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Petit-déjeuner de presse avec le candidat et tête de liste aux élections européennes pour les Verts en Ile-de-France, Pascal Durand - Paris, le 30 avril 2014

Dans le cadre de la campagne pour les élections européennes, le bureau d'information en France du Parlement européen organise jusqu'au vendredi 16 mai une série de petits déjeuners de presse avec des députés français représentant chacune des cinq familles politiques qui ont désigné un candidat à la présidence de la Commission européenne, celle ou celui qui présidera à la destinée de l'Europe dans les années à venir et que les citoyens européens choisiront indirectement pour la première fois en allant voter pour leurs députés européens le 25 mai. Au programme de ces cinq rencontres avec la presse : le bilan de la législature qui s'achève, les enjeux et défis à venir, la vision de l'Europe propre à chacun des députés invités. Deuxième invité de nos rencontres, mercredi 30 avril : Pascal Durand, candidat et tête-de-liste pour les Verts en Ile-de-France, co-fondateur de Europe Ecologie en octobre 2008 avec Daniel Cohn-Bendit et Jean-Paul Besset, ancien secrétaire national d'Europe Ecologie Les Verts (EELV).

Partant d'un constat assez sombre sur l'état de l'Europe, qui "n'est pas au rendez-vous",  "n'a plus les moyens  de fonctionner" et "qu'on prive d'espace démocratique", Pascal Durand estime néanmoins qu'elle a la capacité de rebondir.

Plus que la montée des eurosceptiques ou la baisse du budget global de l'Union européenne, qu'il déplore, Pascal Durand regrette que les pro-européens ne parlent plus aujourd'hui "d'une seule et même voix"  et fassent souvent de l'Europe, un bouc-émissaire, déplorant notamment l'attitude de certains dirigeants français.  Il dénonce aussi le fait qu'aux côtés du volet "rigueur budgétaire",  le volet "relance", cher à François Hollande,  ne soit "plus du tout à l'ordre du jour", de même que des enjeux majeurs comme l'énergie ou les transports. "Ce qu'on reproche aux politiques au niveau national, on le subit au niveau européen", dit-il.

Pour lui, "l'intérêt général européen n'est plus porté au sein de l'Union européenne" et "on assiste à une compétition entre les Etats avec un leadership allemand prononcé. "Au nom des négociations sur la PAC, on a abandonné le reste, c'est à dire quasiment l'essentiel", dénonce-t-il.

Cependant, si l'Europe n'est pas au rendez-vous pour le moment, il est confiant dans "sa capacité à rebondir".
Car, dit-il, "un grand nombre de contraintes vont s'imposer de fait et on n'aura pas le choix. Si la France veut réussir son sommet climat en 2015, on n'a pas d'autre choix que de redonner à l'Europe sa place d'élément moteur, en décidant d'objectifs contraignants en matière d'énergies renouvelables, de taxe carbonne, afin de protéger l'Europe contre le dumping environnemental et social". Autres objectifs contraignants à atteindre, selon lui: "le salaire minimum et la garantie jeunesse", autant d'éléments majeurs "si l'on ne veut pas que tout s'écroule", dit-il.

Le TTIP ou traité de libre-échange avec les Etats-Unis, qui sera un des sujets phares de la prochaine législature du Parlement européen: Pascal Durand met en garde contre le danger réel et "invisible" que ce traité fait  courir au modèle de société européen.
"Tout ce que l'Europe a construit comme projet de société est globalement protégé aujourd'hui, qu'il s'agisse de santé, de santé alimentaire, de climat, d'environnement. Et faire passer la santé des citoyens avant l'industrie chimique et pharmaceutique c'est un choix qui risque d'être remis en cause"  par ce traité, met-il en garde.
Car, explique-t-il, "tout dépendra de la capacité qu'auront demain les grands groupes transnationaux d'attaquer les décisions des Etats et des collectivités territoriales quand ils portent atteinte au commerce et au libre-échange. Et si les Etats et les collectivités territoriales devaient elles-mêmes se justifier de leurs choix devant des juridictions privées qui n'ont rien à faire de l'intérêt général et sont seulement comptables d'intérêts économiques, alors on passerait dans un autre monde dans lequel notre logique démocratique serait totalement bouleversée et l'équilibre du modèle européen mis à mal", a-t-il mis en garde. A titre d'exemple, il cite une multinationale française en procès aujourd'hui  en Egypte contre le salaire minimum.

L'objectif majeur des cinq années à venir est, selon lui, "de faire en sorte que l'Europe ne perde pas les valeurs qui ont amené à sa création". "L'objectif des Verts est de faire en sorte que sur les  questions majeures (l'énergie, le climat, la santé) ce schéma subsiste". Il dit cependant son "inquiétude face à la volonté des Etats de laisser le Parlement européen et  la Commission européenne porter l'Europe". Il appelle à "reconstruire un intérêt commun européen et à faire en sorte qu'on ne ruine pas des années d'action qui risquent d'être remises en cause par le TTIP", espérant une mobilisation citoyenne.