3 600 euros, à condition qu'ils présentent un plan d'affaires. La solution au problème de fonds pour mener à bien des projets installant les Roms en Roumanie pourrait se trouver dans les fonds européens. Bruxelles avait autorisé la Roumanie à dépenser, entre 2007 et 2013, environ 4 milliards d'euros du Fonds social européen (FSE) en donnant la priori té aux projets concernant les Roms. A ce jour, Bucarest n'a utilisé pour ces derniers que 14% de cette somme. (Le Monde)
À trois semaines des élections présidentielles et municipales, la Bulgarie semble frappée d'une poussée de fièvre nationaliste, explique ce matin Le Figaro. Des manifestations d'une ampleur inédite ont gagné ce week-end les grandes villes, blâmant le gouvernement pour "l'impunité" des Roms. Tout a commencé le 24 septembre, quand des habitants d'un village à forte minorité rom, Katounitsa, s'en sont pris au patriarche local des Roms, Kiril Rachkov, surnommé le "Roi Kiro", qui règne en maître depuis vingt ans sur la commune, après qu'un minibus transportant certains de ses petits-fils avait renversé un jeune Bulgare, le tuant sur le coup. Le "Roi Kiro", accusé d'être impliqué dans la production illégale d'alcool, de se livrer au proxénétisme et d'exploiter un réseau de mendiants, a finalement été arrêté mardi dernier, sans faire baisser la tension. Des manifestations de solidarité avec les habitants de Katounitsa ont lieu chaque soir depuis une semaine dans toute la Bulgarie. On y scande des slogans nazis, hostiles à la minorité rom, et même à la minorité turque. Le Premier ministre (de droite) et le chef de l'Etat (de gauche) ont eu beau afficher une rare unité, se rendant ensemble à Katounitsa pour dénoncer les dérives et appeler au calme, les tensions pourraient perdurer durant toute la campagne. De son côté, L'Humanité consacre sa Une à la situation des Roms en Hongrie, où pendant trois mois, en pleine présidence hongroise de l'UE, le village de Gyöngyöspata a été occupé par des milices fascistes qui ont imposé la tenue d'une élection municipale partielle ensuite remportée par le parti néofasciste Jobbik. La première mesure adoptée par le nouveau maire a été d'instaurer le travail forcé pour les chômeurs -dans son esprit, les Roms. (Le Figaro)
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