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Crise économique et sociale : impact et solutions préconisées ? Forum citoyens - Metz, le 18 octobre 2012

En point d'orgue de ses manifestations dans la région Lorraine, le Bureau d'information en France du Parlement européen a organisé, le jeudi 18 octobre 2012, un forum citoyens sur le thème "Crise économique et sociale : impact et solutions préconisées". Une assemblée attentive, intéressée et réactive s'est retrouvée autour des députés européens Nathalie GRIESBECK (FR) et Charles GOERENS (LU) pour échanger sur le rôle des députés européens, la crise économique, la Grande Région Sarre-Lorraine-Luxembourg-Wallonie, l'utilisation des Fonds structurels rendue difficile par la complexité des procédures.
Avant ils ont pu découvrir l'exposition sur le Parlement européen réalisée par le Bureau d'Information en France du Parlement européen

Ouverture des travaux

Le Président du Conseil général de la Moselle, Pascal WEITEN, a ouvert les travaux en  rappelant que Robert Schuman, Père de l'Europe, y siégea lui-même. Il a salué la décision de conduire à Metz un débat européen et un forum transfrontalier autour de la Grande Région.
Il a établi trois constats. En premier lieu, la Grande Région constitue le miroir d'une complémentarité vitale pour tous en faisant le pari d'un partenariat de plus en plus étroit au bénéfice du développement des territoires. La manière dont le continent européen se divise aujourd'hui et la résurgence des égoïsmes nationaux renforcent la nécessité de construire un projet européen.
L'Union européenne doit encore davantage renforcer sa cohésion politique et sa stratégie économique pour faire face aux défis continentaux et globaux auxquels elle doit faire face.
Enfin, la coopération européenne doit s'ancrer dans une perspective de long terme en s'appuyant sur une politique coordonnée de l'innovation. Au-delà des mesures d'urgence, l'innovation est la clé pour sortir de la crise économique et la seule stratégie permettant de répondre aux enjeux à long terme du développement de la prospérité des économies européennes.
En conclusion, le Président WEITEN souhaite que ce forum contribue à consolider un dialogue toujours plus constructif entre les citoyens et leurs représentants au Parlement européen, pour parvenir à une meilleure compréhension mutuelle.

L'action «Une région-Un trimestre»

Marie-Christine de SAINT-ARAILLE, du Bureau d'information en France du Parlement européen a expliqué que le Forum Citoyens clôture toutes les actions menées dans le cadre de l'action «Une région - Un trimestre» en Lorraine, au cours desquelles le Bureau d'information du Parlement européen multiplie les rencontres avec l'ensemble des acteurs régionaux de la société civile. Ce Forum a pour vocation de rassembler tous ces acteurs locaux et de favoriser le contact entre les citoyens d'un territoire et leurs représentants européens.

Dialogue et échange de vues

Autour des députés européens Nathalie GRIESBECK, (FR),et Charles GOERENS, (LU) ont participé au débat, Madame HOUTMAN, Chef de la représentation en France de la Commission européenne, et trois grands témoins : Monsieur CAYZELLE, Président du Conseil Economique, Social et Environnemental de Lorraine, Monsieur HAUSSLER, Président du Mouvement Européen Lorraine et Monsieur AZZI, Directeur des affaires européennes au SGAR Lorraine.
Les débats ont été modérés par Richard STOCK du Centre Européen Robert Schuman.

Le rôle des députés européens

Madame GRIESBECK considère que son rôle est de représenter les 8,5 millions de Français que compte la circonscription Est et de participer à la construction de l'Europe à laquelle elle croit : une Europe idéalisée qui repose sur la paix et la prospérité des peuples européens.
Monsieur GOERENS souhaite incarner la triple dimension du Parlement européen, organe législatif chargé du contrôle de l'exécutif et doté d'une mission d'intégration politique.

Monsieur STOCK a demandé aux députés de réagir à une interview du président de la République monsieur HOLLANDE, où il évoque l'enjeu de mobiliser les peuples et d'augmenter les taux de participation aux élections européennes de 2014.

