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Conférence de presse post-électorale - Paris, le 26 mai 2014

"L'avenir de l'Europe ne se résume pas au destin déclinant de Paris" : ce commentaire de Jean-Marie Cavada, eurodéputé UDI-Modem (ALDE), réélu dimanche, donne le ton de la conférence de presse qui s'est tenue lundi matin au Bureau d'information en France du Parlement européen, au lendemain d'un scrutin qui a vu le Front National arriver en tête avec 25% des voix (24 sièges au nouveau Parlement européen) et le PS, au gouvernement, réaliser son plus mauvais score de tous les temps aux élections européennes  avec 13,98% des voix (13 sièges), tandis que l'UMP totalisait 20,8% des voix (20 sièges).

Neuf députés européens nouvellement élus ou réélus à l'issue du scrutin en France ont participé à cette conférence de presse, en présence d'une vingtaine de représentants des médias (dont TF1,BFM-TV, France 3, l'AFP-TV, Le Figaro, Le Parisien, L'Express, la Voix du Nord...) :  Jean Arthuis (UDI-Modem/ALDE), Nicolas Bay (FN), Pervenche Berès (PS/S&D, réélue), Jean-Marie Cavada (UDI-Modem/ALDE, réélu), Karima Delli (EELV/Verts/ALE, réélue), Pascal Durand (EELV/Verts/ALE), Sylvie Goulard (UDI-Modem/ALDE, réélue), Constance Le Grip (UMP/PPE, réélue), Robert Rochefort (UDI-Modem/ALDE, réélu).

 

Pour les partis politiques français pro-européens, le score du FN est un séisme. Et si, selon eux, il est plus l'expression d'un grand désespoir que celle d'une adhésion à l'idéologie de l'extrême droite, la leçon est claire : il faut entendre le message des électeurs et œuvrer encore plus intensément à la défense du projet européen et à la résolution des problèmes de fond comme l'emploi des jeunes: un (jeune) sur trois a voté FN, rappelait France Inter mardi matin.

Appelés aussi à devoir changer les choses "pour que l'Europe ne soit pas seulement un sujet dont on ne parle que quelques jours tous les cinq ans" : les médias, qui doivent faire de la pédagogie sur l'Europe afin de rétablir la vérité face au "double langage" et "aux mensonges" du FN concernant l'Europe, ont estimé les députés pro-européens présents aux côtés d'un représentant du FN nouvellement élu au Parlement européen, Nicolas Bay, 36 ans. M. Bay s'est réjoui du résultat de son parti et s'est déclaré "confiant" que le FN parvienne à former un groupe politique au sein du Parlement européen. Il a confirmé que des discussions en ce sens étaient en cours "avec le FPOe autrichien et le Vlaams Belang belge" ainsi qu'"avec d'autres" qu'il n'a cependant pas nommés. Jean-Marie Cavada l’a aussi interpellé sur le cumul des mandats de certains élus FN alors qu'il accusait l'UMP et le PS de "malhonnêteté" face aux Français. M. Bay a annoncé que son temps était compté et qu'il devait quitter les lieux, ce qu'il a fait.

Pour Jean Arthuis, sénateur nouvellement élu député européen, "le score de dimanche (résultat du FN) est un coup de semonce majeur qui montre combien la gouvernance publique dysfonctionne". Il dit avoir fait "le choix de l'Europe" en se portant candidat, afin d'œuvrer pour qu'elle soit dotée d'un "pilotage politique contre une accumulation d'égoïsmes nationaux" et qu'elle devienne "une vraie puissance mondiale économique et politique." Évoquant les négociations à venir pour former une majorité au Parlement, il a souhaité un accord sur une "vision" de l'Europe.

Robert Rochefort a estimé que le "premier parti sorti dimanche de l'élection (le FN) est "celui de la désespérance dans laquelle l'Europe a sa part de responsabilité". M. Rochefort a notamment souhaité que les institutions européennes soient plus présentes sur le terrain partout en France, car un député européen, aussi investi soit-il, "ne peut pas être à la fois un homme politique et un VRP de l'Europe", a-t-il estimé. "Si on n'avance pas sur ce plan-là, on continuera à semer la confusion".

