Revue de presse quotidienne 01 décembre 2011
Parlement européen
Situation de la zone euro
Olli Rehn a résumé hier devant le Parlement européen la situation de la zone euro : ou elle accepte une plus forte intégration, ou elle casse. Trois options semblent se dégager pour l'Union européenne : les Allemands voudraient que l'on puisse traduire devant la Cour européenne de justice les pays qui enfreignent les règles du Pacte de stabilité ; la France défend l'approche de la solidarité et de la mutualisation des risques ; les ministres des Finances ont émis l'idée que les pays de la zone augmentent leurs contributions au FMI pour qu'il puisse jouer le rôle de prêteur en dernier ressort. Wolfgang Schäuble serait ouvert à cette dernière solution. (La Tribune)
Union européenne
Banques centrales
L'intervention surprise de six banques centrales afin de venir en aide aux banques européennes suscite de nombreux commentaires dans les médias français. La Fed, la BCE, les banques centrales du Japon, du Canada, de la Suisse et d'Angleterre se sont accordées sur une intervention simultanée mercredi, afin de permettre aux banques européennes d'acheter des dollars à la Fed via la BCE à moitié prix. L'intervention a été immédiatement saluée par les marchés qui ont fermé en forte hausse (4,22% au CAC40). C'est une intervention surprise spectaculaire qui montre la gravité de la situation, commente Le Figaro. Libération se montre toutefois plus critique en expliquant qu'il ne s'agit pas de l'intervention bazooka que beaucoup attendaient, mais que cela permettra de remettre des liquidités dans les tuyaux du système bancaire mondial.
Banques européennes
Les ministres des Finances n'ont pas encore bouclés le volet bancaire de l'accord du 27 octobre. Les Etats membres s'inquiètent que les banques stoppent leurs activités pour grossir leurs fonds propres, ce qui ferait courir le risque d'un assèchement du crédit. Les Vingt-Sept se sont accordés sur des garanties nationales coordonnées au niveau européen ; elles devront répondre au nouveau cadre sur les aides publiques dévoilé aujourd'hui par la Commission. Celle-ci pourrait revoir à la baisse les primes que devront payer les banques aux Etats. (Les Echos)
Baudoin Prot est le nouveau président de BNP Paribas. Dans des entretiens accordés au Monde et à La Tribune, il parle de la crise actuelle et explique qu'il est important que les dirigeants de l'UE mettent rapidement en place les décisions prises.
Crise de la zone euro
Les médias français annoncent le début d'une période décisive de "dix jours pour sauver l'euro". Le Point parle de "moment de vérité" de l'euro en titre de son article. Le Monde écrit en Une que "décembre 2011 pourrait bien marquer un tournant majeur dans la vie de l'Union européenne et de la zone euro". Dans une tribune dans Libération intitulée "dix jours pour sauver l'euro", Alain Duhamel écrit que la crise de la zone euro est avant tout politique et que "seul un accord absolu et définitif entre Paris et Berlin est capable de proposer une solution susceptible d'être approuvée par les dix-sept pays de la zone euro". "C'est désormais une affaire de survie pour l'euro et, au-delà, pour l'Europe elle-même" ajoute-t-il. Olli Rehn commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, a lui-même précisé qu'il restait 10 jours à l'Europe pour sauver l'euro (France Inter).
Dans une tribune parue dans Le Monde, la présidente du MEDEF, Laurence Parisot, analyse « la conjonction inédite » de plusieurs facteurs ayant conduit l'Europe aux « turbulences » qu'elle traverse actuellement : des Etats européens presque tous endettés ; des prêteurs méfiants et des spéculateurs agissants ; un pouvoir européen erratique, multiple et chaotique ; une opinion publique tenue à l'écart, inquiète et ignorante à la fois, etc. Estimant que le démantèlement de l'euro et le délitement de l'Union européenne provoqueraient pour les peuples européens à « des décennies d'appauvrissement », Laurence Parisot propose une solution « audacieuse » : « les Etats-Unis d'Europe, le fédéralisme européen, la délégation de souveraineté ». Ce projet nécessiterait de conférer une responsabilité politique plus grande aux institutions européennes et à considérer d'emblée à leur échelle européenne les questions sociales, et pas seulement budgétaires et fiscales.
FESF
Doté d'une enveloppe initiale de 440 milliards d'euros, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) dispose actuellement d'un peu plus de 250 milliards d'euros non affectés. Cette somme est « largement insuffisante pour donner au Fonds une quelconque force dissuasive », estime Le Monde, qui note que ses capacités risquent d'être encore affaiblies si l'Italie ou l'Espagne devaient passer sous son assistance ou si la France perdait son triple A. Les Européens souhaitent ainsi renforcer les réserves du FESF grâce à des prêts du FMI et de la BCE, dont le rôle devra être clarifié avant d'accélérer la mise en place du fonds permanent de sauvetage, qui doit succéder au FESF au plus tard fin 2013. Dans un éditorial dans Le Point, Nicolas Baverez écrit que "des trois solutions pour sauver la zone euro, la première, choisie lors des sommets européens de juillet et octobre, est mort-née: le Fonds de stabilité dispose d'une taille très insuffisante pour réassurer l'Italie et se trouve paralysé par la dégradation annoncée de la notation française".
