vendredi 5 février 2010

Rencontre avec les élèves du Lycée Jacques Decour, à l'invitation de Pierre Lellouche, Secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes, le 2 février 2010



En fin d'après-midi, Jerzy Buzek, à l'invitation de Pierre Lellouche, et en compagnie de Simone Veil, ancienne Présidente du Parlement européen, de Pierre Schapira, adjoint au Maire de Paris, de Jacques Bravo, Maire du 9ème arrondissement et d'Alain Barrau, a rencontré les élèves du Lycée Jacques Decour dans le neuvième arrondissement de Paris.


Accueilli par le Proviseur et l'Inspecteur de l'Académie, le Président a commencé sa visite par l'exposition préparée par les élèves du lycée et consacrée au camp d'Auschwitz. Ensuite M. Lellouche a salué Mme Veil, ancienne Présidente du Parlement européen, en disant qu'elle est un monument de notre vie morale et politique. Il a remercié M. Buzek de sa présence, en rappelant qu'il est une figure de l'histoire de l'Europe et que c'est également un combattant de la liberté. Mme Simone Veil a remercié les 18 lycéens et leurs professeurs pour leur travail remarquable. Elle a ajouté que l'Europe a réussi l'exercice de réconciliation après l'expérience de la seconde guerre mondiale. "On a réussi à tourner la page sans oublier" a-t-elle déclaré.

Le Président s'est adressé aux jeunes et les a remerciés pour cette exposition qui montre les horribles traces de ce crime contre l'humanité. Lui-même a vu le camp pour la première fois à l'âge de 13 ans, et, depuis, y est retourne régulièrement avec le même choc et la même émotion.

Ensuite, il a répondu aux questions posées par les élèves. Parmi les sujets mentionnés, nous retrouvons la perception de la France dans l'Union européenne. Le Président a rappelé que la France est l'un des pays fondateurs et est considérée comme un pilier très important de l'Union européenne. La France est le pays de la Déclaration Schuman, qui représente pour le Président la meilleure manière de célébrer la mémoire de ceux qui sont morts à Auschwitz.

Grâce au Traité de Lisbonne, l'Union sera plus forte et mieux gérée. L'objectif du Traité est le suivant : l'Union doit servir les citoyens pour sortir de la crise au plus vite, assurer la sécurité énergétique, surmonter les problèmes de changement climatique et de lutte contre le chômage.

La question de l'entrée de la Turquie au sein de l'Union européenne a également été évoquée par les élèves. Le Président Buzek a rappelé que pour pouvoir entrer dans l'Union, il faut remplir les critères exigeants de Copenhague. La Turquie ne remplit pas aujourd'hui ces critères de base, mais les négociations continuent.

Les élèves ont évoqué aussi la question du multilinguisme dans l'Union. D'après le Président, il faut agir de  façon commune en traitant les problèmes globaux et respecter en même temps nos différentes cultures. Il a rappelé la devise "Unie dans la diversité" dont la diversité linguistique fait fortement partie. C'est pour respecter cette diversité qu'il existe au Parlement européen des traductions en 23 langues officielles.

Ensuite, la question d'Haïti a intéressé les jeunes. L'Union européenne a déjà décidé d'envoyer 1,5 milliard d'euros d'aide pour reconstruire ce pays mais la "visibilité" de l'Europe est moins forte que celle de certains autres partenaires. En plus, des pays européens ont chacun de son côté envoyé des secours, mais nous serons plus forts si nous restons unis et nous apparaissons unis.

Le dernier sujet de cette rencontre a été l'identité européenne. M. Buzek a expliqué que l'identité nationale dans chaque pays s'est construite pendant des siècles. Chaque nation est attachée à cette identité mais cela n'empêche pas que les Européens constituent en même temps une seule communauté. Chacun d'entre nous apporte différentes expériences linguistiques, sensibilités, relations historiques avec nos voisins. D'après M. Buzek, les piliers les plus efficaces de la communauté sont : la liberté, la solidarité, les règles de démocratie et le respect des droits de l'Homme.