Revue de presse quotidienne 02 février 2012
PE
Données des passagers
Le Monde se fait l'écho de « la joute » qui oppose le Parlement européen d'une part, la Commission et le Conseil d'autre part, à propos de la transmission des données personnelles des passagers des avions à destination des Etats-Unis, de ceux qui les quittent ou qui les survolent. Alors que Bruxelles et Washington négocient depuis 2003 sur la transmission de ces données, l'eurodéputée néerlandaise Sophie in't Veld, présidente de la commission des libertés civiles du Parlement, dénonce l'utilisation de ces informations par les Etats-Unis, redoutant que les Américains ne les utilisent à d'autres fins que la lutte contre le terrorisme ou la lutte contre l'immigration. Sophie in't Veld estime que l'accord conclu l'an dernier entre l'Union européenne et les Etats-Unis n'est pas conforme à la législation européenne. De son côté, Cecilia Malmström, commissaire aux affaires intérieures, juge que la dernière mouture de l'accord comporte « de nettes améliorations » par rapport à la première version de 2003. Autre point d'achoppement, la durée de conservation des données : Sophie in't Veld affirme que les Etats-Unis les conservent une quinzaine d'années, mais la Commission lui objecte que seules les informations liées au terrorisme sont conservées. En outre, leur accès devient très limité au bout de cinq ans.
Union européenne
Agence de notation européenne
Dans une tribune dans Le Figaro, Charles-Edouard Bouée et Bernard de Montferrand, respectivement président en Asie et en France et conseiller spécial de Roland Berger Strategy Consultants, écrivent que les quatre problèmes actuels des agences de notation sont leur modèle économique, leur situation de quasi-monopole, leur manque de responsabilité face aux notes qu'elles attribuent et leur fâcheuse tendance à ne pas anticiper les problèmes. C'est pourquoi les auteurs proposent la création d'une agence de notation européenne, qui prendrait la forme d'une fondation privée à but non-lucratif pour garantir son indépendance. Celle-ci serait créée par une vingtaine de grandes institutions financières européennes qui apporteraient les fonds sans ensuite en avoir le contrôle comme le statut des fondations le prévoit. Il y aune très forte demande politique dans ce domaine, rappelle les auteurs. (Figaro)
Bourses
La Commission européenne a rejeté hier le projet de fusion des groupes boursiers Nyse Euronext et Deutsche Börse. Dès l'annonce du rejet de leur fusion, Deutsche Börse et Nyse Euronext ont fait part de leur déception et de leur amertume. Pour Deutsche Börse, la décision de la Commission européenne repose sur une définition du marché « étriquée et éloignée de la réalité, qui ne saisit pas la nature globale de la concurrence sur le marché des dérivés », a déclaré sèchement le patron de l'opérateur allemand, Reto Francioni, évoquant un « jour noir » pour l'Europe des marchés financiers. Voilà selon lui une occasion manquée de créer un « partenaire idéal des autorités européennes de la réglementation, pour soutenir la réalisation de marchés plus standardisés, plus transparents et plus stables en Europe et dans le monde ». Les deux opérateurs boursiers se préparent désormais à redevenir concurrents, même si le patron de Nyse Euronext, Duncan Niederauer, n'a pas exclu de faire appel de la décision de Bruxelles. Le Figaro économie rajoute qu'il s'agit seulement la de 22ème fois que Bruxelles s'oppose à une fusion. « On espérait un sursaut de dernière minute, qui a d'ailleurs eu lieu d'une certaine manière, puisque des commissaires européens ont manifesté leur désaccord », soutient Dominique Cerruti, directeur général adjoint de Nyse Euronext. Le Commissaire chargé des services financiers, Michel Barnier, avait exprimé publiquement des réserves, qu'il a maintenues lors de la réunion du collège hier. Antonio Tajani, le vice-président de la Commission, aurait également rallié cette ligne. Joaquin Almunia a fait remarquer que c'est « depuis Wall Street », siège de Nyse Euronext, que l'idée du champion européen avait été d'abord émise. Pour lui, « l'implantation d'un monopole qui, selon toute probabilité, aboutirait à une hausse des prix et à une diminution de l'innovation, n'est pas dans l'intérêt des Européens ». (La Croix)