BCE
La France et l'Allemagne s'opposent sur le choix du nouveau chef économiste de la BCE. Paris met en avant la candidature de l'économiste Benoît Coeuré, numéro deux du Trésor, tandis que Berlin soutient Jörg Asmussen, l'actuel bras droit du ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble. Mais la décision finale reviendra à Mario Draghi. Cette fonction revêt un caractère particulièrement stratégique en période de crise. Le conseil des gouverneurs de la BCE se diviserait sur l'ampleur de l'intervention de l'institution, ainsi que sur la poursuite du programme de rachat de dette publique une fois que les réserves du FESF seront suffisantes. (Le monde)
Erasmus
Bruxelles s'engage à multiplier les possibilités d'Erasmus, une gageure en temps de crise. « Investir dans l'éducation et la formation des jeunes est le meilleur placement pour l'avenir des jeunes en Europe », a déclaré Androulla Vassiliou lors de la présentation de son projet. Le programme jouit d'un tel succès auprès des jeunes qu'il y a de grandes chances pour qu'il soit effectivement pourvu. (20 minutes)
Energie européenne
Dans une tribune parue dans les Echos, les professeurs Jean-Marie Chevalier et Patrice Geoffron déplorent l'absence de concertation dans la politique énergétique des pays de l'UE, avec l'Allemagne, la Belgique et l'Italie qui ont choisi de sortir du nucléaire. Cela va contre le bon sens puisque les pays européens sont interconnectés et dépendent les uns des autres pour leur balance énergétique. Les professeurs expliquent ensuite que les prix énergétiques devraient augmenter de 20-40% d'ici à 2020 et seront la cause de plus de précarité. L'UE doit repenser sa politique énergétique, d'autant qu'elle pourrait constituer un puissant levier pour un modèle de croissance. La Commission estime que 270 milliards d'euros d'investissement seront nécessaires, qui permettront de diminuer les importations d'hydrocarbure et soutiendront des millions de jobs.
Union économique et monétaire européenne
Un sacrifice de souveraineté doit être fait afin d'obtenir une crédibilité structurelle pour l'Union économique et monétaire européenne, a déclaré, mercredi, Herman Van Rompuy. Lors d'une conférence des ambassadeurs de l'Union européenne (UE), le président du Conseil européen a ajouté qu'un pas significatif devait être fait vers une réelle union économique. "Aujourd'hui, nous arrivons au cœur du problème. Le voici : la crise systémique requiert une réponse systémique. Nous devons faire un pas significatif vers une véritable union économique à la mesure de notre union monétaire", a-t-il dit. "Qu'il y ait une modification du traité ou pas, les deux solutions exigent un sacrifice de souveraineté afin d'obtenir en échange une crédibilité structurelle pour l'Union économique et monétaire", a-t-il ajouté. (Lepoint.fr)
Marché européen de l'audit
Dans leur proposition de législation présentée mercredi, les services de Michel Barnier prônent notamment la rotation des cabinets et l'obligation de filialiser les activités de conseil. Le commissaire européen au Marché intérieur a déclaré « Les propositions présentées aujourd'hui s'attaquent aux faiblesses actuelles du marché européen de l'audit, en éliminant les conflits d'intérêts, en garantissant l'indépendance et en renforçant la diversité sur un marché trop concentré ». Si Patrick de Cambourg, président de Mazars, salue « les avancées fortes en matière d'unification du marché, de qualité d'audit et de diversification de l'offre d'audit », Jean-Luc Decornoy, président de KPMG France, estime de son côté que le Livre vert est « une profonde déception ». Interviewé par Les Echos et LCI, Claude Cazes, président de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes, s'exprime « Par l'expression de regrets, de satisfaction et d'inquiétudes. » Il déclare que le livre vert sur l'audit « ne s'intéresse en définitive assez peu à l'évolution de la mission d'audit dans l'actuel contexte financier et international. » Il note aussi que « la rotation des cabinets risque d'avoir l'effet inverse du but recherché ».
Transparence des sites internet
Dans un entretien à Direct Matin, Viviane Reding souligne que l'UE agit pour imposer la transparence aux sites utilisant les données personnelles des individus, via une révision de la directive sur la protection des données adoptée en 1995 : « il faut redonner à l'internaute le droit de choisir si ses données peuvent être utilisées et dans quel cadre. Le droit à l'oubli doit être réel, et la transparence de mise », déclare la vice-présidente de la Commission pour qui une « règle commune pour 500 millions de citoyens » mettra également fin à l'insécurité juridique pour les entreprises du secteur. Cependant, rien n'a encore été décidé pour la presse.
