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Petit-déjeuner de presse avec le député européen Alain Lamassoure (PPE) - Paris, le 23 avril 2014

Dans le cadre de la campagne pour les élections européennes, le Bureau d'information en France du Parlement européen organise jusqu'au vendredi 16 mai une série de petits déjeuners de presse avec des députés français représentant chacune des cinq familles politiques qui ont désigné un candidat pour la présidence de la Commission européenne, que les citoyens européens choisiront indirectement en allant voter pour leurs députés européens le 25 mai. Pour la première fois, en effet, celle ou celui qui présidera la Commission européenne sera proposé par la seule institution de l'Union européenne élue au suffrage universel direct, le Parlement européen. Au programme de ces cinq rencontres avec la presse : le bilan de la législature qui s'achève, les enjeux et défis à venir, la vision de l'Europe propre à chacun des députés invités. Alain Lamassoure, ancien ministre délégué aux affaires européennes, président de la Commission des budgets du Parlement européen, député du Parti populaire européen (PPE) et tête de liste UMP en Ile-de-France, a été le premier à intervenir dans ce cadre le mercredi 23 avril devant les journalistes.

Pour lui, 2014 "fera date dans l'histoire de la construction européenne parce que nous changeons résolument de siècle et d'Europe".

"Le pouvoir est à prendre en Europe et c'est tous ensemble que nous le prendrons", a-t-il dit, insistant sur la nécessité d'une "bonne liaison franco-allemande, car l'Europe n'avance que si ces deux roues motrices avancent à la même vitesse".

Et l'Europe "est pleine de bonnes nouvelles", a-t-il poursuivi, en citant trois grands sujets qui ont accaparé les eurodéputés au cours des dernières années et sont désormais largement "derrière eux" :
-  la fin du débat sur la question d'une Europe fédérale ou souverainiste "qui n'a plus lieu d'être depuis l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne qui crée une communauté européenne qui ne ressemble à rien d'autre qu'à elle-même. C'est en quelque sorte l'équivalent d'une intercommunalité à l'échelle globale dans laquelle nous avons le devoir d'organiser les services publics ; un espace européen de paix et de réconciliation dans lequel nous avons besoin d'être unis ; une Europe des Etats et des nations qui est beaucoup plus que les nations dans l'Europe".
- "les frontières de l'Union européenne resteront là où elles sont et de grands pays qui sont attirés par le modèle européen comme la Turquie, l'Ukraine et même la Russie, ont vocation à  nouer des partenariats privilégiés" avec elle.
- au prix d'efforts considérables, les eurodéputés ont adopté une Union bancaire, financière et économique et éteint l'incendie des marchés financiers, ce qui devrait permettre d'éviter à l'avenir de nouvelles crises.

Ces réalisations, a-t-il rappelé, ont été accomplies en un laps de temps de 10 à 15 ans, une période pendant laquelle le reste du monde n'a pas attendu l'Europe et pendant laquelle aussi bien de nouvelles puissances étatiques que de nouveaux acteurs économiques sont nés et des nouveaux réseaux criminels et "nous nous réveillons en plein 21ème siècle".

Pour M. Lamassoure, c'est à nous, politiques, citoyens, technocrates, de "rattraper le temps perdu en prenant l'Europe telle qu'elle est et en prenant le pouvoir". Et prendre le pouvoir, a-t-il dit, c'est choisir d'aller voter le 25 mai pour "un Monsieur ou une Madame Europe", un des candidats désignés par les familles politiques du Parlement européen qui deviendra le prochain ou la prochaine présidente de la Commission européenne, élu (e) au suffrage universel, qui "aura des comptes à rendre" mais pourra "parler d"égal à égal avec le chancelier allemand ou le président français alors que jusque là il était le commis de ces gens-là".

M. Lamassoure a exclu qu'une personnalité "autre" qu'un des candidats désignés par les familles politiques représentées au Parlement européen puisse devenir le ou la président(e) de la Commission européenne même si, en théorie, le Conseil des ministres de l'UE peut proposer un autre nom. "Le Conseil européen est un chef d'Etat collectif qui doit s'incliner devant le suffrage universel", a dit l'eurodéputé.

Pour M. Lamassoure "il y a cependant une chose que nous, Français, ne pouvons attendre de l'Europe et de nos partenaires européens : c'est qu'ils fassent ce qui ne dépend que de nous-mêmes", comme la compétitivité en France. Il a cité les balances commerciales excédentaires "dans 16 des 28 pays" de l'Union, déplorant que celle de la France fasse partie, avec celle de la Belgique et de la Grèce en 2014, des balances déficitaires. "L'Europe nous incite à faire des réformes", a-t-il indiqué.

Il est en revanche de la responsabilité de l'Europe de trouver les moyens de "mieux vivre ensemble à l'intérieur de l'Europe" et une meilleure coordination des politiques économiques pour maximiser la croissance et s'assurer que, comme il n'y a pas de budget fédéral suffisant, ce sont les budgets nationaux qui jouent un rôle déterminant.

Pour cela, Alain Lamassoure plaide pour que soient garanties les conditions d'une concurrence égale. Il estime que pour cela, les Etats membres, de la même manière qu'ils ont une monnaie unique et les mêmes valeurs, doivent être "capables de se mettre d'accord sur la définition du bénéfice imposable pour permettre à nos entreprises de lutter à armes égales".

Il a souhaité que l'UE crée aussi les conditions d'une croissance durable et d'une politique commune qu'il s'agisse d'investir dans la recherche et l'innovation, d'espace, de transports, d'énergie ou de hautes technologies.

En matière de politique extérieure, M. Lamassoure estime qu'il vaut mieux agir ensemble à 28 et que le niveau national n'est plus pertinent. Il  cite notamment la question de l'immigration et estime qu'il est urgent de mener une politique commune des migrations en commençant par négocier avec les pays d'origine des migrants. "Ce n'est pas, dit-il, en se repliant à l'échelle nationale qu'on se protègera des vagues de l'immigration".

Evoquant les drames de Lampedusa en Italie, le député européen plaide pour un renforcement des contrôles aux frontières avec la mise en place d'un corps de gardes frontières européen sur la frontière greco-turque et la mise en place dans les 28 pays de l'UE des mêmes règles sur les conditions d'entrée et de circulation" des migrants.

En matière de politique étrangère et de défense, M. Lamassoure se dit "frappé de voir que depuis 20 ans pour tous les pays du continent (européen) à la question sur les politiques à mener au niveau européen, 75 à 80 % des Européens souhaitent d'abord une politique étrangère de la défense" alors qu'elle n'a toujours pas vu le jour.

"Face à Moscou, cela fait 20 ans que nous aurions dû définir une politique commune", a-t-il dit, mettant en garde contre le risque que les Etats membres de l'UE ne soient plus dotés à l'avenir que d'"armées d'opérette" et plaidant "pour reconstituer le pilier européen de l'Otan".