Sylvie Goulard, réélue députée européenne elle aussi dimanche, a relevé que si la poussée des extrêmes concerne toute l'Europe, "la France soit le seul pays fondateur à être aussi durement touché". "C'est une situation dans laquelle la France se met un boulet aux pieds et qui aboutira à un affaiblissement de sa position au Parlement européen et dans le monde".

Pascal Durand, nouvellement élu chez les Verts, a dit sa "tristesse" pour la France, qui sera désormais "une particularité dont nous n'avons pas à nous réjouir", mais aussi son "optimisme pour l'Europe", après le score des Verts "qui s'en sortent bien" à l'échelle européenne et qui vont continuer à défendre "une Europe fédérale et de la solidarité".
Constance Le Grip, réélue députée européenne UMP a souligné que la composition du futur Parlement européen, "donne une majorité à des formations politiques résolument pro-européennes et qui s'inscrivent dans la volonté de continuer à construire l'Europe". Elle a regretté " l'arrivée au Parlement européen de députés qui en contestent la légitimité". Sur le plan franco-français, elle a déploré "une trop faible prise de conscience de l'importance de l'enjeu", de ces élections européennes. "J'observe simplement que la famille politique que je représente, si elle est capable d'être solidaire et de fédérer le centre-droit, est en capacité d'être en tête et de gagner", a-t-elle ajouté.

Pervenche Berès, réélue députée européenne PS, a estimé que les résultats des élections "appellent beaucoup de commentaires, d'analyses et de travail, avec deux lectures à la fois européenne et nationale". Pour elle, il y a "deux grands vainqueurs : l'abstention et le FN, et beaucoup de perdants : tous les acteurs institutionnels de la vie démocratique française". "Comment la France va-t-elle pouvoir être représentée au Parlement européen ? C'est un cercle vicieux (...). Ceux qui sont victorieux en France seront impuissants quant aux décisions qui seront prises par le Parlement européen car ils ne seront pas dans le jeu politique", a-t-elle dit parlant d'une "mé-représentation" de la France à travers les eurodéputés FN qu'elle a accusé de faire du "détournement électoral". Elle s'est dite "très inquiète du vote des jeunes", dont certains ont voté pour la première fois.

Concernant les enseignements à tirer, elle a invité "collectivement à prendre une initiative avec les têtes de liste ou responsables politiques pour se mobiliser avec les principaux médias afin de voir comment on inscrit la question européenne dans le débat national d'une élection à l'autre". Concernant la légère hausse du taux de participation, elle l'a attribuée au FN "qui a mobilisé son électorat". "Tous ceux qui veulent tirer des conclusions nationales radicales font fausse route, a-t-elle cependant souligné. Du point de vue de ma famille politique, les résultats sont dans la même vague que les municipales et on ne peut pas accuser le gouvernement au pouvoir de n'avoir pas pu renverser la vapeur en huit semaines".

Évoquant le score du FPOe autrichien (+ de 20%) dans un pays où le chômage est très bas, elle a souligné que la poussée des europhobes partout en Europe traduit "une inquiétude de déclassement à l'échelle d'un continent" qui n'est "pas une spécificité française "et à laquelle "il faut répondre". "S'il doit y avoir des négociations avec le PPE, on les mènera mais en sachant ce que chacun répond à cette inquiétude", a-t-elle martelé, en appelant chacun à ses responsabilités.

Karima Delli, réélue eurodéputée chez les Verts, a qualifié le score du FN de "réalité accablante pour notre démocratie et de danger pour le projet européen". "Il est vrai que ces électeurs (qui ont voté FN) appellent des réponses politiques fortes mais il ne faut pas penser que les Français sont contre l'Europe. L'Europe est le seul échelon de solution de la crise, de toutes les crises". Elle a appelé à "un profond renouveau démocratique" et elle a souhaité qu'on "arrête d'attendre les élections pour parler de l'Europe". "C'est aussi à nous d'inventer cette Europe de proximité", a-t-elle dit, en rappelant que dans sa région, le Nord-Pas-de-Calais, 5.000 projets sont financés chaque année par les fonds européens. "Qui le sait ? Personne n'en parle!" S’est-elle insurgée.

Pour plus d'informations : sandra.lacut@europarl.europa.eu