Chômage
Le Monde revient sur les données du chômage en décembre 2011, publiées mardi par Eurostat, l'organisme européen de statistiques. Le chômage frappe désormais 10,4% de la population active de la zone euro (9,9% au sein de l'Union européenne). Au total, 16,469 millions de personnes sont sans emploi en zone euro, soit presque l'équivalent de la population des Pays-Bas. Ce triste record inégalé depuis juin 1998, avant l'introduction de l'euro, ne frappe pas tous les pays de la même manière, accentuant le décalage entre une Europe du Sud endettée et soumise à la rigueur, et une Europe du Nord résistante, plus compétitive et aux finances plus saines. Ainsi, l'Espagne affiche le taux de chômage le plus élevé de l'UE à 22,9%, suivi de la Grèce avec 19,2% de chômeurs. A l'opposé, l'Allemagne (5,5% de chômage), les Pays-Bas (4,9%), l'Autriche (4,1%) et le Luxembourg (5,2%) sont les "bons élèves" de l'Europe. La France se situe au milieu avec un taux chômage à 9,9%. Ce contraste Nord-Sud illustre, une fois encore, les faiblesses de la zone euro où la population active est peu mobile.
Galileo
La Commission européenne doit annoncer qu'elle a choisi l'allemand OHB pour produire 8 satellites destinés à Galileo, aux dépens d'un consortium piloté par Astrium, filiale d'EADS. La commande tourne autour de 250 millions d'euros. (Challenges.fr)
International RELEX
Question arménienne
Dans sa chronique au Nouvel Observateur, l'eurodéputé Daniel Cohn-Bendit revient sur la question arménienne dans le processus d'adhésion de la Turquie à l'UE. Il rappelle que les Arméniens de Turquie cherchent depuis longtemps à progresser sur ce dossier à travers une discussion franche et directe avec le pouvoir et la société turcs, ce que semble avoir oublié "les initiateurs de la loi relative aux génocides récemment adoptée en France". Pour Cohn-Bendit, "cette initiative du Parlement français risque de galvaniser un nationalisme turc qui n'attendait que cela et de détourner Erdogan d'un horizon européen qui semblait déjà se dérober chaque jour un peu plus sous ses pieds". Selon lui, c'est en Turquie même que les Européens doivent aider Arméniens et Turcs à avancer sur le chemin d'une réconciliation, contrairement à ce que font "la France et l'Allemagne qui n'ont eu de cesse que soit anéanti le désir d'Europe des Turcs". (Nl Observateur)
Syrie
Les puissances occidentales et la Ligue arabe se heurtent à l'intransigeance de la Russie et de la Chine pour adopter une résolution à l'ONU visant à mettre fin aux violences en Syrie. La fenêtre est plus qu'étroite mais elle existe, veut croire le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé (Le Figaro). M. Juppé - qui a évoqué un bilan de 6000 morts - a dénoncé le "cauchemar syrien" dans un vibrant discours devant le Conseil de sécurité à New York, mardi. Hier, au moins 59 personnes, en majorité des civils, ont été tuées. La chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, a exhorté les membres du Conseil de sécurité de l'ONU à prendre leurs responsabilités et à "agir sans plus tarder" pour mettre fin aux violences en Syrie. "Je suis horrifiée par la situation en Syrie, où le régime poursuit son impitoyable et scandaleuse campagne de répression contre le peuple syrien", a-t-elle dit, ajoutant que "le temps est venu pour tous les membres du Conseil de sécurité de l'ONU de se mettre aux côtés du peuple syrien". Mais la Russie reste inflexible, puisque pour Vitali Tchourkine, l'ambassadeur russe à l'ONU, le plan de la Ligue arabe reste "inacceptable". Selon Le Figaro, les Occidentaux espèrent amplifier l'isolement russe et obtenir sa neutralité.