Madame GRIESBECK appelle de ses vœux une campagne électorale plus politique avec un véritable programme pour l'Europe porté par les leaders des mouvements. Elle souligne l'illisibilité des institutions européennes, liées à son sens à l'absence de message politique suffisamment clair. Et de proposer que le chef de l'exécutif soit élu au suffrage universel direct pour permettre une meilleure appropriation par les européens de l'avenir de l'Union.
Monsieur GOERENS met en avant le total désintérêt des Luxembourgeois pour les élections européennes, qui coïncident depuis 1979 avec les élections nationales. De manière générale, il dénonce un déficit démocratique inhérent au fonctionnement des institutions communautaires. Le Parlement européen est exclu de la prise de décision sur les grandes orientations politiques et stratégiques de l'Union, qui revient à des fonctionnaires ne bénéficiant d'aucune légitimité démocratique.

Crise économique : que dit le parlement européen ?

Monsieur GOERENS estime que la France sera la clé de l'évolution de la crise sur le continent. L'Europe ne pourra pas supporter un effondrement de l'économie française comme elle le fait avec la Grèce ou l'Espagne. Cependant, la multiplication des sommets européens ne masque pas les divergences entre Etats, notamment entre la France et l'Allemagne. Et de juger insupportable cette incapacité notoire à ne pas reconnaître l'intérêt supérieur; il importe de fixer un cap et de définir une méthode commune.

Madame GRIESBECK considère également qu'à situation très grave, des réponses urgentes et coordonnées s'imposent.. L'Union est absolument indispensable mais ne peut fonctionner sans reposer sur des piliers monétaires, politiques et économiques. Cette crise constitue une opportunité de franchir un cap important. Et de préconiser une nouvelle forme de fédéralisme, même si le mot est tabou en France, qui clarifierait les institutions et leur fonctionnement.

Monsieur HAUSSLER partage le constat sur le désintérêt des citoyens vis-à-vis de l'Europe, auquel des réponses réalistes doivent être apportées. Il souligne notamment la possibilité de nationaliser davantage les enjeux européens, qui furent très peu présents lors des dernières élections législatives et présidentielles françaises.
Pour lui, la crise ne peut être résolue sans en analyser les origines. Il invite l'Europe à reconnaître les erreurs commises, en faisant allusion en particulier aux modalités de mise en œuvre de la monnaie unique et au non-respect par certains Etats du Pacte de stabilité. Concernant les solutions à apporter, il rappelle que Monsieur VAN ROMPUY a fixé en juin 2012 une feuille de route dans le but de renforcer l'union économique et monétaire autour de quatre piliers : un cadre financier, un cadre budgétaire, un cadre en matière de politique économique et un renforcement du contrôle démocratique.

La salle invite les députés à réagir sur la proposition allemande de confier à un super-commissaire le contrôle des budgets nationaux et à celle de M. DELORS de transformer la zone euro en coopération renforcée.

Pour M GOERENS, il faut mettre fin au climat de méfiance actuelle et tenir un discours de vérité. Il constate que l'Europe n'est pas la seule région du monde touchée par la crise, mais qu'elle est incapable de faire preuve de solidarité et de reconnaître ses erreurs passées, comme l'illustre l'impasse dans laquelle se trouvent les Eurobonds. Il prévient que plus aucun pays européen ne fera partie du G8 en 2030 s'ils refusent de saisir ces occasions de renforcer leur solidarité et leur coopération.

Madame GRIESBECK partage cette conclusion sur la perte d'influence qui menace l'Europe et la nécessité de mutualiser les moyens et les efforts à l'échelle continentale. La proposition d'une coopération renforcée pour la zone euro nécessite selon elle d'ouvrir le dispositif aux Etats situés hors de l'union monétaire. Enfin, elle soutient l'idée d'un super-commissaire européen chargé de contrôler les comptes des Etats et la considère même comme une nécessité en rappelant le cas grec.

Madame HOUTMAN tient à apporter de l'optimisme à ces débats. Elle estime que l'Europe n'a jamais autant progressé en matière de réglementation financière et d'union budgétaire que depuis le début de la crise. La stratégie Europe 2020 contient notamment des objectifs, des recommandations aux Etats et une gouvernance très claires. Concernant l'idée d'un super-commissaire, elle rappelle que les textes européens chargent la Commission de surveiller les déficits budgétaires des Etats-membres et mettent à sa disposition des outils de suivi et de sanction. Enfin, elle assure que la Commission européenne a conscience de l'importance particulière que revêtiront les prochaines élections européennes. 2013 sera d'ailleurs l'Année européenne des citoyens et permettra d'accentuer la communication à destination des électeurs européens.

