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Petit-déjeuner de presse avec Pervenche Berès (S&D) - Paris, le 6 mai 2014

Dans le cadre de la campagne pour les élections européennes, le Bureau d'information en France du Parlement européen organise jusqu'au vendredi 16 mai une série de petits déjeuners de presse avec des députés français représentant chacune des cinq familles politiques qui ont désigné un candidat à la présidence de la Commission européenne, celle ou celui qui présidera à la destinée de l'Europe dans les années à venir et que les citoyens européens choisiront indirectement pour la première fois en allant voter pour leurs députés européens le 25 mai. Au programme de ces cinq rencontres avec la presse : le bilan de la législature qui s'achève, les enjeux et défis à venir, la vision de l'Europe propre à chacun des députés invités. Troisième invitée, mardi 6 mai : Pervenche Berès, députée du Parlement européen depuis 1994 où elle préside la commission de l'emploi et des affaires sociales et a présidé celle des affaires économiques et monétaires (2004-2009), candidate et tête de liste socialiste en Ile-de-France pour les élections européennes du 25 mai.

"Éteindre le feu, reconstruire la maison" : c'est en partant d'un article qu'elle avait publié dans la revue Esprit, en 2008, que Mme Berès a dressé le bilan de la législature du Parlement européen, consciente du travail qui attend les députés européens qui seront élus pour cinq nouvelles années au Parlement européen le 25 mai et des mesures qui ont été prises au cours de la dernière législature et "qui n'ont pas été les bonnes pour que l'Europe s'en sorte". Elle a notamment pointé du doigt la Commission Barroso, "qui ne voulait pas de régulation en matière de marchés financiers".

Le TTIP, accord de libre-échange entre les États-Unis et l'Union européenne :  Mme Berès l'a qualifié de "machine de guerre". Elle s'en est expliquée : "c'est une affaire sérieuse et un défi majeur", a-t-elle dit. "Ou l'Europe fait la politique de l'autruche, ou elle s'inscrit dans une capacité d'action. On a repris le goût des accords bilatéraux comme si l'OMC n'existait pas. Or, cette logique réinstalle des dynamiques comme celle du plus fort face au plus faible. Les États-Unis ont développé cette stratégie de manière très offensive, soit on les laisse encercler l'Europe et ses partenaires, soit on participe avec un agenda défensif et offensif. Si on ne le fait pas tous ensemble, des pays comme le Royaume-Uni ou l'Allemagne le feront seuls et ils l'imposeront à l'UE", a-t-elle dit, en évoquant le secteur automobile.
"Le sujet va revenir au Parlement européen et tous les gages pris engageront" s'est-elle réjouie.

L'Europe sur le terrain : comme d'autres,  Pervenche Berès est en campagne et de Cachan aux Mureaux, de Londres à Bruxelles, elle s'attache à "expliquer", dit-elle, l'Europe à tous ceux qu'elle rencontre. À cet égard, il lui tient à cœur d'expliquer le pourquoi de l'Europe aux jeunes électeurs qui se tournent, dit-elle, vers un vote contestataire, "parce qu'on essaie de leur vendre l'Europe de la paix, celle de leurs grands-parents, celle de la dévaluation, qu'ils n'ont pas connue". Il faut leur expliquer, dit-elle, que "quand le Parlement européen a du pouvoir, il en a autant que les ministres. C'est grâce au Parlement européen que les Restos du Cœur ont été sauvés, qu'a été mise en place la garantie jeunesse et qu'a été réalisée l'Union bancaire", a-t-elle rappelé. Tout en reconnaissant que le Parlement européen souffre d'un "double déficit,  en n'étant pas inscrit dans le paysage politique et en ne s'imprimant pas dans l'espace structurel du débat démocratique", elle estime que "quand on ne parle pas de quelque chose, on rentre dans l'obscurantisme" et appelle cette jeune génération, "ébranlée, et qui ne voit pas le rêve européen", à être actrice de son destin.

"La garantie jeunesse" : Mme Berès a rappelé la longue lutte qu'elle a menée avec d'autres pour que tout jeune, laissé pour compte, sans travail, ni formation, se voit proposer une solution et une aide concrète. Cette initiative politique "volontariste" a été inspirée de pays comme la Finlande, l'Autriche ou le Danemark,  dont le taux de chômage est le plus bas. Financée en partie par le Fonds social  européen (FSE) et dotée de 6 milliards d'euros, cette "garantie jeunesse"  vise à proposer aux jeunes une offre d'emploi, d'apprentissage ou de formation dans les quatre mois suivant la fin de leur scolarité ou la perte de leur emploi. C'est aussi la première fois qu'une prestation sociale européenne est précisément définie et contraint les Etats membres à une "dépense sociale". Son objectif : arriver à un montant global d'au moins 21 milliards d'euros pour cette "garantie jeunesse".

Dans les années à venir, Mme Berès dit vouloir porter "l'ADN qui permettra de dresser une passerelle entre l'Europe et la France", son pays,  qui, déplore-t-elle, "ne parvient pas à rentrer dans la modernité".