Merkel en Chine
Le Figaro et Les Echos reviennent sur la visite de la chancelière allemande en Chine. Les deux journaux expliquent que la chancelière y défend les intérêts européens, notamment en demandant aux Chinois d’investir dans les mécanismes de sauvetage européens. Elle évoquera également la situation en Syrie et tentera de rallier la Chine à une résolution de l’ONU, et demandera également au gouvernement de limiter ses importations de pétrole d’Iran. Enfin, Merkel développera le partenariat stratégique avec une vingtaine de chefs d’entreprise qui l’accompagnent. Les Echos estiment que la Chine devrait devenir le deuxième marché d’exportation de l’Allemagne.
Libye
Dans une interview accordée au Figaro, le président du CNT Moustapha Abdeljalil évoque la situation en Libye. Mr Abdeljalil explique que malgré les tentatives de quelques pro-Kadhafi de déstabiliser le pays, le CNT contrôle la totalité du territoire. Concernant les questions d’argent, l’argent du pétrole sera déversé aux conseils locaux avant l’anniversaire de la révolution, le 17 février, et jusque-là, seuls 6 milliards de dollars ont été rapatriés parmi les 100 milliards de dollars d’avoirs libyens. Il se dit confiant sur le fait qu’un islam modéré régnera dans le pays et souhaite voir Saif el-Islam Kadhafi condamné en Libye et non par la cour pénale internationale
Relations commerciales UE-Chine
Michel Barnier, le commissaire en charge du marché intérieur, et son homologue au commerce, Karel De Gucht, préparent, en principe pour le mois de mars, une proposition destinée à favoriser l'ouverture des marchés publics des pays hors de l'Union européenne, principalement la Chine, mais aussi le Japon, le Canada et les Etats-Unis. A défaut d'une telle ouverture, les entreprises de ces pays pourraient être exclues de certains appels d'offre européens. La proposition doit être adoptée par le Parlement européen et le Conseil dans les prochains mois. Le Royaume-Uni, et la Suède, voire l'Allemagne pourraient être soucieux de limiter la portée du texte. (lemonde.fr)
Nouvelles nationales liées à l'Union - France
Etiquetage OGM
L'absence d'OGM va être valorisée sur les emballages. Les règles d'étiquetage de ces produits viennent d'être enfin arrêtées par les ministères de l'Agriculture et de l'Environnement. Selon les nouvelles règles, applicables à compter du 1er juillet prochain, l'absence d'OGM sera clairement mentionnée, sous un seuil de 0,1%. Jusqu'à maintenant, seule la présence d'OGM leur était signalée, la réglementation européenne faisant obligation de mentionner celle-ci sur les produits concernés au-delà d'une "trace" supérieure à 0,9%. Mais avec ses nouvelles règles, La France devient plus exigeante que Bruxelles (Les Echos). Le texte coproduit par les deux ministères ne rend pas obligatoire cet étiquetage, mais on imagine mal les acteurs des filières sans OGM, maintenues dans l'ombre par les règles européennes, ne pas se saisir de cet argument de vente.
PIP
Le directeur général de la santé, Jean-Yves Grall, et le patron de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), Dominique Maraninchi ont remis hier au ministre de la santé Xavier Bertrand un rapport soulignant le manque de vigilance des autorités sanitaires face à la "tromperie de grande ampleur" mise en œuvre par le fabricant des prothèses mammaires PIP. Les prothèses frauduleuses PIP ont été retirées du marché en 2010 mais, dès 1996, les pratiques de la société de Jean-Claude Mas ont interpellé les autorités. Ainsi, le 12 août 1996 déjà, la direction des hôpitaux (DH) recevait courriers et fax anonymes indiquant que la société PIP ne respectait pas de nombreux règlements. L'interdiction de mise sur le marché des prothèses en sérum physiologique ne durera que dix jours. Puis, fin 2000, l'Afssaps suspend pour quatre mois la mise sur le marché des prothèses en silicone, faute de "garanties suffisantes" sur la biocompatibilité des implants. Après celle de 2001, plus aucune inspection n'est diligentée jusqu'en 2010, et le début du scandale. Le rapport se conclut par le constat d'un manque évident de coordination dans les systèmes d'alerte. Enfin, les auteurs du rapport