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19/12/2013

Déjeuner de presse sur la mise en oeuvre de la politique de sécurité et de défense commune avec le député européen Arnaud Danjean (PPE) - Paris, le 7 novembre 2013

Le service de presse du Parlement européen organisait jeudi 7 novembre 2013 un déjeuner de presse avec Arnaud Danjean, député européen (PPE) et Président de la sous-commission défense et sécurité, membre de la commission des affaires étrangères du Parlement européen, consacré à la politique de sécurité et de défense commune.

M. Danjean a tout d'abord souligné l'attente exprimée par les pays tiers d'un rôle accru de l'Union européenne sur la scène internationale : "les Afghans ont un partenariat avec les Américains mais ils aimeraient que les Européens soient plus présents", a-t-il souligné. Une attente à laquelle l'Union ne saurait répondre sans se fixer des priorités, estime l'eurodéputé, déplorant que "les Européens se conçoivent comme un acteur global" qui "plante des petits drapeaux partout" au risque d'être "invisible".

Au premier rang des obstacles à la mise en place d'une véritable politique de sécurité et de défense commune, M. Danjean a évoqué une réticence, d'ordre idéologique, de la Commission à allouer des fonds, initialement prévus pour des projets de développement, à des fins sécuritaires. L'eurodéputé plaide pour le renforcement de l'instrument de stabilité (IdS) afin de "pouvoir réagir dans l'urgence" : "ça marche bien mais l'enveloppe reste réduite", a-t-il regretté.

Revenant sur l'intervention française au Mali, Arnaud Danjean a estimé qu'il y avait "urgence" à combler l'absence d'une défense européenne. Alors que 66% des actions de logistique et de ravitaillement ont été assurés par des forces autres que les forces françaises, l'eurodéputé a expliqué en quoi le cas du Mali ne pouvait pas constituer un schéma optimal. Selon lui, "les Français n'ont pas voulu européaniser le dossier sahélien en raison des relations privilégiées que la France entretient avec le Sahel sous prétexte de risquer de complexifier le dossier". Il a aussi rappelé l'opposition récurrente du Royaume Uni à une "quelconque référence européenne" mais aussi la réticence des "petits pays" à adhérer à un modèle imposé par les plus grands.

D'une manière générale, M. Danjean estime qu'en "matière d'Europe de la défense, il y a ceux qui peuvent et ceux qui veulent. Seuls trois ou quatre États membres cochent les deux cases simultanément". C'est pourquoi, pour avancer, l'eurodéputé préconise "plus de souplesse" dans la gestion des dossiers de défense : "Il faut arrêter de nous faire croire que sans l'aval des vingt-huit rien n'est possible. La politique de défense est déjà à plusieurs vitesses", a-t-il affirmé, appelant à la création d'un Eurogroupe de la défense.

En plus de déplorer ce manque de volonté politique, Arnaud Danjean a exprimé sa crainte face à des missions européennes qu'il juge "un peu décalées". Il a notamment pointé du doigt le "gender balance" imposé dans les commissariats afghans, estimant que la véritable question était celle de "l'infiltration talibane" dans les forces de police.

Une réflexion qui a amené l'eurodéputé à faire part de son pessimisme quant au prochain sommet : "Je n'attends pas grand-chose du sommet de décembre", a conclu M. Danjean, sommet à l'ordre du jour duquel se trouve pourtant la PESD, estimant qu'à ce jour, les chefs d'États et de gouvernement n'ont pas exprimé le souhait d'un "saut qualitatif" vers une véritable politique européenne de défense.

Interrogé sur son avenir au Parlement européen, M. Danjean a exprimé son souhait de prolonger son mandat, insistant sur le fait qu'il n'avait aucune certitude quant à sa candidature aux élections européennes de mai 2014. Concernant la désignation du candidat PPE à la présidence de la Commission européenne, l'eurodéputé a envisagé que les partis puissent imposer une discipline de vote.