Discours du Président du Parlement européen, Jerzy Buzek, à mi-mandat - Strasbourg, le 20 octobre 2010
Élu le 14 juillet 2009 pour un mandat de deux ans et demi (jusqu'en janvier 2012), le Président du Parlement européen, Jerzy Buzek, a prononcé mercredi 20 octobre en hémicycle son discours de mi-mandat. Il y explicite les actions qu'il a jusqu'à présent menées et celles qu'il souhaite encore mettre en oeuvre.
Tout d'abord, il s'est exprimé sur la crise financière et économique soulignant les réformes ambitieuses dont le Parlement européen a souhaité la mise en oeuvre de la Commission européenne et du Conseil : notamment le paquet de supervision financière et les mesures pour limiter les bonus des banquiers. Il propose une meilleure intégration des marchés européens afin de garantir la croissance économique et les bas prix et, à cette fin, soutient le rapport de Mario Monti.
Le Président a ensuite souligné la nécessaire solidarité entre États membres et la responsabilité de chacun en période de crise. Il a prôné une gouvernance économique européenne et une véritable stratégie de sortie de crise.
Son troisième point rappelle la priorité donnée à la politique énergétique et l'impact de ce secteur en général, et sur l'environnement en particulier. Dans une déclaration commune avec Jacques Delors, le 5 mai dernier, M. Buzek a proposé la création d'une "Communauté européenne de l'énergie".
Remerciant les députés pour leur travail d'ambassadeurs de la démocratie, il rappelle qu'il a pour mission en tant que Président de parler d'une seule voix et de transmettre l'opinion des citoyens au-delà des frontières de l'Union. Il a également représenté l'institution au G8 et a effectué des visites officielles en Chine, aux États-Unis et en Russie. De même, il a souligné que le Parlement a créé un secrétariat de l'Assemblée Parlementaire Euro-Méditerranéenne et a renforcé ses liens avec l'Amérique Latine au travers d'EUROLAT. Il rappelle que du travail reste encore à faire pour bien préparer la coopération parlementaire EURONEST dans le cadre d'un partenariat avec les pays de l'Europe de l'Est.
Son quatrième point porte sur le Service européen pour l'Action extérieure (SEAE) qui aura bientôt un rôle important en Europe. Il a souligné ici le rôle des parlementaires dans les négociations, qui ont permis la mise en place d'un organe "moderne et représentant les intérêts communs de l'Europe".
Son cinquième point traite des droits de l'homme, priorité du Parlement européen et du Président. "Je sais que derrière moi il y a 735 défenseurs des droits de l'homme, et derrière eux 500 millions de plus" a déclaré le Président qui s'est engagé à faire du Prix Sakharov un outil encore plus efficace dans la lutte en faveur de la dignité humaine.
En ce qui concerne les droits des femmes, le Président évoque ses demandes réitérées en faveur de l'emploi des femmes dans les plus hautes fonctions de l'Union européenne et l'introduction de quotas sur les listes électorales. Et le Président de citer Aristote : "Les bonnes choses viennent d'un équilibre (...) Il faut garantir l'égale participation des hommes et des femmes à la vie publique".
Bien conscient de l'importance du traité de Lisbonne, le Président rappelle qu'il a contribué tant en Irlande qu'en République tchèque à son adoption. Le traité de Lisbonne a en effet renforcé le rôle du Parlement européen et en même temps a permis à de nombreuses décisions d'être prises en utilisant la méthode intergouvernementale. C'est pour cette raison que le Parlement européen doit continuer à promouvoir la méthode communautaire afin que les citoyens puissent avoir un véritable outil de contrôle.
Et, enfin, son dernier point : le budget. C'est actuellement la tâche la plus importante pour le futur. Le Parlement européen a ici une vraie responsabilité pour que le budget 2011 soutienne la croissance économique.
Pour conclure, Jerzy Buzek confirme qu'un grand nombre de dossier législatifs urgents sont encore à venir, dont le plus importants sera de parvenir à sortir de cette crise et de mieux protéger les citoyens européens contre une nouvelle. Cette crise n'est pas née en Europe mais elle doit être éradiquée en Europe.
Les "Pères fondateurs" ont choisi la bonne voie. C'est à nous maintenant de modeler l'Europe du XXIème siècle.


