insistent sur le renforcement de la directive européenne sur les dispositifs médicaux, aujourd'hui peu appliquée. Pour le Figaro, "la fraude organisée par PIP n'exonère en aucun cas les autorités françaises de la prise en compte des alertes sérieuses sur la société et ses produits. Qu'elle se soit prolongée aussi longtemps en dit long sur la naïveté actuelle du système de surveillance de la qualité des dispositifs médicaux". Xavier Bertrand s'est dit, mercredi, favorable à deux missions complémentaires et a demandé aux deux auteurs du rapport de lui présenter une proposition de "refonte du système des vigilances". (Le Monde)
Nouvelles nationales liées à l'Union - Autres Etats membres
Grèce
Le Figaro Economie conclut d’une interview accordée par le chef de mission du FMI à Athènes, Poul Thomsen, à Kathimerini, ce mercredi, que le FMI fait son mea culpa et change de stratégie. Poul Thomsen admet que le rythme d’assainissement budgétaire devrait être ralenti, face à la récession qui menace. L’accent a trop été mis sur la hausse des impôts alors qu’il aurait dû être mis sur les limites de dépenses, ajoute-t-il. Le FMI, qui s’était donné pour consigne de ne pas intervenir dans le privé, demande à présent une baisse du salaire minimum dans ce secteur. Le journal conclut sur le fait que le FMI a toujours été sur la ligne de front sur le dossier grec, que ce soit sur la nécessité d’une réduction de dette de plus de 50% ou sur le fait que la BCE doit accepter des pertes sur ses avoirs.
Le Fonds mondial pour la nature (WWF) interpelle la Commission, la BCE et le FMI sur le danger pour l’environnement que représentent les réductions budgétaires et les mesures imposées pour relancer l’activité de la Grèce. L’ONG estime qu’une « véritable crise environnementale, non déclarée, se déroule actuellement derrière les gros titres sur la crise économique et sociale ». Joe Hennon, porte-parole du commissaire à l’environnement, Janez Potocnik, concède qu’en période de crise, « il y a une tentation de se concentrer sur les emplois et d’oublier l’environnement ». Néanmoins, « c’est une vision à court terme. L’économie verte créée des emplois. » Rappelant que la Commission européenne a mis en place « des lois que les Etats doivent respecter », Joe Hennon souligne que l’Europe « n’a pas suspendu ses procédures à cause de la crise », en témoignent les deux avis motivés envoyés récemment par la Commission à la Grèce concernant l’exploitation de décharges illégales à Corfou et à Zante. (Le Monde)
Belgique
Selon les premières estimations de la banque centrale belge, la Belgique est en récession. En effet, le pays a connu deux trimestres consécutifs de baisse du PIB. Les estimations confirment le rapport du FMI, publié vendredi, indiquant l’entrée en récession tout en saluant les premiers pas du gouvernement Di Rupo. Le nouveau gouvernement a pris des mesures d’économies à hauteur de 12 milliards d’euros, déclenchant la colère des syndicats. Mais la Commission demande des mesures supplémentaires de 1,2-2 milliards, jugeant les prévisions économiques trop optimistes. Le gouvernement procédera à un ajustement budgétaire afin d’atteindre l’objectif déficitaire de 3% en 2012, à la fin février. (Libération)
République tchèque
La question européenne divise la scène politique tchèque, et la décision du chef de gouvernement de coalition de centre-droit, lundi soir à Bruxelles, a encore creusé le fossé entre pro et antieuropéens dans une société de plus en plus eurosceptique. Selon Karel Schwarzenberg, le chef de la diplomatie, la décision du gouvernement de Petr Necas de refuser de signer le pacte budgétaire européen "nuit aux intérêts nationaux et à la réputation de son pays". M. Necas s'est non seulement attiré la suspicion de ses homologues européens, mais aussi la foudre des commentateurs tchèques, qui estiment que les raisons qu'il a avancées ne sont pas convaincantes. M. Schwarzenberg compte bien faire changer la position tchèque d'ici au mois de mars. Les Tchèques sont majoritairement contre le pacte et l'adoption de l'euro. (Le Monde)
contact : dominique.robert@europarl.europa.eu (+33) 01 40 63 40 07



