International RELEX
Croatie
Le HDZ, parti de droite nationaliste croate qui dirige le pays depuis 1991 et a mené la Croatie dans sa quête pour l'adhésion à l'UE serait le grand perdant des prochaines élections législatives. Certains analystes prédisent la disparition totale de ce parti au sein du Parlement au profit du parti social-démocrate SDP. Zoran Milanovic, leader du SDP, sera peut être celui qui mènera le pays dans la dernière ligne droite vers l'UE en signant l'adhésion ce 9 décembre. L'adhésion à l'UE de la Serbie prend encore du retard, et sera peut être mise de côté au sommet du 9 décembre, après les violents affrontements entre Serbes du Kosovo et soldats du Kfor lundi. Les pourparlers au Kosovo ont pourtant repris hier, sous la houlette de l'UE. (La Croix)
Iran
Un Iran doté de l'arme nucléaire modifierait radicalement l'équilibre stratégique au Moyen-Orient et le profil sécuritaire de l'Europe s'en verrait aussi profondément modifié. Ce n'est donc qu'une question de temps avant que la communauté internationale soit confrontée à un choix fatidique : accepter l'Iran comme puissance nucléaire ou admettre que cette perspective mènera à la guerre. Le retour au dialogue diplomatique entre les Etats-Unis et l'Iran paraît difficilement concevable après les événements de 1979, que Catherine Ashton a qualifiés « d'incursion totalement inacceptable » et que Paris a également condamnés « très fermement ». Il incombe donc à l'Europe d'assumer la charge d'organiser et de mener ces négociations hautement sensibles. (l'Express.fr)
Nouvelles nationales liées à l'Union - France
F.Hollande
En pleine campagne présidentielle, François Hollande s'est rendy à Bruxelles où il a rencontré le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et les eurodéputés socialistes. Il s'est exprimé sur les actuelles négociations entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, et affirme qu'une "autre Europe" est possible que celle que préparent actuellement les dirigeants français et allemands (Libération). M. Hollande s'en est pris à la proposition de Sarkozy d'établir un nouveau traité européen, qui selon lui ne répond pas à "l'urgence" de la crise (Le Figaro). Il critique le suivisme de Nicolas Sarkozy et affirme que c'est "Merkel qui décide". M. Hollande attaque par ailleurs les remèdes prônés par l'Allemagne pour résoudre la crise: il défend notamment avec véhémence la souveraineté nationale en matière budgétaire. "Quand le PS déclare la guerre à l'Allemagne" titre l'éditorial de la Une du Figaro. "Sauver l'euro nécessite des abandons de souveraineté supplémentaires" explique le journal, qui accuse le PS de ne pas aller jusqu'au bout de la logique fédérale initiée il y a 20 ans avec l'euro. le figaro
Disours de N.Sarkozy sur l'Europe
Dans un discours très attendu sur la crise aujourd'hui à Toulon, le chef de l'Etat va aborder la question du futur de l'UE et exposer les termes du compromis entre la France et l'Allemagne. Il va présenter sa stratégie de sortie de crise et remettre sur la table sa proposition de règle d'or. (Les Echos)
Entreprises françaises
Le déficit commercial français devrait battre un nouveau record cette année. Dans un rapport publié hier, les députés de la commission des affaires étrangères rappellent que les entreprises françaises sont trop petites pour se lancer à la conquête de marchés à l'international et la compétitivité de ses produits est « rognée par le coût du travail ». Le rapport rappelle que « c'est à l'Union européenne, seule compétente pour définir la politique commerciale, de prendre en compte les préoccupations de nos entreprises ». « Il est difficile d'accepter que des entreprises européennes se voient refuser des marchés publics, ou voler certaines innovations, sans que L'UE ne prenne de mesures en retour », s'agacent les députés français. La balance commerciale française, dont le déficit devrait atteindre 75 milliards cette année, ne pourra espérer se rééquilibrer que si l'Europe « trop peu protectrice » se bat pour obtenir les mêmes règles du jeu pour les entreprises qui importent leurs produits sur le Vieux Continent que pour celles qui cherchent à exporter vers les nouveaux marchés. Et dans ce contexte, la France doit « mieux faire entendre sa voix » dans les négociations européennes. (Le Figaro Economie)
Nouvelles nationales liées à L'Union - Autres Etats membres
Portugal
Au Portugal, l'assemblée à définitivement approuvé le budget d'austérité qui faisait l'objet de tractations depuis plusieurs semaines. Les socialistes n'ont pas pu s'opposer à cet accord avec la Troïka mais ont choisi de s'abstenir. Il s'agit d'un des plans les plus sévères qu'ait connu le pays. Les économistes regrettent toutefois qu'aucune mesure ne soit consacrée à la relance. (La Tribune)
Pologne
La Tribune analyse la présidence polonaise de l'UE, expliquant que la Pologne n'a pas réussi à jouer le rôle de leader qu'elle aurait souhaitée. Ne faisant pas parti de la zone euro, le pays a été écarté des principaux sommets. Ainsi, il a multiplié les discours alarmistes pour se faire entendre, le dernier en date étant le discours de Sikorski faisant appel au leadership allemand. La Pologne affirme également qu'elle est très motivée à l'idée de joindre la zone euro. Mais l'économiste Leon Podkaminer explique qu'il s'agit juste d'une stratégie de communication et le pays a intérêt à maintenir un zloty faible.
contact : dominique.robert@europarl.europa.eu (+33) 01 40 63 40 07



















