mercredi 18 novembre 2009

Qui pour diriger l'Europe ? Les députés européens débattent

Les rumeurs vont bon train concernant les personnalités pressenties pour les postes de Président du Conseil, de Haut représentant pour la politique étrangère et de commissaires européens. Lors d'un débat en présence de la Présidence suédoise du Conseil et du Président de la Commission européenne, les députés européens se sont expliqués sur le sujet. Les spéculations pourraient cesser le 19 novembre, date d'un sommet européen extraordinaire.

Le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, dont le pays assume la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne, a annoncé qu'une réunion des chefs d'Etat et de gouvernement se tiendrait le 19 novembre. Les dirigeants devraient y nommer « le Président du Conseil européen, le Haut représentant et le Secrétaire général du Conseil ». Rappelons que les deux premiers postes ont été créés par le Traité de Lisbonne, qui devrait entrer en vigueur début décembre. Fredrik Reinfeldt a, en revanche, annoncé ne pas vouloir spéculer sur les possibles candidats.

A quand la publication de la liste de commissaires désignés ?

Si le Premier ministre suédois n'a pas mentionné la date de publication de la liste des candidats aux postes de commissaires européens, le Président de la Commission européenne a expliqué quel type d'équipe il souhaitait former. « Je veux une nouvelle Commission composée d'Européens compétents et engagés. Je veux aussi une Commission avec un fort mandat démocratique. Le Traité [de Lisbonne] nous donne la capacité d'agir, mais nous devons avoir la volonté d'agir ensemble », a martelé José Manuel Barroso.

Le Français Joseph Daul (Parti populaire européen, PPE) a demandé à M. Barroso « de désigner au plus vite les Commissaires, et de répartir leurs  compétences, avant qu'ils ne soient interrogés par le Parlement européen, selon les dispositions du Traité de Lisbonne, dans le cadre d'auditions que nous voulons aussi approfondies que possible ».

L'Autrichien Hannes Swoboda, au nom du groupe Socialistes et démocrates (S&D), a lui demandé que la nouvelle Commission respecte « un équilibre géographique et une parité homme-femme ». « Etes-vous prêts à le dire aux chefs d'Etat et de gouvernements (...) ? Etes-vous prêt à nous assurer que des femmes seront présentes au plus haut niveau ? », a-t-il demandé.

Qui comme Président du Conseil ? Qui comme Haut représentant ?

Au nom de l'Alliance des libéraux et des démocrates (ALDE), le Belge Guy Verhofstadt a demandé que le poste de Président du Conseil soit occupé par « quelqu'un qui croit en l'intégration européenne et qui ne soit pas eurosceptique, quelqu'un qui croit en la  méthode communautaire qui fait avancer l'Europe ».

Rebecca Harms (Allemande, coprésidente des Verts/ALE) a quant à elle souligné la nécessité d'avoir des hommes et des femmes de première importance au sommet des institutions européennes. « Monsieur Reinfeldt, malheureusement je ne peux pas vous féliciter car il n'y a aucun indice en ce sens », a-t-elle déploré.

Un débat parfois vu comme accessoire

Le Britannique Thimothy Kirkhope (Conservateurs et réformateurs européens, CRE) s'est plaint de la manière dont le débat est mené au niveau européen : « La discussion dégénère en un débat mesquin entre des dirigeants qui semble uniquement intéressés par le partage des postes entre eux ».

Quant à Lothar Bisky (Allemand, Président du groupe de la Gauche unitaire européenne, GUE/NGL), il a affirmé que « ça aurait été une bonne idée si les chefs d'Etat et de gouvernement avaient utilisé le sommet pour des politiques plus pratiques et concrètes ». Il a été rejoint sur ce point par le Britannique William Dartmouth (Europe de la liberté et de la démocratie, ELD) qui, par rapport aux interrogations sur le Haut représentant pour la politique extérieure, a affirmé que  « le problème n'est pas les carences de l'Europe en matière de diplomatie mais le taux de chômage ».