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19/05/2014

Petit-déjeuner de presse avec Patrick Le Hyaric (GUE/NGL) - Paris, le 16 mai 2014

Patrick Le Hyaric
Patrick Le Hyaric

Dans le cadre de la campagne pour les élections européennes, le bureau d'information en France du Parlement européen organise jusqu'au vendredi 16 mai une série de petits déjeuners de presse avec des députés français représentant chacune des cinq familles politiques qui ont désigné un candidat à la présidence de la Commission européenne, celle ou celui qui présidera à la destinée de l'Europe dans les années à venir et que les citoyens européens choisiront indirectement pour la première fois en allant voter pour leurs députés européens le 25 mai. Au programme de ces cinq rencontres avec la presse : le bilan de la législature qui s'achève, les enjeux et défis à venir, la vision de l'Europe propre à chacun des députés invités. Cinquième et dernier invité, vendredi 16 mai: l'eurodéputé Patrick Le Hyaric, directeur du quotidien L'Humanité, membre du conseil national du parti communiste français (PCF), membre de la commission de l'emploi et des affaires sociales du Parlement européen, de la délégation pour les relations avec le Conseil législatif palestinien, de la délégation à l'Assemblée parlementaire de l'Union pour la Méditerranée, et membre suppléant de la commission de l'agriculture et du développement rural, de la commission de la pêche et de la délégation à l'Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE. M. Le Hyaric est tête de liste de "stop à l'Europe de la finance-l'humain d'abord ! Front de Gauche".

Législature passée:  elle a été "marquée par tout ce qui touche à la crise, particulièrement au sein de la commission de l'emploi et des affaires sociales" dont il est membre, a résumé Patrick Le Hyaric, qui dit avoir découvert en devenant député européen "qu'un parlementaire européen peut influer sur le cours des choses". Beaucoup de dossiers très techniques ont eu des conséquences directes sur la vie des citoyens européens et "il y a eu beaucoup de désaccords". Parmi les dossiers importants, sur lesquels l'Europe a avancé, il a cité la directive sur les travailleurs détachés pour lutter contre le dumping social et deux grands chantiers que sont la réforme de la PAC (politique agricole commune) et le Fonds d'aide aux plus démunis, "un beau succès dû au Parlement européen qui a tenu tête au Conseil", a-t-il estimé. Il s'est dit en revanche "déçu" par le vote du budget pluriannuel, insuffisant, selon lui.

Futur: Patrick Le Hyaric souhaiterait pour le futur une meilleure protection des droits fondamentaux des citoyens. Ill se dit "partisan d'une charte européenne" autour d'un salaire minimum, d'un "smic européen". Mais, ajoute-t-il, "le chantier est immense au vu des différences énormes qui existent entre les Etats membres". Il faut, ajoute-t-il, "inventer une charte de non-régression sociale afin de ne pas mettre les gens en concurrence". Il souhaite aussi défendre l'égalité entre les hommes et les femmes, plus durement frappées par les politiques d'austérité et leurs conséquences. Il se félicite que la question du chômage des jeunes ait pu avancer un peu avec la mise en place de la "garantie jeunesse" mais souligne que les fonds mobilisés restent faibles (six milliards d'euros alors qu'il en faudrait 21 milliards minimum) et qu'il "ne s'agit pas d'une question d'argent mais de volonté politique", soulignant que "pour les banques, l'Europe a été capable de mobiliser 1.000 milliards". "Créer des écoles de la deuxième chance, transformer les emplois précaires en emplois stables...Si l'Europe s'engageait dans un tel projet, on ne serait pas en crise", estime-t-il. Il  souhaiterait, dit-il, que les fonds de la Banque Centrale européenne (BCE) "viennent en aide à des projets de développement humain pour lesquels il y a des millions d'emplois à créer notamment dans les domaines du Transport et de l'Energie".

Défiance des citoyens à l'égard de l'Europe: cette défiance est "justifiée lorsque les traductions de directives européennes font du mal aux gens, ce que je combats",  dit Patrick Le Hyaric. "Mais, ajoute-t-il, ce n'est pas la faute de l'Europe ! Ce sont les majorités politiques issues du suffrage universel qui les défendent". Plus inquiétante est, selon lui, "la crise de l'idée européenne" qui sévit : "il y a un réel schisme (entre les citoyens et les dirigeants politiques) et c'est grave". Il déplore qu'hormis pendant la campagne électorale et les rares émissions spécialisées, "aucun débat ou reportage sur l'Europe ne soit retransmis régulièrement à la télévision et à la radio". Il déplore également "la politique spectacle qui est en train de nous tuer". "Quelque chose est en train de se passer qui est très grave. L'austérité crée une fracture Nord-Sud et crée même des sentiments anti-allemands voire anti-français dans les pays du Sud (de l'Union européenne), soumis à un régime très violent", dit-il. "Les citoyens doivent participer  à l'élaboration de la politique", ajoute M. Le Hyaric  qui se dit favorable à un "va- et -vient entre les parlements nationaux et le Parlement européen", à "un travail où se mêlent syndicats et associations" et "peut-être, à l'invention d''un forum des citoyens européens".

TTIP: "Nous ne voulons pas d'un tribunal des affaires contre un tribunal des droits humains", résume l'eurodéputé, très hostile au traité de libre-échange avec les Etats-Unis, dont les négociations ont débuté. "Quelles que soient les opinions politiques, je ne vois pas comment on peut être pour un projet européen et accepter cela, car ce sera un grand marché sous domination des multinationales", ajoute-t-il, déplorant la discrétion de la gauche sur le sujet.
Euro: favorable à une "transformation de l'euro", M. Le Hyaric estime aussi que  "la BCE, à l'échelle d'un continent (européen), ne peut pas rester indépendante de tout contrôle politique". "Mario Draghi (président de la BCE) lance quelques pistes sur les taux d'intérêt mais la question fondamentale est d'avoir des structures européennes capables de prendre le dessus face aux rapaces de la finance", tranche-t-il.

Montée des populismes : selon M; le Hyaric,  la crise de l'idée européenne pousse à "l'arrivée de populistes de tous bords et d'europhobes au Parlement européen qui n'auront pas de majorité mais qui risquent de conforter au sein de l'hémicycle un bloc central qui déplacerait le centre de gravité vers des politiques de moindre mal", estime-t-il. "La fracture est terrible entre les politiques et les citoyens qui sont tentés par ce vote contestataire sur la base d'une argumentation totalement folle: sortir de l'Europe pour régler les problèmes, ce qui est un mensonge monstrueux", ajoute-t-il.

Aux électeurs "en colère ou déçus", il dit: "vous avez une arme: votre bulletin de vote avec lequel vous pouvez porter votre espoir ou votre colère. Ne la retournez pas contre vous en signant un chèque en blanc aux auteurs de ce mensonge".