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28/05/2010

Etiquetage alimentaire - Qu'y-a-t il vraiment dans l'assiette ? Midi du Parlement européen - Tarbes, 28 mai 2010

28/05/2010

Conférence débat de 12h30 à 14h - Amphithéâtre de la Bourse du travail - 5 boulevard du Martinet - 65000 TARBES

 

le débat

L'étiquetage plus clair et plus informatif, davantage d'information sur la qualité et l'origine des produits agricoles : les députés européens légifèrent en la matière. Le Parlement européen prône notamment que l'étiquetage doit fournir une information facile à comprendre sur la valeur énergétique et nutritionnelle des aliments, sans induire les consommateurs en erreur afin qu'ils puissent effectuer leurs choix en connaissance de cause. Les consommateurs doivent également pouvoir connaître précisément l'origine des produits qu'ils achètent.

 
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les intervenants

Jean BECHARD (de la DIRECCTE), direction régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l'Emploi

Louis LACOUSSADE et Serge ROBITAILLE, de l'association QUE CHOISIR ?

Christopher COAKLEY, expert en questions alimentaires du Parlement européen

 

Etiquetage alimentaire: les grands enjeux de quelques centimètres carrés

par Denis Gileta, agence de presse Vu du Sud-Ouest

Combien d'Européens ne sont-ils pas concernés par un débat sur l'étiquetage des produits alimentaires et sur ce qu'il décrit exactement du contenu de nos assiettes ? Pratiquement aucun, car l'acte d'achat d'une denrée empaquetée est, sans aucun doute, celui qui est le plus fréquent, le plus incontournable dans la vie quotidienne. De plus, ce débat de ce Midi du parlement va bien au delà des quelques centimètres carrés d'une étiquette. En effet, cette surface très réduite est, sans vouloir tomber dans de grands mots, un véritable champ de bataille où s'affrontent les industriels et distributeurs d'un côté et les producteurs et consommateurs de l'autre. Ce conflit d'intérêt ne se déroule cependant pas de manière « sauvage »: le Parlement européen fixe les règles et les objectifs en tenant compte des attentes de chacune des parties et les fonctionnaires nationaux spécialisés les font respecter.

Ce conflit permanent est d'ailleurs en passe de connaître une nouvelle bataille dans les semaines qui viennent: du 14 au 16 juin, le Parlement européen votera une directive qui va remettre à jour des textes parfois vieux de vingt ans, même s'ils ont été remaniés en 2000.  

Beaucoup de défauts pour les consommateurs

Alors quelles sont les attentes des différentes parties? Les consommateurs, représentés par MM. Louis Lacoussade et Serge Robitaille, militants de l'UFC - Que Choisir (membre du Bureau européen des unions de consommateurs, présent auprès des parlementaires et des commissaires de Strasbourg et Bruxelles) ont dressé un constat sans complaisance de la situation actuelle. Pour leur association, la lisibilité des étiquettes est trop faible (les caractères sont trop petits) et elle souffre d'une surface trop importantes allouée aux informations purement commerciales. Elle note également la difficulté pour le consommateur de comprendre vraiment la teneur des informations nutritionnelles et d'aller rapidement à l'essentiel, car nombre d'éléments semblent facultatifs pour le plus grand nombre d'acheteurs. Enfin, l'association déplore l'absence de standardisation des étiquettes et donc la difficulté de comparer les qualités des différents produits.

Des producteurs venus débattre et représenter la filière Bio regrettent que les informations des étiquettes ne recouvrent que le produit global emballé et non les éléments entrant dans sa composition. De plus, ils souhaitent que, dans le cas des viandes notamment, des informations sur la qualité des aliments importés d'autres continents et donnés au bétail soient inscrites, surtout en ce qui concerne la présence d'OGM. Pour eux, il y a là un véritable « déni de démocratie: en toute opacité, on fait passer l'utilisation des OGM par un autre moyen que la production pourtant interdite en France et dans de nombreux pays européens ». Un consommateur porte le débat vers un autre domaine: pourquoi n'a-t-on pas encore décidé d'indiquer le bilan carbone du produit emballé et étiqueté alors que la lutte contre le réchauffement climatique est omniprésente dans nos sociétés depuis des années?

