mercredi 3 février 2010

Conférence de presse du Président Jerzy Buzek lors de sa visite officielle à Paris

Une conférence de presse a eu lieu dans les locaux du Bureau d'Information du Parlement européen en France. En introduction, le Président a présenté les avancées du Traité de Lisbonne qui est entré en vigueur il y a quelques semaines.

Une conférence de presse a eu lieu dans les locaux du Bureau d'Information en France du Parlement européen. En introduction, le Président a présenté les avancées du Traité de Lisbonne qui est entré en vigueur il y a quelques semaines. Il a notamment mentionné le renforcement du rôle du Parlement européen, une montée en puissance des Parlements nationaux dans le processus décisionnel de l'Union européenne en vertu du principe de subsidiarité positivement mise en place, la démocratisation de l'Union européenne et le rapprochement des citoyens. Il a en outre indiqué que "L'Europe doit être forte à l'extérieur car une grande partie des problèmes qui nous touchent proviennent de l'extérieur (crise économique financière, changement climatique...)". L'Union européenne va mieux fonctionner et doit mieux répondre aux attentes des citoyens. Ensuite, le Président a répondu aux questions des journalistes.

En réponse à la question évoquant le manque de cohérence de la représentation extérieure de l'Union européenne à l'issue du Traité de Lisbonne, Jerzy Buzek a rappelé que la mise en œuvre du Traité ne datait que de quelques semaines. Le Président a souligné : " Tout n'est pas contenu dans le Traité. Certaines questions seront résolues après usage. Il faut encore trouver les liens qui vont unir les différentes institutions. Nous avons besoin d'une période de rodage. Il va falloir 6 mois à 1 an".

Interrogé sur les relations Union européenne/Etats-Unis, il a confirmé la nécessité de créer une gouvernance mondiale qui devrait commencer par une coopération transatlantique forte et ensuite s'étendre avec la Chine, l'Inde, la Russie et les nouveaux pays émergents. Si l'Europe veut exister pleinement dans un monde multipolaire, il est primordial de coopérer avec tous les partenaires (p.ex. avec l'Europe de l'Est pour les questions énergétiques, avec le Brésil pour les questions de changement climatique...) et pas seulement avec les Etats-Unis. Jerzy Buzek a rappelé : "chaque problème qui touche les citoyens européens nécessite une action extérieure de l'Union européenne".

La question suivante a été consacrée au camp de concentration d'Auschwitz. Le Président Buzek avait déjà créé en sa qualité de Premier Ministre un programme de protection de ce lieu en 1997. Il a également parlé de la récente conférence du Congrès juif européen, où il s'est rendu accompagné de plus de 20 députés européens issus de différents États membres. Pendant ce congrès, il y a eu le Forum des droits de l'Homme, initié notamment par Mme Simone Veil. Auschwitz représente un exemple extrême de violation des Droits de l'Homme. Tous ceux qui veulent défendre ces Droits peuvent naturellement participer au financement des actions de mémoire de ce lieu. La lutte pour les droits de l'Homme, valeur fondamentale de l'Union européenne, doit s'opérer dans chaque partie du monde. Et c'est pour cela qu'en janvier 2010 Jerzy Buzek a mis en place le "réseau de Sakharov", composé des 22 lauréats du Prix Sakharov.

Questionné sur les grandes décisions que le nouveau Parlement semble tarder à prendre, Jerzy Buzek a rappelé que le Parlement a pris de nombreuses dispositions par rapport à la crise financière, notamment grâce à la mise en place de la commission spéciale sur la crise financière, économique et sociale. Il a également souligné le contexte institutionnel spécifique des premiers mois du mandat en cours du Parlement, à savoir l'incertitude quant à la ratification du Traité de Lisbonne et l'attente prolongée de la constitution de la nouvelle Commission européenne. Le Président a évoqué plusieurs autres exemples de dossiers étudiés par le Parlement : par exemple les questions énergétiques et la future structure du budget européen.

Au sujet des deux députés supplémentaires pour la France après la ratification du Traité de Lisbonne, Jerzy Buzek a exprimé sa volonté que "sur la désignation des députés européens supplémentaires, les mêmes règles soient respectées dans tous les Etats membres". La commission des Affaires juridiques et constitutionnelles du Parlement européen se penche actuellement sur ce sujet.

La dernière question concernait les initiatives du Parlement européen pour lutter contre le recul des  investissements dans la recherche. L'Union européenne a besoin de réussites technologiques bien que, dans la science, ces réussites ne se transforment en succès visible qu'à plus long terme. Le Programme Cadre de Recherche (PCR) a été cité à cette occasion. En tant que rapporteur pour le septième PCR, ainsi que pour le plan stratégique européen pour les technologies énergétiques, M. Buzek a rappelé que le septième PCR a été adopté par le Parlement avec une enveloppe de 54 milliards d'euros, alors que le sixième PCR avait seulement recueilli la somme de 19 milliards d'euros. Pour le huitième PCR, le Président souhaite que l'Union européenne prévoie 100 milliards d'euros. Aujourd'hui le PCR constitue le troisième fonds européen, après l'agriculture et les fonds structurels régionaux. Avec la taille de ce troisième fonds européen, nous voyons déjà un  progrès. "C'est notre chemin européen. Grâce à la synergie des chercheurs de plusieurs pays, nous allons obtenir une valeur ajoutée européenne".