L'Europe et la Grande région

Monsieur CAYZELLE rappelle que la Grande Région regroupe la Rhénanie-Palatinat, la Sarre, la Lorraine, la Wallonie et le Luxembourg. Le dispositif se trouve toutefois en panne actuellement, en l'absence de débats sur des sujets communs d'importance comme la sidérurgie ou les écluses du Rhin. mais il ne faut pas pour autant détruire cet outil et tout ce qui a déjà été construit. La Grande Région a notamment permis de développer les rencontres au niveau culturel et académique. L'objectif consiste maintenant à créer un projet et à mettre sur pied une réelle gouvernance de la Grande Région.
Madame GRIESBECK estime que les difficultés de la Grande Région ne relèvent pas uniquement d'une question de méthode mais aussi d'une absence de volonté politique. Elle regrette que cet outil ne soit pas utilisé, alors que cet espace communautaire recouvre des millions d'habitants et des dizaines de milliers de travailleurs transfrontaliers.
Monsieur GOERENS constate que la Grande Région doit s'entendre sur des synergies organisées face à ses problèmes communs, tels que l'augmentation du chômage ou le déclin de l'industrie. Toutefois, les problématiques de gouvernance sont encore plus compliquées qu'à l'échelle européenne, puisque la Grande Région recouvre un Etat souverain, deux länder allemands, une région française et la moitié de la Belgique.

Les Fonds structurels européens

Le modérateur, M STOCK rappelle que 10 000 projets lorrains ont été aidés depuis 2007 par les fonds structurels et demande si la région est une bonne consommatrice de ces crédits européens.
Malheureusement pas le cas, rétorque Monsieur AZZI, du SGAR. A cette date, la lorraine n'a consommé que 63 % de l'enveloppe dédiée au programme « Compétitivité régionale et emploi » et 80 % du programme « Coopération territoriale européenne ».

Dans la salle, un intervenant attire l'attention sur les entraves bureaucratiques émanant de l'Etat français, qui viennent s'ajouter aux règlements européens dans le cadre de la demande et de l'utilisation des fonds structurels.

Monsieur GOERENS confirme que l'Europe et les Etats partagent une responsabilité face à cette incapacité d'absorption des fonds structurels.
Une autre question est posée dans la salle sur l'avancée du projet de TGV entre Bruxelles et le Luxembourg.
Monsieur GOERENS constate qu'il se concrétisera si le Luxembourg le finance. Or ce projet ne constitue pas une priorité alors que le Grand-Duché accuse un déficit de 1,3 milliard d'euros en 2012.

Conclusion

En écho à l'intervention de Madame HOUTMAN, Monsieur GOERENS ne se considère pas comme pessimiste mais aspire uniquement à décrire la situation sans fard, dans un souci de transparence et de crédibilité. Il constate que l'Europe est contrainte d'emprunter une voie étroite pour s'en sortir et qu'un optimisme béat ne la fera pas avancer.
Madame GRIESBECK souligne combien elle a apprécié ce dialogue et nie aussi faire preuve de pessimisme. Elle se déclare idéaliste, mais réaliste et lucide face à la situation de la France et de l'Union européenne dans la conjoncture actuelle. Elle estime que l'Europe est arrivée au bout d'un système usé jusqu'à la corde et qu'en raison de la crise, ou grâce à celle-ci, elle sera obligée d'aller de l'avant.

Pour plus d'informations : marie-christine.de-saintaraille@ep.europa.eu

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Pourquoi un forum citoyens ?

Le Forum citoyens a pour objet de donner plus d'impact à la communication sur le Parlement européen à l'échelle de la région et de susciter un intérêt pour les travaux du Parlement européen et leur suivi. Point d'orgue des manifestations dans la région, le forum Citoyens a pour but de rassembler autour les députés européens de la circonscriuption Sud-Ouest, les citoyens, élus locaux, milieux économiques et sociaux,  associations d'éducation populaire, milieux scolaires et universitaires,  multiplicateurs d'opinion et milieux associatifs et de leur donner la parole.