800 amendements discutés

Christopher Coakley, expert en questions d'alimentation au Parlement européen (PE), a expliqué l'élaboration du règlement sur l'étiquetage. Un règlement européen est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tous les États membres, contrairement à une directive qui lie les États membres quant au résultat à atteindre et leur laisse une marge de manœuvre quant à la forme et aux moyens de la mise en œuvre. Ici, un équilibre entre la meilleure information possible des consommateurs et les impératifs et équilibres économiques des industriels doit être trouvé. Les 800 amendements déposés lors du vote en commission de l'environnement du PE pour ce futur règlement montrent l'importance du texte et les fortes motivations des uns et des autres. Sans présumer du résultat des discussions et du vote en plénière, prévu pour le 15 juin à Strasbourg, il a expliqué que le règlement devrait rendre obligatoire la mise en évidence des informations nutritives, comme la valeur énergétique, des taux de matières grasses, de matières grasses saturées et de sucres lents. Une majorité de députés de la commission de l'environnement ont soutenu également l'inclusion des fibres, des protéines et des trans gras. En revanche, la demande du Bureau européen des unions de consommateurs d'un système de signalisation tricolore pour traduire le niveau de présence des différents éléments, divisait les députés (le système présenterait des défauts car il serait trop abrupt, selon une faible majorité). Il a également annoncé des modifications possibles sur l'indication d'origine rendue obligatoire pour de nouveaux produits (en plus des fruits et légumes et de la viande bovine). Enfin, sur un plan général, la grosseur minimale des caractères utilisés pour présenter les informations pourrait être portée à 3mm, avec d'autres conditions pour garantir la lisibilité.

Simplifier par la technologie

Mais le temps manquait pour ce Midi du parlement pour examiner toutes les demandes des uns et des autres. Par exemple, l'UFC Que choisir souhaite un étiquetage nutritionnel simplifié et placé immédiatement à côté des ingrédients. Mieux, l'association de consommateurs (qui craint qu'avec la multiplication des infos, « il faille bientôt des heures pour faire ses courses en voulant lire et comparer les étiquettes ») va plus loin: pourquoi ne pas envisager une présentation claire, accessible et obligatoire des informations de base et, à l'aide des codes-barres, la possibilité pour le consommateur d'afficher sur une borne ou sur son téléphone portable une fiche ultra-complète du produit?

Commentant toutes ces demandes, ces remarques et ces projets, Jean Béchard, qui représente la fonction de contrôle de l'administration, estime que la nécessité absolue est de maintenir les acquis (c'est-à-dire la présence des informations actuelles), de continuer à avoir des étiquettes lisibles, mais que les industriels doivent pouvoir maîtriser les coûts de production des étiquettes. Ces trois points semblent d'ailleurs ne pas faire l'unanimité chez les différents acteurs du débat, comme en témoignent les 800 amendements déposés. Il pense également que l'entreprise doit conserver la responsabilité globale de son produit. Mais plus fondamentalement, il rappelle, non sans raison, que l'étiquetage appartient aux principes fondamentaux de notre économie. En effet, la consommation, si elle est liée au pouvoir d'achat, est tout autant dépendante de la confiance de l'acheteur face au produit. Une confiance qui repose sur la qualité des informations contenues dans les étiquettes.

 

l'album-photo

 

sur le site du Parlement européen

 

les midis du Parlement européen

Cette conférence s'inscrit dans notre nouveau dispositif "une région, un trimestre". En effet, à partir du premier trimestre 2010, le Bureau se concentre sur une région administrative différente par trimestre, en y organisant divers types d'événements, destinés aux élus de ces régions, à la presse, aux milieux économiques et sociaux, aux associations d'éducation populaire et aux milieux scolaires et universitaires, aux multiplicateurs d'opinion et aux milieux associatifs. Le semestre en cours est consacré à la région Midi-Pyrénées.

Pour rappel, les Midis du Parlement européen sont des conférences-débats organisées dans des lieux grand public ou à proximité de zones concentrant des lieux de travail, portant sur un thème d'actualité législative du PE concernant la vie quotidienne des citoyens européens, avec des intervenants locaux et/ou européens définis par le Bureau. Ces conférences sont destinées à un auditoire de 50 à 150 personnes. L'objectif est de mieux faire connaître les décisions que prend le Parlement européen et leurs effets sur la vie quotidienne. Les conférences ont lieu de 12h30 à 14h et ne dépassent pas 1h30.

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